Liv., VII
m MITHE NÉ D'UN RITE IM
avec une épéc dile espagnole; rien n'autorise à qualifier cû renseignement d'anachronisme, comme on l'a fait pour sauver laulorilé du prétendu fragment de Polybe', La vérilri, c'est que les ip^es de fer, (|ui i^laicnt pointues pendant la premiÎTO phase du deuxième âge du fer dit de La Tène, tendirent do plus en plus à s'arrondir du bout; depuis un mémoire de Tischler qui, publié en 1885. est plus connu dos préhistoriens que des historiens', on peut approximativement dater une épée de fer à l'inspection de son extrémité inférieure. L'épée pointue des Celtîbères, probablement celtique et non ibérique d'origine, mais excellemment fabriquée et trempée à Bilbilis', est l'épée de la première phase de l'époque de La Tène, de La Tène I, comme on dît aujourd'hui; il est possible que les Romains l'aient conservée et en aient même généralisé l'emploi, tandis qu'en pays celtique, par des motifs d'ordre militaire qui nous échappent, les armes camardes j>e substituaient peu à peu aux armes de pointe. L'expression de ^/ar/ius hispanicus. comme celle de lame de Tolède à une époque plus récente, n'implique nullement, bien qu'on le répèle toujours, Texistence d'un type d'épée spéciirquement hispanique, mais simplement l'excellence de la trempe du fer dans quelques ateliers espagnols. A ce titre, mais & ce titre seulement, on peut dire que Quadrigarius commit un anachronisme en qualifiant d'espagnole l'épée de .Manlius Torquatus. Vers l'époque où se place cet épisode légendaire, les Romains ne recevaient certainement pas d'armes fabriquées en Espagne; mais ils se servaient, tout comme les Gaulois, auxquels ils semblent avoir dû la connaissance mémo de l'épée [gladius, celtique claideb}*. d'armes à la fois coupantes ctpoinlues qui, du temps de Quadrigarius, étaient qualiliées d'espagnoles et que Tite Live, racontant la baluille de Cannes en 21l), signale aux mains des auxiliaires espagnols d' llannibal '.
I. Beartier, arl, Gladiut, ap. SigUo, Diet. liti aniig., p. 1D6S. S. Ti«chler, Corrttpondentblall der anlhropot. Gtsellachafl, )8S5, |i. 1S7 et 111 { et. MoDteliUE, L' Anthropologie , 1901, p. Bil. 3. Pline, ant. Sat., XXXIV. 14, tt ; e'. Dhd. Sic. V. 33. A. O. SfhraJer, Sprachvergletchung. 2- éd., p. 332. 5. Liv., XXII, 46: Gailii praelongi igiadii) ae line mucronibua . Hispano,
tlW MYTHE NÉ D'UN RITE
Dans la Vie de Camille par Plutarque, il est dit que ' trois ans après la prise do Home, en H61. les Gaulois, ayante nouveau menacé la ville, Camille, nommé dictateur pour la cinquième fois, lit revêtir aux Romains des casques et des armures de fer, sachant que les Barbares frappaient surtout lie taille et que leurs épées ne pouvaient résister à un choc violent. La bataille s'engagea {c. 41) et bientôt les épées des Gaulois, d un fermouetmalforgé, setordirentet3edoubïèrent(ùir:5xiii- TCTeiOai -ca-zii xa'; âiTîÀoSîOai -îî |*ajx*''pî«î) ^ est évident que Plutarque s'inspire ici du récit déjà cité de Polybe. bien que celui ci concerne un événement postérieur. Polyen a copié Plutarquiî littéralement dans le court paragraphe qu'il a consacré à Camille dans ses Stratagèmes'. Ces passages ont d'autant moins d'autorité que l'histoire entière de Camille, dans Plutaruue comme dans Titc-Live, appartient au domaine de lu légende.
Les écrivains latins n'ont rien dit de la mauvaise qualité épées gauloises, mais ont parlé seulement de leurs pointes mardes. C'est donc avec surprise que l'on voit M. Brizit directeur du Musée de Bologne', citer à ce sujet Tite lÂve, XX. chap. 4''2 et 49, au cours d'un mémoire sur la nécropole séaonaise de Monlefortino, publié en 1899 dans les Alonumcnli antidii'. Non seulement M. Brizio renvoie à ces textes, mais il en constate l'analogie avec celui de Polybe. Or, il est assez notoire quo la seconde décade de Tite Live n'est pas parvenue jusqu'à nous; une référence au livre XX ne laisse pas d». paraître singulière. J'ai pu m'assurer que M. Brii^io a coptl ces deux références (et plusieurs autres) dans un mémoire do comte Gozzadini, publiéàModëneen 1879, Di unanlico sz-poicro a Cerelolo [p. 23, 24). l^o dernier auteur ne se borne pas îi signaler les prétendus textes de TJve Live; il les analyse et
punctim magi) quam caesim adiurlo prière hoslem, brtvilale habile» ti cian thucronibui. Mos'i, dèï 216. lei Gaulois avalcat de» épéss du type de Ls Tèn« II. M, MoateliUB, qui f&îl durer Lu Tine I de 4DD-230, asaigue à La Tint H U période 3S0-IE0, ce qui pnraft très approxiuiatireuieul e>«.ct. t. Polyen, .S/ral05..Vlll, 7.
2. [Briïio. auteur de traïaui couaiddrablea aur l'archéûlogie du oord de l'Italie, est mort eu 1907.]