‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 105 sur 232 · Cf. Nissen, Italische Lanileskunde, t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. Nissen, Italische Lanileskunde, t. I, p

3. Peut-être leurs noms n'entraient-ils pas dans des vers hexamètres. — Dans le travail de L. Paul, Vas Driiideiiliiin Weiie Jahrb., 1892, p. 769- 797) — travail d'ailleurs aussi faible qu'il est verbeux — je lis à la p. 790 que les peuples désignés par le et quibus de Lucain ne peuvent pas être « tinzelne gallische Volkerschaften > parce que, dit M. Paul, die genannten drei (in/ttr sind ALLEN Kelten gemeinsaiii. l.a pétition de principe est évidente.

TEUTAÏKS. ESUS, TAHAXIS 215

tatès, d'Esus et de Taranis ; il ne dit pas non plus que ces trois divinités reçussent le culte d'un mrme peuple. Cela est possible, mais possible seulement, et ne doit pas être admis sans plus ample inlormé. Il se pourrait bien qu'un des peuples visés par Lucavp eût sacrifié à Teutatès, un autre à Esus, un troisième à Taranis. Quels étaient ces peuples? Un seul nous est connu : c'est celui des Parisii, sur le territoire duquel on a trouvé un autel consacré à Esus. Encore faut-il se rappeler que cet autel a été dédié par une corporation de bateliers, ce qui n'implique pas d'une manière absolue que le centre du culte d'Esus fût à Paris. De Teutatès et de Taranis, nous ne savons rien ; mais c'est déjà quelque chose de se rendre compte de la vanité des romans mythologiques fondés sur la ■< grande triade gauloise -> et de réduire à sa juste valeur un témoignage dont on a tant abus).

Lucain continue en s'adressant aux Bardes (v. 447-44-9) : « Vous aussi, qui célébrez les morts tombés avec vaillance, vous pouvez chanter en paix. » Puis il passe aux Druides : <■ Et vous. Druides, vous reprenez vos rites barbares et vos sacrifices sinistres. »

JCt vos, barbmicos ritiis mort nique sinistrum Sacrorum, Drtiidat, positis repetistis ab arviis.

M. Lejay ne dit rien des trois derniers mots, qui sont pourtant difficiles. M. Haskins traduit: « laid aside your anns ana rcturncd to your rites. » Mais cela est inadmissible, car, suivant César {Bell. Gall., VI, 14, 2), les Druides étaient exempts du service militaire. Lucain n'a pu s'y tromper. Donc, posilis ab ariiiis signifie « par suite de la suspension des hostilités». De même que César empêchait les Bardes de chanter en paix, il faut croire qu'il gênait la célébration des rites druidiques. Peut-être même l'avait-il prohibée ; peut-être Tibère et Claude n'ont-ils fait que renouveler une défense édictée par César. Cette dernière hypothèse s'est déjà présentée à l'esprit attentif de Belloguet ', dont on voudrait que les commentateurs de Lucain n'eussent pas négligé les écrits.

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