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Michaelis, loc, laud, p

SUCELLUS ET NANTOSVELTA

qu'il n'était pas un dieu infernal ; M. Michaelis conclut, il affirme . même à plusieurs reprises que ce dieu n'a rien de commun avec le Dispater de César.

Un des arguments qu'allègue le savant professeur et qu'il considère comme sans réplique, est celui-ci II existe à Carlsruhe un bas-relief provenant de Sulzbach, où l'on voit, assis à côté l'un de l'autre, un homme et une femme ; l'homme tient sur ses genoux un rouleau déployé, la femme une corbeille de fruits'

Fig.

Bas-relief de SulzbacVi.

(fig. 5). Or, l'inscription est une dédicace à Dispater et à Aerecura; c'est le seul monument connu où ces deux noms accompagnent des représentations figurées. Comme il n'y a là ni maillet, ni vase, ni chien, M. Michaelis croit pouvoir affirmer que Dispater n'a rien à voir avec le dieu au maillet, et il ajoute : « Même si ce n'est pas la seule forme sous laquelle

1. Brambach, Baden iiiiUr ,Ur roui. Ilerrscluifl, 1867, pi. II; Michaelis, loc, taud , p. 147 (similigravure que nous reproduisons, fig. 5). Faute de connaître la gravure de Brambach, j'ai parlé inexactement de ce monument dans mes Bronzes figurée, p. 182.

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on représentait le Dispater gaulois, // iiy a pas de pont en\.re cette image et celle du dieu au maillet. »

La dernière assertion rappelle tout à fait ce que Ton affirmait naguère avec confiance au sujet d'Epona. Parce que, dans le seul monument pourvu d'une inscription, Epona est figurée comme une femme assise, on en concluait que les images d'écuyères gauloises, qui sont toutes anépigraphes, ne représentaient pas la même déesse. Je crois avoir récemment prouvé que cette opinion n'est pas admissible et que les femmes à cheval étaient bien, aux yeux des Gaulois, des idoles d'Epona '.

Dans le cas présent, la réponse à une objection analogue est encore plus facile. On n'a même pas besoin de rappeler que la parèdre du dieu au maillet se présente, dans la même région, tantôt comme une Junon (Sarrebourg), tantôt comme une Diane (Mayence) ; que, par suite, le dieu lui-même peut fort bien avoir revêtu des aspects divers. Mais de ce que César assimile le dieu gaulois à Dispater, il ne résulte nullement que le Dispater romain, sur des monuments très postérieurs à César, doive présenter les traits et les attributs du dieu indigène. Tant que le monument de Sulzbach sera isolé, on pourra croire que le dieu au maillet et sa parèdre ont quelquefois été assimilés au Dispater et à l'Aerecura des Romains; mais l'identification du dieu au maillet avec le Dispater de César est absolument indépendante des conclusions auxquelles des monuments comme celui de Sulzbach pourront donner lieu '\

Cette identification repose, en effet, sur des considérations très sérieuses qui subsistent, dans leur entier, jiprès la découverte de Sarrebourg. Les Gaulois, suivant César, se disent

1. s, Reinach. hpona, 1895 (cf. l'article de Steuding, qui me donne pleinement raison, dans la Berl. pliil. Wochenschrift, 1896, p. 22).

2. Vu l'absence d'attributs caractéristiques, on peut mcmc se demander si l'homme assis de Sulzbach est bien le Dispater romain. L'inscription est ainsi conçue: In koriorem domus divtnae Oeae sanctae Q) Aerecurae et J)iti Patri Velerius Patenius cl Adjectia Paterna (Brambach, n" 1679). Il est probable, mais non certain que les deux personnages figurés au-dessus de l'inscription sont Dispater et Aerecura ; ce pourrait être aussi les dédicants.

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issus d'un dieu chthonien et nocturne, que le conquérant romain appelle Dispater, et non Pliilo, sans doute parce que, dans Dispater, l'idée de paternité est indiquée à côté de la nature infernale. Or si, dans l'ensemble des monuments de l'art gallo-romain, on en cherche qui rappellent le type des dieux infernaux des peuples classiques, on trouve les images du dieu au maillet, et l'on ne trouve que celles-là. Si l'on en fait abstraction, que reste-t-il? Il faudrait admettre, pour se tirer d'embarras, que le dieu national gaulois, père de la race, n'eût jamais été figuré à l'époque romaine, ou que l'assertion de César reposât tout entière sur une erreur. Ce sont là des conclusions qu'il suffit d'indiquer pour que personne ne soit tenté d'y souscrire.

En 1887 et en 1895, j'ai fait valoir des arguments pour établir que le type plastique du dieu au maillet dérivait surtout de celui du Sérapis alexandrin.

Trois de ces arguments me paraissent toujours dignes d'attention : 1" dans les bas-reliefs

de Déva et de Varhély ', le chien qui accompagne le dieu au maillet est un chien à trois têtes, un Cerbère-; 2" dans le bas relief de Varhély, le dieu au maillet a pour parèdre une divinité féminine vêtue qui tient une clef comme Isis ' ; 3" dans

Fi». 0 StatueUe de Cairanne (Vaucluse).

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