‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 118 sur 232 · Biil/eli» épigraphigue de la Gaule, t. I, p · texte numérisé non relu

Biil/eli» épigraphigue de la Gaule, t. I, p

2. Cf. Desjardius, Géographie de la Gaule romaine, t. III, p. 2li8.

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saint Christophe ; mais cette légende ne paraît pas avoir laissé de traces dans la littérature celtique moderne et nous sommes probablement condamnés à l'ignorer toujours.

On peut cependant essayer d'en dégager par induction quelques éléments.

L'arbre que fend un bûcheron divin doit être un arbre divin. Ici, ce n'est pas un arbre divin quelconque : c"est l'arbre du taureau aux trois grues, comme qui dirait le sycomore d'Isis ou l'arbre des* Hespérides. Que la dendrolâtrie ait joué un rôle important dans la religion des pays celtiques, c'est ce que prouvent, outre bien des survivances populaires ', ce que nous savons du culte rendu aux chênes, de la cueillette du gui, des forêts divinisées, etc. La dendrolâtrie appartient partout à un stage primitif de la religion: il y a donc lieu de croire qu'en Gaule elle est antérieure à ce qu'on peut appeler aujourd'hui la période celtique. Serait-elle ligure ? Cela est vraisemblable, depuis que M. O. Hirschfeld a allégué de bonnes raison pour attribuer aux Ligures, prédécesseurs des Celtes dans le sud ouest, ces singuliers dieux pyrénéens, de forme non ibérique, parmi lesquels on trouve Fagus deus (traduction du nom d'un dieu local), les dieux Sexarbor et Sexarbores, enfin le dieu anonyme représenté par l'image d'un conifère sur un petit autel de Toulouse^. Si, jusqu'à présent, en Gaule, on n'avait pas d'exemple plastique d'une divinité inhérente, pour ainsi dire, à un arbre ■', les monuments d'autres pays nous ont révélé des faits analogues. En Egypte, les sycomores étaient estimés divins et recevaient un culte suivi, « On les représentait, écrit M. Maspero *, comme animés par un esprit qui se cachait en eux, mais qui pouvait se

1. Vtir, en dernier lieu, G. Bloch, duns la Revui inteinntionale ih l'i-nsfignemtnl, ISi.T), t. I, ]>. ûcJS et C. Jullian, Revue des Eludes anciennes, 1902, p. 275.

2. Sacaze, Inscriptions des Pyiénées, 255-2.07; O. Hirschfeld, Aqvitatiicn in dcr Rômeneil, dans les SitiungsberichU de Berlin, 10 avril 1896, p. 443 [20]. — Autel de Toulouse (Calai, du Musée de Toulouse, par M. Roschach, p. 65, n" 149; moulage à Saint-Germain).

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