Frazer, Le Totémistne, p
une goixtte de son sang ; on l'écorchait ensuite, on gardait les plumes pour faire un vêtement sacré à l'homme-médecin et on enterrait le corps dans un terrain sacré, aux lamentations des vieilles femmes. »
Le parallélisme de ces deux récits est frappant. Dans Hérodote, la peau de l'animal est placée sur la statue du dieu ; mais ce détail du rite ne peut être primitif, puisque les statues de divinités ne remontent pas à une antiquité très haute. Il est probable qu'à l'origine la dépouille de l'animal était réservée au sacrificateur ou au chef-prêtre, équivalent de l'homme-médecin de la tribu californienne.
Les lamentations des femmes syriennes sur la mort d'Adonis ne comportent pas une explication différente, bien que le rituel primitif des Adonies nous soit mal connu. L'objet de ces lamentations, à la suite du sacrifice annuel du totem, paraît avoir été d'atténuer ou de rejeter la responsabilité encourue '. La mort du dieu est pleurée, "alors même que sa résurrection prochaine ne fait pas de doute ; c'est là un fait d'une constatation trop facile pour qu'il soit nécessaire d'y insister -.
6" I^s hommes revêtent la peau de certains atiimaux, en particulier dans les cérémonies religieuses ; là oii le totémisme existe, ces animaux sont des totems.
Chez les Tlinkits de l'Amérique du Nord, les hommes apparaissent, dans les occasions solennelles, déguisés complètement en animaux totems. Les clans du Condor au Pérou se parent des plumes de cet oiseau. Chez les Omahas ayant pour totem le buffle, les garçons portent deux boucles de cheveux imitant des cornes. Chez les Slaves du Sud, l'enfant mâle, à sa naissance, est revêtu de la dépouille d'un loup, et une vieille femme, sortant de la maison, s'écrie : « Une louve a mis bas un loup ^. » On rapportait que Zamolxis, à sa naissance, avait été enveloppé d'une peau d'ours*. Une tribu