‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 147 sur 232 · LA RELIGION DES CALATES · texte numérisé non relu

LA RELIGION DES CALATES

donc penser que Suidas, lui aussi, a eu présente à l'esprit quelque tentative isolée d'exégèse où le Sa.t|j.ôvi'.v jjs-Tjpf/tvôv du Psaume était assimilé non pas à Artémis-Hécate, mais à son fantôme, Empousa ((pâMaojia SainoViwSe; Ût:ô xi^ç V.v.drq^ èni'.itEjJ.ît6'[j.svc(v).

Assurément, l'idée que l'heure du midi est dangereuse, qu'on risque d'y rencontrer ou d'y troubler des esprits malfaisants, est très répandue non seulement en Grèce, mais dans nombre de mythologies populaires ^. En Grèce, les dieux redoutables à cette heure sont Pan, Hécate et Artémis. Il était donc naturel que les exégètes assimilassent à Diane le « démon du midi » mentionné dans le texte grec du Psaume ; mais il n'en résulte pas que la Diane méridienne des Galates soit d'importation celtique; la conception du « démon du Midi " est très générale et se trouve même en dehors du domaine aryen.

Notre conclusion est donc négative. 11 serait fort intéressant de pouvoir admettre, avec le Rév. Stokes, que «l'idolâtrie celtique suivait exactement le même rituel en Asie et en Gaule»*, ou, avec M. Usener, que les Eduens et les Galates d'Asie connaissaient une même Diane, fée redoutable de la méridienne. Mais les témoignages qu'on peut alléguer n'autorisent pas ces hypothèses. Ils nous montrent, dans la Diane du midi, une création de l'exégèse chrétienne à ses débuts, superposée aux données banales de la démonologie populaire qui redoute le milieu du jour comme le milieu de la nuit. Si, à leur arrivée en Asie Mineure, les Galates avaient la même religion que les Eduens, ce qui est possible, rien encore n'atteste la survivance, jusqu'à l'époque chrétienne, de traits communs à leurs croyances primitives.

1. Voir Drexier, Meridiantis daetnon, dans le I.exicon de Roschcr. 2- Article Symplionanus dans le Dictionary l'f C/iiislinn biogra/'hy.

Les carnassiers androphages dans l'art gallo-romain ^

En 1901, M. Chauvet, archéologue à Ruffec, lit connaître un petit bronze représentant un carnassier qui tient dans sa gueule jusqu'à mi-corps un homme dont ]es jambes sont pendantes ; ce bronze a été découvert à Fouqueure (Charente) et appartient au musée d'Angoulême -.

Peu de temps après, en étudiant la collection des bronzes gallo-romains et britanno-romains du British Muséum, je remarquai une statuette d'un type analogue, découverte, me dit-on, près d'Oxford et donnée au Musée en 1883 par feu A. Franks. La figure d'Oxford, d'un travail plus soigné que celle de Fouqueure, en diffère par un détail d'ailleurs peu important : le corps de l'homme sort aux trois quarts de la gueule de l'animal, alors que la moitié seulement de la victime est encore visible dans la statuette du musée d'Angoulême. J'ai fait photographier celle du British Muséum (fig. 1) et je les publie ici toutes deux à la même échelle (fig. 2 et 3).

Ce qu'il y a de particulièrement curieux dans ces deux bronzes, c'est que le carnassier, chien ou loup, n'est pas en

Fig, 1. — Bronze d'Oxford (British Muséum).

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