Frazer, Le Totémi%ine, p. ti
parce que nous savons qu'il existait dans ce pays un culte d'Artémis ursine, Kallistô, qui fut changée en ourse par Héra ^
Lubbock et Spencer ont admis que l'iiabitude, fréquente chez les primitifs, de prendre le nom d'un animal, a donné naissance au totémisme : les petits-fils du guerrier Serpent se seraient persuadés qu'ils descendaient vraiment d'un animal ainsi désigné. Cette explication présuppose à tort que l'idée de la descendance est le facteur essentiel du totémisme, alors qu'elle n'est qu'une hypothèse de sauvage, destinée à rendre compte de l'ancienne alliance qui existe entre son clan et un clan d'animaux. La facilité avec laquelle les hommes prennent et reçoivent des noms d'animaux est un effet, non une cause du totémisme.
8° Nombre de clans font figurer aes images d'animaux sur leurs enseignes et sur leurs armes; nombre d'hommes les peignent sjir leurs corps ou les y impriment par les procédés du tatouage.
M. Frazer a cité beaucoup d'exemples américains de ces coutumes, où l'image de l'animal considéré comme tutélaire est celle du totem-. Dans le monde antique, nous voyons le loup figurer sur les enseignes romaines, le sanglier sur les enseignes gauloises, alors que d'autres motifs nous portent à croire que le loup et le sanglier ont été des totems chez les Romains et chez les Gaulois. En Egypte, l'épervier, qui décore les bannières royales, est sans doute le totem de la famille qui a fondé la royauté égyptienne. Il est remarquable que les Grecs eux-mêmes ont cherché à établir une relation entre le.s faits de totémisme, qu'ils constataient en Egypte, et le choix des animaux servant d'enseignes. On lit dans Diodore ^ : « La seconde explication que l'on donne du culte des animaux sacrés est ainsi conçue : Les habitants de l'Egypte étant jadis souvent vaincus par leurs voisins, à cause de leur ignorance de l'art de la guerre, eurent l'idée de se donner, dans les batailles, des signes de ralliement: or ces signes