Cf. L' Avlhrnpologic, 1894, p
LES CARNASSIERS ANDROPHAGES
de Gundestrup par ceux qui figurent sur les monnaies de Jules César m'a toujours paru inadmissible ; il y a là un écho de sculptures romaines du Bas-Empire, en particulier de diptyques en ivoire. Mais voici un rapprochement qui me semble presque décisif. Le Musée du Trocadéro conserve le moulage d'un bas-relief du xiie siècle, appartenant à la cathédrale de Bayeux ; c'est la partie centrale du tympan compris entre deux archivoltes de la nef (fig. &) ^ Le relief figure un animal pourvu de griffes, dont le corps est semé de points circulaires qui re-
Fig 5 — Relief de la cathédrale de Bayeux.
présentent sans doute les mouchetures de la peau d'un fauve. Or, comme nos figures 6 et 7 permettent de s'en assurer, cet animal, avec les mêmes cavités semées sur le corps, reparaît à plusiers reprises sur les bas-reliefs du vase de Gundestrup'; les corps des éléphants eux-mêmes sont mouchetés de la même façon. Les sculptures de Bayeux sont normandes et c'est bien aux Vikings Scandinaves, dont les envahisseurs de la Normandie sont une branche, que je crois devoir attribuer — sans pouvoir encore préciser la date — la fabrication du vase de Gundestrup.
Les carnassiers androphages paraissent sur une autre série de monuments beaucoup plus anciens, dont la plupart ont été reproduits par Alexandre Bertrand et moi en 189i^ Ce s<mt
1. Enlart, Manuel d'archéologie française, f. I, pi. 359. M. Enlart a bien voulu m'autoriser à reproduire une partie de la gravure qu'il a publiée de ce curieux relief.