K.aro, J)e arU vascularia, p
2. Bertrand et Keinach, Les dites, p. 218-228. La même idée a été reprise par M. Hoernes, Oesterr. Jahreshefle, 1903, BeibUitt, ' p. 72, qui ne s'est pas souvenu de mon mémoire, antér eur de sept ans au sien.
LES CARNASSIERS ANDROPHAGES
(réels ou fantastiques) tiennent de même une cuisse d'animal ou un corps d'homme. Voici les exemples que j'ai relevés :
1° Cervidés tenant a la hjîtcJte une brandie on une fleur : couvercle de Hallstatt (^Les Celtes, fig-. 56) ^ ; situle de Watsch {ibid., fig. 7 2); situle d'Esté {ibid., fig-. 76); situle de Nesactium en Istrie [Oesterr. Jahresh., 1903, Beiblatt, p. 69).
Fig. 8. — Reliefs de la situle du Bologne.
2° Lion ailé ou panthère tenant dans sa gueule une cuisse d'animal: couvercle de Hallstatt {Les Celtes, fig. 56) ; situle A de Boldù Dolfin {ibid., fig-. 65) ; plaque de ceinturon d'Esté {Monumeiiti antichi, t. X, pi. V, n. 35).
"y Lion non ailé tenant le vihne attribut: situle de Watsch {Les Celtes, fig. 72).
4" ÏMn ailé tenant dans sa gueule une cuisse d homme : situle Zannoni de Bologne (ibid., fig. 68 ; ici, fig. 8 en bas).
Sur la situle trouvée à la Certosa de Bolog-ne, dite situle Zannoni, on voit aussi deux musiciens assis sur une sorte de Ijt dont les extrémités sont décorées de deuxprotomés delion ;
1. La légende de l'ouvrage Les Celles, etc., porte à tort: de Giandate
286 LES CARNASSIERS ANDROPHAGES
l'un de ces lions tient dans sa gueule la moitié d'un corps humain ; l'autre paraît plutôt dévorer un animal, mais ce pourrait être un homme mal dessiné. Je reproduis ce groupe et un des animaux tenant une cuisse d'homme, d'après le moulage de la situle conservé au musée de Saint-Germain (fig-. 8). Ces lions ont toute la placidité des carnassiers décrits au début de cet article ; comme les herbivores, ils ont moins l'air de manger pour satisfaire leur faim que de déclarer, à leur façon, de quelle espèce d'aliments ils font leur pâture. Ces végétaux, ces cuissots, ces corps ou ces jambes d'homme ne semblent pas des proies, mais des attributs.
Les mêmes types paraissent, à une époque plus ancienne encore, en Etrurie.
Sur les plus vieux vases noirs de fabrique étrusque, dits vases de buccliero, les motifs du lion ou de la panthère, tenant dans sa gueule une cuisse d'animal ou des jambes humaines, ne sont pas rares ; on trouve aussi des herbivores tenant des rinceaux '. Ces motifs sont associés à d'autres dont le caractère oriental est évident, notamment à des sphinx et à des animaux fantastiques ; sur une grande alla découverte à Veïes (Karo, p. 6), des lions, tenant dans leur gueule des jambes humaines, voisinent avec des pugilistes identiques à ceux qui sont figurés sur plusieurs situles dites illyriennes. Sur une œnochoé -, on voit une lionne marchant h. gauche, la tête de face, et dévorant un petit quadrupède dont l'arrièretrain émerge encore de sa gueule. Sur le même vase sont figurés un homme conduisant un cheval, une tête de Gorgone barbue, un sphinx à ailes recoquillées et un lion dévorant un homme dont les jambes et le ventre sortent de sa gueule.
Les lions tenant dans leur gueule des jambes humaines se sont aussi rencontrés sur des ivoires découverts en l'itrurie et remontant, pour le moins, au vi» siècle av. J.-C. ". On a si-
1. Karo, De arte vascularia antiijuissima, Bonn, 1896, p. 6, 18, 31, 38, 41 ; Monuvienli anlichi, t. IV, p. 380; t. X, p. 190.