Karo, of. laud., p. 21, 42; ColUction Tyskiewicz, p
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g-nalé quelques exemples du même motif sur des vases peints d'ancien style, attribués à des fabriques ioniennes (fiij. 9) '. Entre ces représentations et celles des situles, la parenté, bien qu'indirecte, est incontestable. En est- il de même entre les deux groupes de monuments étrusques et illyriens et les deux figurines gallo romaines ? Il ne faudrait pas se hâter de l'affirmer. La réserve est d'autant plus commandée à cet égard que ces dernières sont séparées des premières par un intervalle d'au moins six siècles. En outre, s'il existe des analogies frappantes — tout d'abord celle des petits bonshommes
Fig. 9. — Fragment d'une amphore de lîisenzio.
à demi-dévorés — les différences sont peut être encore plus sensibles. Ainsi, sur les vases et les situles, les animaux sont en marche, tandis que les carnassiers d'Oxford et de Fouqueure sont assis. Dans les monuments illyriens et étrusques, il n'y a pas de disproportion entre les animaux et leurs victimes ; la nature divine des animaux est seulement indiquée — et encore ne l'est-elle pas toujours — par l'addition des ailes. On ne conçoit pas que l'imitation, sur le sol de la Gaule, d'une situle ou d'un vase étrusque ait pu donner naissance au type du carnassier androphage ; tout ce qu'on peut admettre, c'est qu'en Étrurie, en lUyrie et en Gaule ces types divers reflètent une même conception, évidemment significative à l'origine, mais qui, sur les monuments italiens, a revêtu un caractère tout décoratif.
1. Ghirardiiii, Monumenii aniitrhi, t. X, p. 182, fig. 58. D'autres monuments analogues sont énuméris par le même savant, i/jiil., p. 190. Voir aussi Manumenti anlklii, XVI 1906), p. 429.
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Cette conception, celle d'un fauve divin dévorant un homme, doit remonter à une' antiquité très reculée et il peut sen bler surprenant de ne la trouver attestée en Gaule que par deux bronzes de la fin du i^'' siècle '. Mais nous ne pouvons pas juger de l'ancienneté des motifs, non plus que de leur évolution, par les exemplaires en matières dures qui nous en sont parvenus. Il a dû exister, dans le monde antique, une imagerie
Fig. 10. — Aquamanilc de Minden.
populaire, consistant surtout en statuettes de bois, dont il ne s'est naturellement rien conservé. Cette imagerie a sans doute mis en œuvre un grand nombre de motifs que nous ignorons on que nous apprenons seulement à connaître le jour où ils affleurent, pour ainsi dire, dans un art industriel plus élevé, lorsque des artistes d'une condition moins humble se décident à les traiter dans une matière plus durable, l'argile, la pierre ou le métal. Ainsi peuvent et doivent s'expliquer, à mon avis, certains hiatus apparents, certaines solutions de continuité
1. Voir pourtant un bas-relief d'Arlon repré.sentant une louve qui dévore un enfant (Dangibeaud, Revue de Sainlonge, 1909, p. 14].
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qui sont très embarrassantes pour les archéologues dès qu'ils se préoccupent, comme c'est leur devoir, d'expliquer la genèse et la filiation des types plastiques. On a reconnu, dans l'art roman de l'Europe occidentale, bien des motifs familiers à l'industrie celtique ou, du moins, étrangers à l'art grécoromain; si l'on ne veut pas se contenter d'explications quasi mystiques, parler, par exemple, d'une persistance obscure des types nationaux, il faut bien admettre que ces analogies et ces survivances s'expliquent par l'existence d'une industrie populaire, opérant sur des matériaux très périssables, qui relie, à travers les quatre siècles de l'empire romain et les quatre premiers siècles de la barbarie du moyen âge, l'art celtique à l'art roman.
Précisément, le motif du carnassier androphage se retrouve dans l'art roman, alors qu'il n'y en a aucun exemple dans l'art romain. J'en citerai deux exemples. C'est d'abord un bas-relief du xe ou du xio siècle trouvé à Scy-les-Metz et conservé au Musée lapidaire messin (n° 686). On y voit un fauve tenant dans sa gueule une main humaine (fig. 11)'.
Le second monument est une
Fig. 11. — Bas-relief de Scy-lcs-Mctz.
aquaviaiiile en bronze du xie siècle, conservée à la'cathédrale de Minden (fig. 10) -. Elle affecte la forme d'un lion qui dévore un petit homme, sortant à moitié de la bouche du fauve. L'attitude du lion est aussi - triomphante » et aussi placide que celle des carnassiers de Fouqueure et d'Oxford ; l'homme ne se défend pas davantage. Le lion est pourvu d'une corne que mord un serpent. Que signifie cela? Nous n'en savons rien ' ;