Frogm. hist, graec, I, p
3. Il est digne de remarque qu'un chef gaulois s'appelait Cainbattl'es (l'ausanias, X, 19, 5, 6). L'hypothèse d'une relation entre les Méoniens et les
294 LES CARNASSIERS ANDROPIIAGES
une épithète de lion, signifiant, non plus l'étrangleur, mais peut-être le tueur de chiens. J'ai émis l'iiypothèse que le mont Sainbulos en Assyrie, où Tacite décrit un culte archaïque d'Héraklès chasseur *, portait, en réalité, le même nom que le Kambll's lydien ; une montagne peut être appelée du nom de la divinité qui y est l'objet d'un culte"-. Entre la Lydie et l'Assyrie, il a certainement existé des relations non seulement politiques, mais religieuses ; l'Héraklès lydien et l'Héraklès assyrien sont des divinités très voisines. Je ne puis entrer ici dans l'examen des analogies déjà signalées par O. Mûller dans son célèbre mémoire Sandon und Sardaiiapal ^ ; il me suffit de dire que les rapprochements institués par lui ne me paraissent pas devoir être contestés, bien qu'on puisse en tirer d'autres conclusions et, notamment, ne pas accepter, comme il le fait, le caractère sémitique des dieux lydiens.
Si Ion explique ainsi le lion androphage lydien ^, il faut trouver une explication analogue et parallèle pour le carnassier androphage celtique, qui est un loup. A priori, il me semble qu'on peut admettre, chez une ou plusieurs tribus celtiques, un loup divin, considéré comme l'ancêtre des hommes de la tribu et considéré aussi comme leur protecteur, c'est-à-dire comme un totem.
Or, il y a de bonnes raisons de croire que certains peuples de la Gaule, à une époque très ancienne, ont connu un loup totémique. En effet, à l'époque où prévalut l'anthropomorphisme, nous trouvons le dieu que César appelle Dispater,
Celtes n'aurait rien d'extravagant, puisqu'ils parlaient des langues de la même famille.