‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 157 sur 232 · Tacite, Annales, XII · texte numérisé non relu

Tacite, Annales, XII

2. Tacite, Hisl., II, 78; Est Jiidneaiii iiiter Syriuiinjue Carmeliis : ila vocaiit inontein deujnquf.

3. Otfr. Millier, Kleine Schriflen, t. II, p. 100-113. Je n'ai pas été convaincu par la réfutation de M E. Meyer, Zeitschrift der deutschen morgenlàndnchtn Gesfllschafl, t. XXX I, p. 736 sq.

4. Je rappelle que l'existence de ce type de lion androphage dans l'Asie occidentale est rendue plus vraisemblable encore par le petit groupe en bois reproduit plus haut (fig 13), que j'ignorais et ipii était inédit lors de la première publication du présent mémoire.

LES CARNASSIERS ANDROPHAGES 295

qui passait, nous dit-i], pour l'ancêtre des Gaulois (le totem finit toujours par passer pour l'ancêtre) et dont les images, d'un type analogue au Hadès-Pluton gréco-romain, portent souvent, comme on l'a remarqué, une peau de loup '.

De même qu'il y avait, en Arcadie, nn Zeus Lykaios, qui était un dieu-loup, il y avait à Rome un Jupiter Liict'lius, que Festus identifie à Dispater-. Silvain, auquel le Dieu-loup gaulois a certainement été assimilé dans la Gaule romaine, passait pour un « chasseur de loups », exactor hipornin ■' ; mais on sait qu'un des procédés constants de l'anthropomorphisme, quand il remplace le totémisme, consiste à faire de l'animal, autrefois identique au dieu, soit le compagnon du dieu (par exemple Apollon et le dauphin), soit sa victime (par exemple Apollon Sauroctone et le lézai-d), soit, plus rarement, son meurtrier (Adonis et le sanglier).

En Italie, Silvanus, le » forestier •», est, à l'origine, un dieu-loup comme Mars, que Caton identifie formellement à Silvanus. Ce nom, « le forestier », est une épithète du loup, qu'il est dangereux de désigner plus clairement ; en Suède on appelle ce fauve « le silencieux ». Silvia, dite à tort R/ua Silvia, est « la forestière » ; elle conçoit d'un loup, identifié à Mars, deux jumeaux qui sont allaités par une louve. Si les Héraclides de Lydie sont des lions, les Silvii d'Albe sont une dynastie de loups. Chez les Samnites, les loups s'appellent htrpi ; on donnait le même nom aux prêtres du mont Soracte, qui était aussi nn dieu-loup. En Grèce, Hadès, qui porte une peau de loup (aîSoç v.ovjyj). doit avoir aussi, à l'origine, été conçu sous l'aspect d'un loup ^ ; il en est de môme de ïhanatos, qui, dans VAlceste d'Euripide (v. 84ôj, s'arrête cmprès d'une tombe pour boire du sang.

Donc, toutes les indications tendent à confirmer notre thèse : le dieu gaulois, avant d'être assimilé à Dispater, à Hadès, à Silvain, était un dieu-loup. C'est de ce dieu-loup que

Page 1