Ibid., p
ii. Lucilius, ap. Nonn., p. 110:
4. Cf. mon article Calea dans le Dictionnaire de Saglio, p. 1429.
296 I.ES CARNASSIERS ANDROPHAGES
deux images, les seules qu'on connaisse encore, ont été découvertes à Fouqueure et à Oxford ; ces images relèvent d'une tradition iconographique soustraite à l'influence de l'anthropomorphisme et où, par suite, les bronziers gallo-romains ne devaient chercher qu'exceptionnellement des insi^irations.
Le dieu gaulois dont parle César est un dieu nocturne comme le loup {lupus vocturnns obainhnlat, Virgile, Georg., III, 538); comme le loup, et comme le Zeus Lykaios d'Arcadie, il réclamait, disait-on, des victimes humaines. Le fait que César l'appelle Dispater et que les sculpteurs l'ont parfois figuré sous les traits de Zeus Serapis, prouve aussi qu'on lui attribuait un caractère infernal. Le dieu-loup du mont Soracte e.st également infernal, au témoignage de Servius '. Or, dans les conceptions primitives, les démons infernaux sont androphages, comme cet Eurynomos de l'Enfer de Polygnote qui mange les chairs des morts et ne laisse que leurs os ^. Cerbère lui-même, avant de devenir le gardien des Enfers, a été le chien vorace, xif/epor (ii)(jiYic:TiQ; ^, qui se repaissait de la chair des trépassés ''. Un artiste aurait pu le représenter