‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 159 sur 232 · Pausanias, X, 28, 7 ; cl. Dieterich, Nckyia, p · texte numérisé non relu

Pausanias, X, 28, 7 ; cl. Dieterich, Nckyia, p

3. Hésiode, Theog.^ 311. I^es anciens expliquaient le nom de Cerbère par y.pîoî'ifio: (mangeur de chaire et Servius l'assimile à la terre qui consume tous les corps : Cerbenis ttna est consiimptiix omnium corforum (iid Aen., VI, 395). Tout cela, bien entendu, est absurde, mais reflète, comme l'a vu M. Dieterich («/. /., p. 50), l'ancienne conception d'un chien mangeur de cad.-ivres.

4. Une histoire bizarre contée par Plilégon (Fragiii. hist. giaec. t. III, p. 615-GlH), sur laquelle mon attention a récemment été appelée par M. Radeimacher (^Das Jenseils im Mythos der. Ilellenen, Bonn, 1903, p. 52), semble attester aussi, dans le folk-lore grec, la conception d'un loup divin qui dévore les hommes, mais en n'avalant pas leur corps tout entier. Après la bataille des Thermopylcs, oii Antiochus fut vaincu, un olïicier syrien du nom de Bouplagos, qui avait été tué, se leva do milieu des morts et annonça aux Romains que Zeus tirerait vengeance de leurs forfaits. Peu de temps après, le général romain Publiua fut frappé de démence, et prophétisa' de grandes cal.imités, des inv.isions meurtrières. Puis il' monta sur un chêne et déclartf à ses troupes qu'il allait f-tre dévoré par un grand loup rouge; défense à quiconque de venir à son secours ! Le loup arriva ; Publius descendit de l'arbre tt se laissa dévorer en présence de toute l'armée, à l'excep-

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SOUS le même aspect que les carnassiers de Fouqueure et d'Oxford.

Les morts qu'avale le loup infernal ne se débattent pas, car ils sont morts. Or, nous avons fait observer que les deux statuettes g-allo -romaines présentent ce caractère commun et surprenant, que l'homme à moitié dévoré par le fauve ne semble faire aucune résistance. A moins donc d'attribuer aux artistes une singulière impuissance d'observation — d'autant plus singulière, en l'espèce, qu'il y en aurait deux exemples — il faut admettre, je crois, que la proie du carnassier celtique est bien un mort. Tout s'explique alors très simplement. Le loup totem, ancêtre mythique de la tribu, joue le double rôle qu'on attribuera plus tard à la Terre et même au Dieu spiritualisé du monothéisme ; il est à la fois le père des hommes et leur tombeau; ils viennent de lui et ils retournent en lui ; il les appelle à la vie et les résorbe quand ils ont vécu '. C'est comme la traduction zoomorphique d'une idée qui, sous une forme moins grossière, est encore accréditée aujourd'hui, invoquée et variée à l'infini dans les oraisons funèbres, dans

tion de s.-i tête, que le loup abandon la et qui continua à vaticiner. Les Romains élevèrent un temple et un autel à Apollon Lykios là où la tête de Publius avait reposé. Or, non seulement Pabliuî n'avait opposé au loup aucune résistance, mais sa tê'e détachée du tronc avait annoncé que le loup, ministre de Phébus Apollon, le conduirait, en le dévorant, aux demeures des Bienheureux et de Perséphone. Il s'agit donc bien d'un loup infernal, de la Mort personnifiée par un loup, dont la gueule est comme la porte d'entrée de l'autre monde. L'histoire de PhHgon a été inventée h plaisir, mais sur un canevas populaire très ancien. UOrcus latin, père de nos ogres, semble avoir été conçp aussi par le peuple comme un fauve vorace (^fducis Orci, Virg., Aen , VI, 273). L'ogre des contes est un Croquemitaine, comme le loup du Petit Chaferoti Rouge -^ il a une grande bouche et de longues dents. Dans les Mystères du moyen âge, l'ouverture de l'Enfer est reprisentée par une gueule de lion ou de dragon; les diables sont enveloppés de peaux de loup. L'idée que le démon, qui participe à la nature du dieu infernal, est un loup ou un serpent, parait encore dans une étrange histoire il la date de 1270 ; une dame de Labaithe, à Toulouse, qui avait eu commerce avec le diable, accoucha d'un enfant à tête de loup et à queue de serpent (Dollmiyr, yahrbûcher der Kaiserlichen Sammlungen, Vienne, 1898, p. 335"!.

1. Cette idée se retrouve un peu partout sous différentes formas; cf. Ramsay, The Athenaeum, 1<J04, II, p. 119, 120.

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les discours et les missives de consolation. Si j'ai tort d'attribuer cette idée aux Celtes, ou du moins à certains Celtes, je suis tout prAt k reconnaître mon erreur, mais le jour seulement où l'(m iiura jjroposf';, pour les deux statuettes qui font l'objet lio cette étude, une explication plus satisfaisante.

Le voile de l'oblation'

Les anciens se sont appliqués, non moins que les modernes, à découvrir les motifs des vieux usages auxquels ils se conformaient par tradition. Aristote, dans des livres que nous avons malheureusement perdus, avait donné l'exemple de ces recherches. La vaste collection de Prohlcnics qui a été formée dans son école énonce presque exclusivement des questions qui se rapportent aux sciences naturelles ; il en est cependant quelques-unes qui concernent d'anciennes pratiques dont il s'agit de fournir l'explication. « Pourquoi, demande l'auteur, plante-t-on de préférence des noyers sur les tombes? Est-ce parce que le fruit de ces arbres rappelle la forme des cercueils ? Ou bien est-ce parce que, de tous les arbres, le noyer est celui qui répand le plus de larmes, hommage que nous rendons nous-mêmes aux motts -^ ? » Voilà une de ces questions que la curiosité moderne se pose volontiers : seulement, elle ne se contente plus de réponses données à l'aventure; ici comme ailleurs, la méthode historique a fait valoir ses droits et une science nouvelle a été créée, celle de l'étude comparée des mœurs, des coutumes, des traditions populaires, à laquelle on donne, assez improprement, le nom anglais de folklore.

Après Aristote, de nombreux écrivains, grammairiens, philosophes et même poètes, ont fait collection d'usages singuliers et en ont offert des explications souvent plus s^ingulières encore. Citons seulement, à côté de l'auteur des Fastes, Varron et Juba, dont les compilations ont été utilisées par

1. Mémoire lu à l'Institut de France, dans la séance publique du vendredi 12 novembre 1897.

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