Aristote, Problcmes, éd. Didot, t. IV, jx
Plutarque. Nous possédons de ce dernier deux recueils, intitulés l'un Questions romaines, l'autre Questions grecques, infiniment précieux par la quantité de rites peu connus qu'on y trouve énumérés. Mais les réponses aux pourquoi, empruntées par Plutarque à des auteurs plus anciens ou proposées par lui, témoignent souvent d'une naïveté presque enfantine, même lorsqu'elles se présentent sous des dehors très érudits. Dans cette science, qu'on pourrait appeler l'étymologie des usages, les Grecs et les Romains font aussi pauvre figure que dans la recherche de l'étymologie des mots. Ce double insuccès tient à la même cause. Les anciens isolent les problèmes au lieu de les grouper; &auf des exceptions rares, ils ne savent pas comparer les faits ou les mots, les disposer en séries et en familles, en suivre l'histoire et les transformations. Une explication d'une coutume n'est valable que lorsque elle convient à un certain nombre de cas où la même coutume s'offre à l'observateur: la clef qu'on cherche doit être un passe-partout. Les anciens se sont contentés d'une clef quelconque, quitte à forcer, si l'on peut poursuivre la métaphore, bien des serrures. C'est aux Questions roinatites de I^lutarque que nous emprunterons un exemple, d'autant plus intéressant, semble-t-il, que l'exégèse des modernes est loin d'avoir élucidé encore l'usage qui va maintenant nous occuper.
« Pourquoi, demande Plutarque *, se voile-t-on la tête en adorant les dieux '■' ? » — Les Grecs priaient et sacrifiaient la tête nue. A Rome, dès les derniers siècles de la République, les deux rites coexistaient sans se confondre ; les seules divinités romaines que l'on adorait la tête découverte étaient Saturne, Hercule et l'Honneur-. Nous savons par Varron que