Plutarque, Quasi, rom., X «t suiv
2. Je laisse de côté la question connexe posée par Plutarque : Pourquoi se <iécouvre-t-on devant les grands personnages ? — C'est, disaient les uns, pour ne point leur donner l'idée qu'ils sont des dieux; c'est parce que la santé demande que la tête soit souvent découverte, répondait sérieusement Varron (cité par Pline, Hisl. N.it., XXVJII, 6).
3. Macrobe, Saturn., IIF, G. Cf. Marquardt, Riim. Slaaisverwallung, t. JII, p. 183. On a allégué dilTérents -motifs pour justifier ces exceptions; nous ne
les femmes elles-mêmes se voilaient la tête lorsqu'elles sacrifiaient suivant le rite romain, roinano ritu *. L'origine de cet usage remontait, croyait-on, à Enée. Au livre III de V Enéide, le héros troyen aborde en Epire et consulte le devin Hélénus, fils de Priam, qui règne sur des villes grecques avec Andromaque. « Dès que ta flotte sera parvenue au terme de sa course, dit Hélénus, et que tu auras élevé des autels sur le j-ivage pour acquitter tes vœux, couvre-toi la tête d'un voile de pourpre, de peur qu'au milieu des feux sacrés allumés en l'honneur des dieux, un visage ennemi ne se présente à tes regards et ne trouble les présages. Que tes compagnons répètent ce rite dans les sacrifices ; observe-le toi-même et que ta postérité s'y conforme -. » On i-acontait qu'Énée, sacrifiant sur le rivage de l'Italie, fut surpris par Diomède ou un autre Grec ^ et qu'il put échapper au trouble que devait lui causer cette rencontre grâce au voile dont il était recouvert.
Voilà la fable étiologique, l'origine pseudo-historique de la coutume. Hélénus, bon devin, a voulu préserver Enée d'une rencontre fâcheuse ; c'est en prévision d'un accident qu'il a prescrit cet usage, conservé depuis par les Romains. Plutarque allègue aussi cette explication, qui ne devait satisfaire personne, mais il en propose encore trois autres : 1" on adore les dieux la tête couverte par humilité ; 2° on agit ainsi pour ne pas entendre, pendant la prière, les paroles de mauvais augure; 3° on veut signifier que l'âme qui adore les dieux en dedans de nous est couverte et comme cachée parle corps. — Cette troisième solution, la moins vraisemblable de toutes, est rapportée par Plutarque d'après le pythagoricien Castor, qui avait tracé un parallèle entre les institutions de Pythagore et celles des Romains.
pouvons les discuter ici. Voir Max Mayer, n/. Roscher, Lexihon dcr Mythologie, art. Kroifs, p. 1492.
1. VarroD, Ling. Int., V, 130. Cf. ce que dit Festus, p. 112, 172, du culte de Mutinus ïutinus.