Plutarque, Niima, X
8. Ovide, /'asies III, 569, 621, 623; cf. Klausen, »/. laud, p. 766.
un même rite, compris diversement suivant les époques, déroule sa trame iiiinten'ompue jusque sous nos yeux.
Le rituel de la devotio était si bien arrêté à Rome qu'on l'observait jusque sur les champs de bataille. Nous savons par Tite-Live comment s'accomplit le sacrifice volontaire des deux Décius. En 340 avant Jésus-Christ, le consul P. Décius Mus se fit dévouer par le pontife Valérius ', pour obtenir le salut de son armée engfagée dans une lutte périlleuse contre les Latins. Le pontife revêt Décius de la robe prétexte, lui voile la tète^ lui ordonne de lever la main sous sa toge jusqu'au menton, de poser le pied sur un javelot, et lui dicte une longue formule que Tite-Live nous a conservée. Décius la répète et, aussitôt, ceint de la toge à la mode de Gabies, c'est-à-dire voilé -, il saute à cheval et se précipite en aveugle au milieu des ennemis. Le second Décius se dévoua de même, en 295, dans la bataille de Sentinum contre les Gaulois ^.
L'usage du voilement de la tête dans la cousecratio paraît aussi dans la cérémonie de la cousecratio bononim, par laquelle une propriété privée est attribuée à un dieu. Tel fut le cas du terrain sur lequel s'élevait la maison de Cicéron ; pendant son exil, Clodius le consacra et y fit élever un temple à la Liberté. Dans le discours Pro doiiio sua, qu'il prononça à son retour et dans lequel il demanda au Collèg-e des pontifes la restitution de son bien, Cicéron se défend à plusieurs reprises de vouloir décrire des pratiques mystérieuses dont pourtant, dit-il, quelque chose est venu jusqu'à ses oreilles. Cela est fâcheux pour nous; mais du moins, dans trois passages, il mentionne le rite essentiel de la cousecratio : un réchaud posé sur les Rostres, la récitation de formules anciennes, le magistrat opérant la tête vot/ée, au son de la flûte *. Ces mêmes éléments se retrouvent dans le sacrifice suivant le