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M. ïannery a publié, au sujet du fragment 208 des Orphica (éd. Abel) -, une note lue par lui à la Société des Études grecques {Reinu' des Etudes grecques, 1899, p. 120), en réponse à une communication que j'avais faite, le 1"" décembre 1898, à la même Société (ibid., 1898, p. 620).
L'expression X63tç ;:po7Ôvu)V àÔEjAiorcav doit signifier, suivant M. Tannery, l'absolution de péchés héréditaires, en particulier des péchés des Titans, meutriers de Zagreus. J'avais traduit, pour ma part, comme si, des deux génitifs pluriels, le premier était un substantif et le second un adjectif: « l'absolution des ancêtres coupables » et j'avais vu, dans cette expression, une allusion à \ intercession au sens chrétien, c'est-à-dire aux prières pour les •morts. M. Tannery écrit (p. 128) : « Il n'y a aucun témoignage attestant chez les païens des sacrifices ou des prières pour les morts, car c'est là ce qu'il faudrait évidemment entendre. » Or, c'est précisément ce qui est en question. L'habitude de prier pour les morts n'a pas été transmise aux chrétiens parlesjuifs, qui ne la connaissaient pas. D'autre part, il y a quelque chose d'analogue dans le rituel égyptien ' et il est remarquable que le plus ancien livre de la Bible où paraisse cette pratique, le second livre des Macchabées^, soit précisément une composition gréco-égyptienne, œuvre d'un juif hellénisé domicilié en Egypte. Mais, comme les anciens ont souvent insisté sur les affinités égyptiennes de l'orphisme, il est, a priori, vraisemblable que les analogies signalées par eux concernaient les croyances eschatologiques. Du reste, à la séance de la Société des Etudes grecques, j'avais rappelé un texte de Platon [Rlp., II, p. 364 E- 365 A), où il semble y avoir une allusion assez claire aux prières des Orphi-