TertuUien, Apolng., XVI
4. Marucchi, Eléments iTarchéologie chrétienne, fig. ;\ la p. 39 ; photographie ap. F. de Mély, Le Saint Suaire, p. 54, fig. 21.
contre des chevaux et des cochers du cirque, dont les auteurs sont les adeptes d'une secte gnostique, adoratrice de Typhon- Seth, dieu à tête d'âne. Le graffite du Palatin n'est donc pas une caricature du Christ: c'est la représentation grossière de l'hommage rendu à Typhon-Seth par un de ses adorateurs '.
Si la légende de l'adoration de l'âne par les chrétiens est une calomnie inepte, il n'en est pas moins certain que l'âne occupe une place peu banale dans la tradition chrétienne primitive. Jésus fit son entrée à Jérusalem sur une ânesse accompagnée de son ânon (Matt, xxi, 7), afin que fût accomplie la prophétie:- « Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient à toi, débonnaire, et monté sur un âne, sur le poulain de celle qui porte le joug. » Parce qu'il avait été la monture de J.-C. (et de la Vierge lors de la fuite en Egypte, suivant la tradition iconographique), l'âne a toujours joué un certain rôle dans la religion populaire. Il suffit de rappeler \s.fcte de Fane, qui se célébrait, au moyen âge, le jour de la Circoncision ^ Une croyance assez répandue veut que le dos de l'âne soit marqué d'une croix, en mémoire de celui qu'il a porté.
Y aurait-il lieu d'établir un rapport quelconque entre la prétendue idole de Moïse monté sur un, ânon et l'image familière de Jésus entrant sur une ânesse à Jérusalem ? Je me contente de poser la question, sans croire que nous ayons les moyens de la résoudre. Mais lorsqu'on cherche à démêler l'origine des traditions populaires, il ne faut jamais oublier que l'interprétation des images en a été l'un des facteurs les plus féconds.