L'Olympe de Bithyiiie ou le mont Athos
2. 11 faut noter, avec Crampe, que cet anachorète ne joue aucun rôle dans la réunion secrète. On sait, d'autre part, par le De Sigiiis de Codinus (p. 52), que les œuvres d'ait et les inscriptions de l'hippodrome — parmi lcs<|uelles était l'obélisque de Thédose 1er — fournissaient matière aux rêveries des devins (Crampe. «/. laud., p. 211).
;J. Crampe a fort bien montré que ce sont là des usages familiers aux philosophes néoplatoniciens ; on peut donc les attribuer sans difliculté à ceux <|ui s'inspiraient de leur mysticisme, sans être, pour cela, moins chrétiens que les néo-platoniciens du Xie siècle dont il sera question plus loin (Crampe, op. iat4i/., p. 51.
4. Corriger fvui.'iTjV en y.o;j.Tiv serait absolument arbitraire. D'ailleurs, alors même qu'il s'agirait de tonsurés, on aurait le droit de rappeler la tonsure des prêtres d'Isis (cf. l'art. Ists dans le l.exikon de Koscher, p. 4'2i)y, ([ni poavatt avoir prévalu dans un milieu de sophistes mystiques au même titre que l'usage du calendrier égyptien (mois de inésori, d.tte indiquée par Craton pour l'accomplissement des sinistres prophéties).
5. Bouché-LccleiC(|, H'tst. Ui la d'tvinalioji, t. IV, p. 35'2.
6. Les néo-platoniciens se préparaient aux visions par des jeûnes et des
380 LE CHRISTIANISME A BYZANCK
ici que M. Bouché-Leclercq ne s'est pas occupé du Pltilopatns et n'a pas une fois cité cet ouvrage : or, elle s'applique à merveille au conciliabule de devins dont cet opuscule nous apprend l'existence dans la Byzance orthodoxe du x" siècle. La nouveauté, d'ailleurs, à cette époque, n'est pas la divination, qui ne fut jamais plus répandue, mais cette sorte de divination collective^ de révélation faite à un cénacle d'illuminés qui se soumettent, pour arriver à l'état iiiantiquc, au régime de jeûnes, de veilles et de prières dont il est question dans le récit de Critias. Les historiens du x" siècle citent plusieurs exemples de prophéties qui se réalisèrent, et Luitprand, ambassadeur de l'empereur Othon à la cour de Nicéphore, parle avec détail des livres byzantins où les destinées des empereurs futurs étaient expliquées '. Il connut à Constantinople un nstronovic, doué du don de seconde vue, qui lui fit une description complète de la famille impériale germanique et de son entourage -. Les devins dont on vantait la perspicacité étaient quelquefois des hommes d'église ; mais il y en avait d'autres qui n'étaient ni des prêtres ni des moines '. Critias, introduit dans le sanctuaire des prophètes de malheur, apprend d'eux qu'ils passent des jours à jeûner et des nuits à réciter des hymnes; si ces hommes avaient été des moines, qu'eût-il pu trouver d'extraordinaire à ces exercices ? On insiste sur la maison ou la salle au toit d'or, ypoao&orfov 'It.vi, dans laquelle Critias a été conduit. Pour Gfrôrer et
hymnes (Marin, Vit. Proeli, 45: Jambli<|ue, De myst.. III, 9). Cf. Crampe, <'/. laiiii., p. 254.
1. Le continualciir de ïliùophane (I, 22, p. 86, éd. de Bonn) raconte qu'à l'époque de Léon l'Arménien (vui* siècle) il y avait, dans la bibliothèque impériale, un recueil d'oracles (jui coLtenait, entre autre-, les portraits des futurs empereurs (jiop'ià; y.rj\ rsjr^'xuz'j. Ë/oyGXtiv yEVfjOcjiÉvujv ^aa'.Xsiuv ôià ypiu|).âTujv.) Cf. Krumbacher, Ge.'cJi. der hyzaiit. I.i/t., 2e éd., p. 627. Je ne sais si l'on a encore rapproché ce livre des l'alichua Fuiitifuiim, ouvrage attribué .^ tort à Joachim de More, que Bernard Délicieux lisait en 1319 et oii se trouvaient les portraits de tous les jj.ipes futurs (Lea, lUst. i!e tlnquis..^ t. JII, p. 14 de ma traduction). Evidemment, nous avons !i\ un exemple de l'inllucncc exercée sur l'Italie par la littérature mystique et prophétique de l'Empire grec.