‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 199 sur 232 · Cf. E. Koh'ie. lo(. l,ui,/., p · texte numérisé non relu

Cf. E. Koh'ie. lo(. l,ui,/., p

LK CHRISTIANISMK A BYZANCE 381

pour Aninger, c'est le palais du patriarche de Constantinople, centre des intrigues et des manœuvres de trahison ourdies par les moines contre l'empereur. Mais il suffit de lire la phrase en grec pour reconnaître l'origine de cette illusion : A'.T|//Jo|X£v aiSrjpîaç zi KoXaç xcz; ycXy.eoÙ!; oûSoôç. 'Avapâ'Jpai; 51 TJ.siiz'yç Ke;it/.'r/.Xtoaâ[j.svo'l. èçyfjuoôooïov 'v.xov àv/j),0oij.5v. oiov "Ou.YjrjOç loO MsvsÀà'/j ïtjt:. L'allusion à un passage de l'Odyssée est explicite ' : Critias, saturé de lectures classiques, se compare à Télémaque qui, reçu par Ménélas dans son palais de Sparte, en admire les murs éclatants d'or et d'airain. D'autre part, les mots qui précédent ceux-là sont une citation presque textuelle de V Iliade ^ :

"EvOa O'.ÔYjpîiat ts TJ>\n.K v.aî fpXfjs.'iC, ouo'iç.

Il n'y a donc rien à tirer de ces prétendus renseignements sur l'aspect extérieur du lieu où fut introduit Critias ; ce pédant ne parle que par citations et la salle au toit doré n'est pas plus authentique que la porte de fer et le seuil d'airain. Le seul détail que l'on puisse retenir, parce qu'il n'est pas, que je sache, emprunté, cest la série des escaliers en spirale ; or, cela indique que les faux prophètes se réunissaient dans quelque grenier, ce qui convient mal, on l'avouera, à des conspirateurs dont le chef reconnu, suivant une hypothèse trop ingénieuse, aurait été le patriarche de Constantinople.

L'auteur du Philopatris est sans doute un sophiste ou un professeur de littérature, qui se croit un nouveau Lucien parce qu'il plagie sans vergogne le prosateur favori des Byzantins, et un homéride parce qu'il ne cesse de citer Homère. Mais ce cuistre sans talent paraît poursuivre en même temps un but pratique. A la fin du dialogue, Triéphon et Critias s'unissent pour chanter les louanges de l'empereur. •« Pour nous, Triéphon, dit Critias, nous allons jouir du plus heureux sort... Tu connais ma pauvreté comme je connais la tienne. C'est assez pour nos enfants que l'empereur vive ; iivec lui les richesses ne nous manqueront point. » Comme il

Page 1