A. Loisy, Revue critique, 1903, II, p
414 L'KVUI.UXION EN THEOLOGIE
Arrêtons-nous ici. Ce qui précède — je parle des citations textuelles, car ma glose n'engage en rien M. Loisy — suffit à montrer combien cette théologie diiîère de celle à laquelle les progrès de la science ont porté de si rudes coups depuis un siècle. Ce n'est pas seulement qu'elle se réclame à son tour des idées de progrès et d'évolution, prête à mettre ses thèses en harmonie avec les besoins intellectuels etmoraux de notre temps. Quittant, ou peu s'en faut, le terrain ontologique, elle tend à se faire une citadelle dans les âmes, où les négations mêmes de la libre pensée ne peuvent guère l'atteindre, car l'Eglise est là et ne saurait être niée. De sorte que la théologie, en renonçant à s'autoriser de la prétendue inerrance des textes scripturaires, en renonçant surtout à leur demander des doctrines et des dogmes qui n'y sont point, serait un peu dans la situation de la papauté, qui a tiré un bénéfice spirituel si grand de la perte de son pouvoir temporel. Reste à savoir si la théologie, représentée par la Cour de Rome, se résoudra à ce sacrifice et abdiquera sa vieille prétention d'être invariable. Quoi qu'il advienne, le livre dont nous venons de rendre un compte imparfait marque une date mémorable dans l'évolution des idées religieuses et se recommande, parle fond comme par la forme, aux méditations sympathiques de tous les penseurs.
Samuel Zarza^
En 1885, \q?> Matériaux pour V histoire priviitive et naturelle de niomme insérèrent la note suivante-: « Dans une leçon de M. le D"" Topinard, publiée dans la Gazette médicale^, il est dit qu'un juif, Samuel Sarsa, fut brûlé vif en 1450 pour avoir soutenu l'antiquité de l'homme. Quelqu'un pourrait-il nous donner de plus amples détails sur Sarsa et ses ouvrages ? »
Le même recueil publiait peu après une note ainsi conçue ' : « Voici le passage sur lequel s'appuyait le D"" Topinard, citant ce fait dans un de ses cours : Itaque duxerunt eum ad tribuualein et condeinnarunt ad suppliciuin ignis, propterea quod asseruisset antiquitateni seculi corum Judicio eoruiit. Shikard in Tarick, p. 175; ap. Prae-Adamita Utis, or the Fable of primeval inen created before Adam exploded, de J. Conrad Danhauer, 8°, Argentor., 1656 °. » M. Cartailhac ajoutait : « Nous insistons pour obtenir de plus amples renseignements de la part de nos confrères qui, plus heureux que nous, découvriraient ces ouvrages dans quelque bibliothèque. »
Aucun confrère ne répondit à l'appel de M. Cartailhac.
Il nous a semblé utile de tirer au clair la question soulevée par ces deux notes, et cela non pas en recourant à des ouvrages de seconde main, presque toujours remplis d'erreurs (surtout en ce qui touche à l'histoire et aux doctrines des ^rabbins), mais en nous adressant aux œuvres de Zarza" lui-même.