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Nous justifierons plus loin cette orthographe

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Comme les écrits de ce rabbin sont en hébreu, langue dont nous n'avons qu'une connaissance imparfaite, nous avons sollicité le concours d'un jeune hébraïsant russe, M. Salomon Fuchs, qui a bien voulu faire, à notre intention, les lectures et les traductions nécessaires à la Bibliothèque Nationale. C'e^ donc à lui, et a lui seul, que revient le mérite scientifique du présent travail ; notre rôle s'est borné à susciter ses recherches et à mettre en œuvre les matériaux qu'il nous a fournis. On nous excusera d'être entré dans quelques détails qui n'intéressent pas directement la doctrine philosophique de Zarza ; mais il nous a semblé qu'en faisant sortir de l'ombre un écrivain aussi peu coimu, il était bon de réunir tous les témoignages qui le concernent et de le replacer dans le milieu historique où il a vécu.

Parlons d'abord du nom même de ce rabbin. Dans la préface de son Commentaire du Pentateuque, il nous dit qu'on l'a surnommé en hébreu Jieti-S'fic. Comme S'nè signifie é/>ine, il est très probable que ce surnom n'est que la traduction littérale de Zarza, mot qui désigne, en espagnol, une ronce ou une plante épineuse '. L'orthographe exacte est donc Zarza, non pas Sarsa ou Car ça.

Comme il sera plusieurs fois question, dans la suite, des ouvrages de ce savant, nous devons commencer par en indiquer les titres, ainsi que les sujets qui y sont traités:

1° Mckôr-Haim, c'est-à-dire « Source de la vie », commentaire philosophique du Pentateuque, qui a été terminé à Valence en 1368'-. Ce commentaire n'est, en grande partie, qu'une compilation, où l'on retrouve les idées des savants

1. Cette explication est due h. Fr. Delitzscli (cf. Fiirst, I.iUeraiurliIatt des Orients, 1840, p. 18). Zunz avait pensé à tort «lue k- nom de Zarza dérivait de celui de la ville de Zarga, en Estramadure.

2. La première édition en a été publiée en 1559, à Manloue ; c'est un in-folio de 150 feuillets. On a quelquefois cité le Mekor-Ha\m comme un commentaire du commentaire du Pentateuque dû à Ibn-Esra: c'est là une erreur due à une confusion entre l'ouvrage entier de Zarza et les extraits qui en ont paru, en 1722, i Amsterdam, comme explication du commentaire d'Ibn-Esra. L'erreur en question a été reproduite par l'historien le plus autorisé du judaïsme, M. (iraetz {Gesc/iU/ite dei Jinlen, t. VIII, p. 26).

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judéo-arabes, notamment d'Abraham Ibn-Esra ', qui est la principale autorité de Zarza, de Maimonide, de Samuel Ibnïibbôn et d'autres - ;

2° Un second ouvrage de Zarza, intitulé Mtkhlal-Yôpkî, c'est-à-dire « Perfection de beauté », n'a jamais été imprimé ; nous savons qu'il a été aussi composé à Valence en 1369. Il en existe plusieurs manuscrits dans différentes bibliothèques, entre autres à la Bibliothèque Nationale de Paris ^ Ce traité est divisé en 7 livres et en 151 chapitres, consacrés chacun à l'explication philosophique d'une sentence du ïalmud. Zarza s'est occupé surtout d'interpréter les traditions et les allégories renfermées dans le Talmud et les Midrashhn * ; il est entré aussi dans des développements sur plusieurs questions de philosophie, de théologie et de «lorale relatives au judaïsme ;

3° Un troisième ouvrage de Zarza, intitulé Taardth-ha-Kèdesc/i, c'est-à-dire «Pureté delà Sainteté», ne nous est pas parvenu ; on n'en connaît l'existence que par une lettre très élogieuse adressé à Zarza par le savant Isaac Al-hadib, son contemporain et son ami. Ce livre est probablement resté inachevé °.

Ce que nous savons de certain touchant la biographie de Zarza se réduit à très peu de chose; notre source la plus autorisée, à cet égard, sont les indications clairsemées qu'il fournit dans ses propres ouvrages. Elles nous apprennent que Samuel Zarza vécut à Valence, en Espagne, au milieu du

1. Sur ce singulier et puissant esprit, on peut voir la notice de Joseph Dercnbourg dans la Revue des Eludes juives, t. V (1882), p. 137, et Théod. Reinach, Histoire des Israélites, p. 79.

2. Sur les auteurs cités par Zarza, cf. Béer, Philosophie und fhilosophische Schriftsteller der Judeti, Leipzig, 1862, p. 80; Fût%t, Litteraturblatt des Orients, 1851, p. 655; Steinschneidcr, Catal, libr. Hebr. in biblioth. Bodleiana, p. 1497.

3. Manuscrits de l'Oratoire, nos 62 et 63 ; Catal. {imprimé) des i/iss. hébreux de la Bibliothèque nationale, nos 729, 730. Quelques extraits eu ont été donnés par Béer, Philosophie der Juden, p. 80.

4. Sur les Midrashîm, cf. Théod. Reinach, Histoire des Israélites, p. 25. .5. M. Graetz cite encore trois ouvrages de Zarza qui sont mentionnés,

dit-il, dans l'épilogue d'un poème composé, en l'honneur de Zarza, par un certain .Salomon Reubênî. Ce poème se trouverait, d'après M. Graelz, à la fin du Mikhlal-Yôphi ; mais il n'y en a pas trace dans le ms. de la Bibliothèque nationale.

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XIV® siècle et qu'il fit plusieurs voyages, entre autres à Barcelone et à Perpignan '. L'époque de son activité est indiquée d'une manière inexacte par tous les chroniqueurs et bibliographes antérieurs à M. Steinschneider, l'éminent historien de la littérature juive. On avait même confondu Zarzn- Ibn Suc avec le philosophe arabe Ibn-Sina ou Avicenne, qui vécut de 980 à 1037 -. La date véritable des écrits de Zarza est donnée avec précision par la conclusion du J/^/èor- Haïm, où l'auteur nous apprend que son livre a été achevé en l'an 5128 de la Création du monde, qui correspond à l'an 1368 de l'ère chrétienne. Dans la préface de son second ouvrage, Mikhlal-Yôp/tî, Zarza dit qu'il l'a composé en 5129 du monde (1369 ap. J.-C), pendant la guerre civile entre Pierre le Cruel et son frère Henri IL II semble qu'à cette époque Zarza était déjà un vieillard, car, dans le Mekôr-Haïm, on lit plusieurs fois la phrase suivante : « J'expliquerai mieux ces choses dans l'ouvrage que je me suis proposé d'écrire, si Dieu prolonge encore ma vie. » D'autre part, on ne trouve aucune mention de lui après 1369 et, comme nous l'avons dit, son troisième ouvrage a dû rester inachevé; nous pouvons donc supposer que Zarza mourut vers 1370. On voit que la date de 5253 du monde (1493 de l'ère chrétienne), qui a été donnée par différents chroniqueurs pour celle de sa mc«t, ne peut reposer que sur une grossière erreur : celle de 1450, indiquée par M. ïopinard d'après un ouvrage du dix-septième siècle, ne mérite pas non plus d'être discutée. •

Les ouvrages de Zarza nous renseignent mieux sur la situation morale et intellectuelle de ses coreligionnaires d'Espagne que sur l'es vicissitudes de sa vie propre. Nous ne connaissons qu'un seul savant qui ait entretenir des relations d'amitié avec lui : c'est le rabbin Isaac Al-hadib •', qui lui adressa une lettre élogieuse au sujet de ses deux premiers ouvrages et lui demanda de lui envoyer le troisième, suivant une promesse

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