Zunz, Gisammelte SchrifUn, t. IH, p
2. Menasse bcn Israël, De créations, p. 9; Wilhelm Schickhard, Taarich regum Persice, Tubingue, 1628, p. 17.5; Wolf, Bibliotheca Ilebrœa, t. III, p. 1117 ; Heilprîn, Seder ha,io;-olh, Varsovie, t. I, p. 236 * ; Conrad Danhauer, Prœndamila U/is, Strasbourg, 1656.
422 SAMUKl. ZAKZA
assertion est le rabbin Samuel Schullam, éditeur des Généalogies ckroHologignes (Youchâssin) d'Abraham Zacuto, dans une des notes qu'il a ajoutées à cet ouvrage publié à Constantinople en 1556. Avant de soumettre son récit à la critique, il faut en donner une traduction intégrale :
« J'ai ouï dire que le grand-rabbin Tsaac Kanpanton ' était cause que Zarza a été brûlé. Car, un certain jour, plusieurs rabbins et lui étant assemblés pour lire un acte de mariage, ils indiquèrent la date en disant, suivant l'usage : < Telle année après la Création du monde ...» Alors Zarza porta la main à sa barbe et. ajouta: «Plus autant d'années en sus, • voulant indiquer par là qu'il croyait le monde éternel. Làdessus le rabbin Kanpanton se leva et dit: « Pourquoi l'épine ne brûle-t-elle pas? Que l'épine brûle ^ ! » On amena donc Zarza devant le tribunal, et on le condamna à être brûlé parce qu'il croyait à l'éternité du monde. »
Cette relation est une légende, comme il est facile de s'en assurer. Il n'y en a pas trace dans les écrits des contemporains de Zarza, ni même dans l'ouvrage d'vVbraham Zacuto, qui cite seulement Zarza comme l'auteur d'un commentaire sur le Pentateuque et du Mikhlal Yôphî. Schullam même n'allègue, pour ce fait étrange, d'autre autorité qu'un on dit; or, il écrivait environ deux siècles après l'époque probable de la mort de Zarza.
Le récit de Schullam renferme d'ailleurs un anachronisme. Le rabbin Isaac Kanpanton, qui aurait été la cause de l'exécution de Zarza, mourut en 1463'; lors même qu'il serait mort à 103 ans, comme le disent les chroniqueurs, il n'aurait eu que dix ans environ au moment où Zarza a dû mourir (vers 1370). Admettons que Zarza ne soit mort qu'en 1380: de quel poids pouvait être la sentence d'un rabbin de vingt ans à l'encontre d'un vieillard célèbre et respecté ' ? Nous
1. Sur ce rabbin, cf. Don José Amador de les Rios, ouvr. cit., p. 294.
2- 11 y a là une allusion au surnom hébreu de Zarza, I6n-S'nê (cf. plus haut p. 416) et au verset de VlCxode, III, 4. Schikhard (oJ>. hiud.) n'a pas compris le sens de ces mots.