Mi'jré NeboukJiim (Guide des Égarés), II
424 SAMUEL ZARZA
, comme on dirait aujourd'hui), et qu'il s'est dégagé en vertu même de la nature divine.
Dans le MikJilal Yophî ', Zarza revient sur ces différentes opinions et les expose assez longuement sans avoir Tair de prendre parti. Cependant, lorsque l'auteur y parle des partisans de la nouveauté du monde, c'est-à-dire de la création ex tnhilo, il semble bien indiquer qu'il ne se compte pas parmi eux. Ailleurs, après avoir défini la matière et la forme, il exprime l'idée que la différence, c'est-à-dire l'ensemble des attributs qui distinguent une chose de l'autre (la qiiiddiié des scolastiques), est le fondement de Vètre et du non-ètre: l'être ne signifie pas l'apparition d'une chose créée de rien, et de même le non-être ne signifie pas le retour au néant. Le vrai sens de l'être et du 7ion-ètre n'est que le passage d'une forvie (ï une autre. Zarza applique ensuite la même idée à la matière primitive (ûX-^) ; ici, il ne cite aucune opinion; c'est donc sa propre pensée qu'il exprime -. Ces passages permettent de voir en Zarza, malgré les réserves dont il entoure son opinion, un partisan de la doctrine de l'éternité du monde; la Création, pour lui, n'est que l'organisation et la détermination de la matière préexistante et éternelle. Il est vrai qu'on peut citer d'autres passages où il semble rejeter cette opinion. Ainsi, dans la préface du Mekdr-Halm: « Un philosophe, dit-il. a voulu expliquer les versets du premier chapitre de la Gcnésc, comme s'appliquant à des périodes (c'est-à-dire au développement naturel du monde) ; mais s'il est amené ainsi à modifier le sens littéral des versets, il ne trouvera plus dans la Thôrà (le livre de la Loi) l'idée de la création originale du monde, ce qu'il est défendu de penser '. »