‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 25 sur 232 · Tite Live, Perioch. libri MX · texte numérisé non relu

Tite Live, Perioch. libri MX

LES SURVIVANCES DU TOTÉMISME CHEZ LEf ANCIENS CELTES ^^

il aggrava son incrédulité d'un sacrilège : les poulets sacrés étai<-nt des totems, non moins que les oies du Capitule. Pour expliquer l'ancien usage qui leur prescrivait d'entretenir ces oiseaux, les Romains avaient inventé l'histoire de l'attaque du Capitole par les Gaulois, reconnus à temps et repoussés grâce à la vigilance des oies de Junon. Nous avons déjà vu que les tribus totémiques actuelles expliquent souvent le culte qu'elles rendent aux animaux totems, ou les égards dont elles les entourent, par le souvenir de quelque service éclatant. Les explications de ce genre ne sont jamais sérieuses, d'abord parce que ce sont des sauvages qui les allèguent, puis parce que le sentiment de la gratitude, encore assez faible chez les civilisés, n'a guère pu tenir une grande place chez les primitifs : il faut enseigner aux enfants à dire merci. Si donc la fable romaine ne mérite pas plus de créance que celles dont nous entretiennent les Peaux-Rouges, force est de considérer l'oie comme le totem d'un ancien clan romain qui avait élu domicile sur le Capitole. Ce clan, dont le cognomen Anser conserve peut être le souvenir, avait des croyances analogues à celles d'un des clans bretons mentionnés par César: il entretenait des oies, non pour s'en nourrir, mais rehgionis causa. L'histoire des oies vigilantes est du même ordre que celle de la louve romaine, nourrice de Romulus et de Rcmus. Le totem du loup était très répandu en Italie, où certains prêtres s'appelaient////>? (Jiiipi en osque) ', comme certaines prétresses d'Artémis, en Grèce, s'appelaient ourses (ar/.to'.)-; on pourrtdt citer un bon nombre d'exemples de ces désignations, qui attestent l'existence de cultes totémiques où les fidèles, dans certaines cérémonies, revêtaient la peau de l'animal totem. Avant d'être identifié à l'Arès hellénique. Mars, le père de Romulus et de Rémus, était un loap, animal dont ses images portent la dépouille et qui est resté non seulement son attribut, mais sa victime favorite Or, la victime favorite d'un dieu, celle dont il revêt la peau, n'est jamais, à l'origine, que ce dieu

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