‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 26 sur 232 · Voir Frazer, Pausanias, t. IV, p · texte numérisé non relu

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lui-même: témoin l'Apollon Lykios des Grecs, dont on fit plus tard un tueur de loups; l'Apollon Parnopios, dont on fit un tueur de sauterelles; l'Apollon Smintheiis, dont on fit un tueur de souris; l'Apollon Sauroctone — en réalité Apollon Sauros — dont on fit un tueur de serpents; le Dionysos Bassareus, dont on fit un tueur de renards, etc. '. Le loup surmontait les enseignes romaines et Tacite savait encore que les animaux fig'urés sur ces enseignes étaient des animaux sacrés, non des symboles poétiques, puisqu'en parlant d'un peuple de la Germanie, les Aestii, il s'exprime ainsi: Insigne SUPER STiTiONis formas apraruni gestant"^. Quand les tribus romaines primitives se furent élevées au-dessus du totémisme, tout en conservant quelques usages et quelques tabous qui témoignent de cet état religieux, les vestiges du culte du loup donnèrent naissance à la fable de la fondation de Rome, comme celles du culte de l'oie à la fable de la victoire nocturne sur les Gaulois. Le totémisme a disparu à peu près partout, laissant, à peu près partout, des coutumes singulières que la curiosité humaine veut expliquer à tout prix ; il n'est donc pas surprenant que des légendes semblables à celles de Romulus et de Rémus aient pris naissance indépendamment dans divers pays ^. Ainsi l'ancêtre mythique du peuple turc est le nourrisson d'une louve, et d'autres tribus des steppes de l'Asie Centrale racontent des histoires analogues ■*. L'ancienne exégèse mythologique, en présence de pareilles concordances, admettait volontiers un emprunt; en 1887 encore, M. Keller ne craignait pas d'écrire : « La légende de la louve n'est pas un produit du sol italique {m'italisc/t), car nous pouvons la suivre clairement jusque dans l'Asie antérieure». Ainsi la louve romaine serait d'origine asiatique ! Ce n'est pas

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