‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 31 sur 232 · Cf. Lang, Afyl/i and riliial, 2e éd., t. II, p. 22L · texte numérisé non relu

Cf. Lang, Afyl/i and riliial, 2e éd., t. II, p. 22L

2. Cf. Frazer, Paiisanias, t. V, p. 289, et t. III, p. 368. Les My-'.itns doivent probablement leur nom à la souris {mus), comme les l.yiittis au loup.

3. Pour la prohibition de la souris, voir Lévilùjue, XI, 29. Pour l'offrande de souris d'or par les Philistins, I Sam. VI, 4, 5. L'allusion à la souris mangée riluellement pnr certains sectaires est dans Isaïe, LXVI, 17 ; voir aussi Ezécbiel, VIH, 10.

eût sans doute, comme les Bernois d'aujourd'hui, répondu en racontant une histoire : Artio avait délivré son canton d'un ours redoutable ; un ours avait fait découvrir un gué à une troupe d'Helvètes; Artio exigeait, pour quelque offense, le sacrifice annuel d'un ours, etc. La phase totémique remonte, en Europe, à un passé si lointain que l'antiquité classique n'en a

Fig. 16. — Serpant cornu sur uQ fragment du stèle à Savîgny-les-Beaune (i-f. p. T2).

jamais eu qu'une idée vague, exactement comme elle a ignoré les âges géologiques antérieurs au nôtre, qui était déjà aussi le sien. Si nous sommes mieux informés, cela tient à ce que nous avons retrouvé, dans les civilisations encore rudimentaires de l'Afrique, de l'Océanie et de l'Amérique, l'équivalent d'un état social et religieux qui a précédé de beaucoup celui des Grecs, des Romains et des Gaulois dont nous entretient la littérature. Ainsi, bien des survivances longtemps inexplicables, que les textes et les monuments révèlent chez ces peuples, deviennent claires ou, du moins, se rattachent à des conceptions plu-

t)2 LES SURVIVANCES DU TOTÉMISME CHEZ LES ANCIENS CELTES

générales, dès qu'on les étudie à la lumière de l'ethnographie comparée.

Le culte des animaux, c'est à-dire l'existence d'animaux individuels sacrés ou consacrés, ne constitue pas tout le totémisme ; par cette raison, il est prudent de dire qu'il n'y a plus, à l'époque historique, de religions totémiques dans le bassin de la Méditerranée'. Mais on se persuade facilement que la zôolàtrie, sous quelque forme qu'elle se présente, n'est intelligible qu'en tant que survivance d'un totémisme primitif et qu'il est légitime de conclure de l'une à l'autre. Nous avons, d'ailleurs, dans l'ancienne Egypte, l'exemple d'une religion à un stage intermédiaire entre le totémisme et la zôolàtrie. M. Frazer a écrit que l'Egypte était un « nid de totems » ; cela est vrai, mais avec cette restriction que l'Egypte historique est déjà sortie depuis longtemps de la période du totémisme strict, et que le culte des animaux tend à s'y concentrer sur quelques individus choisis, comme le bœuf Apis ou le crocodile de Thèbes 2. « Le totémisme pur, dit ailleurs M. Frazer, est démocratique ; c'est une religion d'égalité et de fraternité ; chaque individu de l'espèce totémique en vaut un autre. Si, par conséquent, un individu de l'espèce s'élève à la dignité de frère aîné . . . s'il occupe un rang supérieur en dignité, le totémisme est pratiquement abandonné et la religion s'achemine, en même temps que la société, vers le monarchisme »^. Or, cette forme décadente du totémisme ne se constate pas seulement dans l'ancienne Egypte : on l'a signalée dans l'Amérique du Nord, au Pérou, en Patagonie et ailleurs. Il n'en est pas moins certain que les atténuations du totémisme et même les superstitions populaires, qui en sont les dernières survivances, ne peuvent s'expliquer, logiquement et historiquement, que par

1. Toutefois, M. Victor Henry exagère singulièrement, pour ne pas dire plus, lorsqu'il prévoit le jour où « il sera aussi mal porté de parler de totem ailleurs que chez les Peaux-Rouges, ou de tabou hors de Polyuésic, que de prendre Cannes des Alpes-Maritimes pour le théâtre de la victoire d'Annibal > [Rev. critique, 1900, I, p. 132;. N'est-ce pas là nier l'évidence ?

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