‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 32 sur 232 · l*"razer, Le totémisme, trad. franc. (1898), p · texte numérisé non relu

l*"razer, Le totémisme, trad. franc. (1898), p

l'hypothèse d'un totémisme strict à l'oriy^ine. Cela dit, nous allons passer en revue les animaux sacrés de la religion celtique, disjecta membra d'un panthéon zôomorphique qui n'est pas, à la vérité, le totémisme, mais le présuppose, comme les blocs erratiques témoignent des fleuves de glace disparus.

Une des divinités celtiques les mieux connues est Epona, dont plus de 120 monuments nous ont conservé le nom ou l'image ^ On la représente, à l'époque de la domination romaine, tantôt à cheval (p. 33, iig. 2), tantôt assise entre des chevaux ou nourrissant des poulains. L'existence de ces deux types suffit à prouver qu'Epona n'était pas conçue comme une déesse écuyère, mais seulement comme une protectrice des chevaux. Elle est une déesse chevaline, comme Artio est une déesse iirsine et son nom dérive de celui du cheval, en celtique epos, comme celui d' Artio dérive de celui de l'ours, artas. Si donc nous avons eu raison de voir dans Artio une déesse ourse, plus tard dédoublée, la même conclusion est légitime pour Epona. J'ajoute que dans le catalogue des monuments relatifs à cette déesse, figure un bas-relief de Chorey (Côte-d'Or), où l'on voit seulement une jument tétée par son poulain '-. Epona est absente, et cependant cette sculpture présente une frappante analogie avec celles où la jument, accompagnée de son poulain, est montée par Epona ^. Ainsi, même à l'époque gallo romaine, on n'avait pas complètement oublié la vieille conception zôomorphique d'Epona*.

En 1861, on a découvert à Neuvy-en-Sullias (Loiret) une collection de statuettes et de statues en bronze qui paraît avoir composé le trésor d'un temple ^. Les statuettes représentent

1. Au catalogue des monuments relatifs à Epona, que j'ai dressé en dernier lieu dans la Revui avchéologiqu-, 1899, II, p. 62-70, il faut ajouter ceux que j'ai énumérés ibid., 1903, II, p. 348.

Page 1