lievue archéoL, 1899 II, p
duit dans les clans des animau> comme dans ceux des hommes. Si l'on remonte d'un degré plus haut, on se trouve en plein totémisme et l'existence de serpents totems en Gaule a d'autant moins lieu de nous surprendre que les clans-serpents se sont rencontrés et se rencontrent encore en divers lieux.
Les auteurs anciens, pour ne citer qu'eux, nous parlent de trois peuples ayant le serpent pour totem, les Psylles de la Marmarique, les Ophiogènes de Parium, enfin les Marses de l'Italie '. Psylles, Ophiogènes et Marses passaient pour insensibles aux venins des serpents et capables d'en guérir les effets sur d'autres, ce qui est un premier caractère totémique. « En Sénégambie, dit Frazer, les totems, s'ils sont des animaux dangereux, ne font pas de mal aux gens de leur clan. Par exemple, les hommes du clan du scorpion affirment n'être jamais mordus par ces animaux, même s'ils courent sur leurs corps- ». Le nom des Ophiogènes, ou descendants des serpents, implique également une conception totémique. Enfin, les anciens racontent que les Psylles explosaient leurs enfants nouveau-nés au contact des serpents pour s'assurer de leur légitimité. L'enfant légitime était épargné ou guérissait rapidement s'il était mordu'. Il y a là une ordalie primitive dont les clans totémiques actuels offrent des exemples. Ainsi, chez les Moxos du Pérou, dont un des totems est le jaguar, un candidat au rang d'homme-médecin doit prouver sa parenté avec ce fauve en s'exposant à sa morsure *. Ces faits rappellent immédiatement la célèbre ordalie des Celtes, qui confiaient leurs enfants aux flots du Rhin afin de s'assurer qu'ils étaient bien de leur race ^. Or, M. d'Arbois de Jubainville admet l'existence du nom propre Rlienogenos et pense qu'un vers de Properce sur Virdomar atteste, chez certaines tribus gauloises,