L'Anthropologie, 1899, p. 6G
2. Amfihi-dromia, la « course autour », la « course circulaire ». .S. Fustel de Coulanges, f.a cité antique, p. 53 (éd. de 1879).
138 L'AMPHIDROMIE
mie était observé seulement à l'occasion de Ui naissance d'un fils. Les textes ne disent rien de la sorte : ils impliquent même nettement le contraire, car il y est question d'un enfant sans acception de sexe, zl pfjs'foç'. Il n'est donc pas possible de considérer l'amphidromie comme une sorte d'initiation à la religion du foyer dans le sens strict où Fustel l'a entendue.
En second lieu, Fustel affirme que l'enfant, porté rapidement autour du feu sacré, reposait sur les bras d'une femme. Schoemann- dit que cette femme était soit la grand- mère, soit une de celles qui avaient soigné l'accouchée. M. Saglio'' croit savoir que l'enfant était tenu par tà'u.v de ces femmes, ce qui devait être bien incommode pour elles et pour lui. Le dernier auteur qui ait traité de l'amphidromie, M. Stengel*, prétend que c'était «probablement la nourrice». Aucune de ces assertions n'est étayée d'un texte ; il n'y a là qu'une de ces vieilles erreurs qui se transmettent, avec une ténacité singulière, de mtmuel en manuel. L'enfant n'était tenu ni par une femme, ni par deux femmes, mais par un homme, qui était probablement son père.
Le dire fie M. Saglio, que l'enfant était tenu par deux femmes, remonte sans doute à quelque auteur moderne qui aura voulu expliquer ainsi la préposition à;j.rft dans àp.'f '.8pO[A{a. L'idée même que l'enfant était porté par une femme dérive d'un texte manifestement altéré du scholiaste de Platon, qui est en contradiction avec tous les autres. Harpocration, Hésychius. Suidas se servent du masculin pour désigner ceux qui portent les enfants autour des autels. Le scholiaste de Platon' emploie exactement les mêmes termes que les auteurs susdits (il copie la même glose d'époque alexandrine), mais il écrit tpj^^oroat (fém.), au lieu de Tp=)(ovrsc (masc). Comme l'a déjà fait observer Preuner en 18U4", c'est là une erreur évidente