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S. Hartland, Tke legend of Ferseus. t. II, p

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matériel, entre les membres du clan. Lorsque M""^ de Sévigné écrivait à sa fille: «J'ai mal à votre tète», elle donnait une forme littéraire charmante à un sentiment qui reste vrai en tant que sentiment, mais qui, aux yeux des primitifs, était l'expression exacte de la vérité. Il y a comme un retour à ces croyances de sauvages, avec la réflexion et une livrée scientifique en sus, dans les nombreux phénomènes de télépathie allégués de nos jours et qui, dans la plupart des cas, impliquent un contact à distance entre deux membres d'une même famille, entre deux rameaux séparés, mais issus d'un même tronc.

MM. Tylor et S. Hartland ont très justement reconnu qu'il faut chercher dans cet ordre d'idées, et non ailleurs, l'explication de la coutume dite de la coi/vnde, au sujet de laquelle on a émis tant d'hypothèses vaines'. Le trait caractéristique de cette coutume, déjà constatée par les anciens et qui a laissé des traces dans les deux inondes, mais surtout en Amérique, c'est que le mari, après l'accouchement de sa femme, observe un repos complet pendant plusieurs jours. On a pensé que c'était là une manière d'affirmer à tous les yeux sa paternité; mais une pareille solution, impliquant à la fois des idées morales et le souci du qu'en-dira-t-on, est inadmissible /? /;vV>W. En revanche, si l'on se rappelle les faits que nous venons de citer, il paraît évident que l'idée première est celle-ci : l'accouchée étant condamnée, par sa condition, à une inaction relative, il faut aussi que le père, guerrier ou chasseur, soit tenu, dans l'intérêt de rcnfant, d'éviter les mouvements fougueux et la fatigue, parce que l'enfant, par sympatliie, s'en ressentirait. Il s'astreindra donc au repos, il se couchera même, et sera traité par ses voisins comme une accouchée. Tel est le thème primitif sur lequel s'est exercée la fantaisie populaire, une fois surtout que l'usage, conservé par la tradition, eût cessé d'être compris de ceux qui s'y conformaient'-.

1. Cette explication avait déjà été suggérée, au XVIIT' siècle, par le Père jésuite I.afitau.

2. M. Couraye du Parc, employé à la Bibliothèque Nationale, veut bien me signaler .'i ce propos un fait très curieux ; < Il y a environ vingt ans, m'écritil, mes sœurs ont assisté h l'enterrement d'un enfant mort à quelques mois ;

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La même conception se reflète dans les cas, également fort nombreux, où l'un des parents de l'entant se livre à un exercice ou à un acte destiné à accroître, par sympathie, l'aptitude de l'enfant à la répétition de cet acte ou de cet exercice. Le nouveau-né a besoin de repos et de soins: de là, l'usage de la couvade. Mais le nouveau-né doit devenir,le plus tôt possible, un membre actif, endurant et utile de la société : de là, par exemple aux îles Célèbes, la fustigation à laquelle les voisins soumettent le père du nouveau-né et l'usage qui veut que le père, après avoir subi cette épreuve, tire trois flèches au dessus de la case en criant: «Puisse mon fils devenir un vaillant guerrierM » Mais on peut alléguer des faits observés plus près de nous. Dans l'Altmark, au témoignage de Temme, la mère lit avec application sa Bible et son recueil d'hymnes pendant le baptême de l'enfant, afin, dit-elle, qu'il devienne capable d'apprendre plus aisément sa religion. Aux fêtes du baptême, dans la même province, la mère doit manger de tous les plats pour que son enfant grossisse et prospère. En Thuringe et dans FErzgebirge, la même superstition existe; mais là ce n'est pas la mère, c'est le parrain qui doit goûter à tous les plats. Grimm, qui a rapporté ce fait, ajoute que le parrain, en revenant de l'église, doit précipiter ses pas, afin que l' enfant appi'enne bien vite a courir.

Ceci va nous ramener à la coutume grecque qui a été le point de départ de cette étude. De tous les maux, en effet, qui peuvent menacer un jeune enfant, le plus redoutable, autrefois comme aujourd'hui, c'est d'être privé de l'usage de ses mem-

c'était à Annonville, petite commune du littoral dans l'arrondissement de Coutauces (Manche). Kn attendant la levée du corps, le petit cercueil est déposé au milieu de l'unique pièce ; il est 3 heures de l'après-midi, et le feie et la mère sont couchés dans leur lit, dont les invités s'approchent tour à tour pour faire leurs compliments de condoléances, auxquels répondent des gémissements aigus qui font encore partie de l'étiquette requise en pareille circonstance. Tous ces détails me furent racontés par mes sœurs à leur retour de la cérémonie; elle avaient la conviction que l'attitude des parents était bien une sorte de rite funèbre et une tradition ». La connexité de cette pratique avec le groupe d'usages dont la couvade est le plus connu paraît, en effet, très vraisemblable.

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