S. Hartland, op. laud., t. II, p
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bres, de ne pas pouvoir marcher. Au contraire, l'enfant qui marche de bonne heure donne témoignage de sa santé et de sa force ; c'est un privilégié et l'on citait en Grèce, comme un exemple de la faveur spéciale d'Asklépios, le cas de l'enfant de Cleo, qui avait marché dès le jour de sa naissance. Le souvenir de ce petit prodige nous a été conservé par le premier registre des guérisons miraculeuses découvert à Épidaure : « Cleo, après cinq ans de grossesse, vint en suppliante vers le dieu et s'endormit dans Yahaton ; dès qu'elle en fut sortie et eut franchi les limites de l'enceinte sacrée, elle mit au monde un garçon qui, à peine né, se lava lui-mcine h la fontaine et marcha à côté de sa mère^. »
Il semble assez vraisemblable, au point où nous sommes, que la course autour de l'autel, détail essentiel de la fête de l'amphidromie, avait pour objet, à l'époque préhistorique où elle fut instituée, d'agir par sympathie sur les muscles de l'enfant' et d'accroître son aptitude à la course. Cette vraisemblance devient presque une certitude à la lumière du fait suivant, rapporté par Grimm-. Chez les Esthoniens, le père de l'enfant que l'on baptise court autour de l'église, pendant la cérémonie, afin que l'enfant puisse apprendre à courir vite. Si l'on réfléchit que l'autel de l'Église chrétienne est l'équivalent du foyer familial des anciens âges, on est frappé de l'analogie entre ce baptême esthonien et la fête de l'amjjhidromie athénienne. De part et d'autre, nous trouvons un rite d'initiation, la présentation de l'enfant à l'autel ; de part et d'autre, ce rite est accompagné d'une course du père — ici autour du foyer, là autour de l'autel — qui a pour objet d'assurer à l'enfant la force et l'agilité qu'on lui souhaite. Et l'on comprend maintenant pourquoi le rite de l'amphidromie est accompli par un homme nu, non par une femme : c'est le coureur, dans le costume élémentaire de la course, qui doit donner l'exemple et comme rimi)ulsion au nouveau-né^.
1. S. Reinach, Chroniques d'Oiient, t. I, p. 65. 11 est vrai que cet entant nouveau-né vivait depuis cinq ans !
2. Grimm, Deutsche Mythologie, éd. K. Meyer, t. 111, p. 489 (40).
3. Je me demande aujourd'hui, en réimprimant ce mémoire, s'il ue s'agit
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Un scholiaste d'Aristophane', s'écartant du témoignage des lexicographes, dit que l'amphidromie est une course exécutée par des hommes autour de l'enfant couché. Il ne faut pas, comme on le fait généralement, écarter ce texte comme résultant d'une erreur. A côté de l'usage athénien ou ionien, connu par Harpocration et Hésychius, il a pu exister des coutumes un peu différentes dans d'autres villes grecques. Au point de vue du folklore, celle que nous venons d'indiquer s'explique aussi bien que l'autre, car, si notre interprétation est exacte, le fiiit que le coureur porte l'enfant autour de l'autel n'est qu'un détail secondaire dans l'ensemble de la cérémonie.
pas plutôt d'un cas de nudité rituellf, comme dans le précepte Niidus ara, sert nudtis (Virgile, Géorg., I, 299).