‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 65 sur 232 · Cf. Hermet, Bulletin arch. du Comité, 1898, p · texte numérisé non relu

Cf. Hermet, Bulletin arch. du Comité, 1898, p

payne' et un petit nombre de figurines de bronze dont la provenance gauloise n'est pas certaine-.

Les ruines de Bibracte, que feu Tischler appelait une Potnpèi gauloise, n'ont pas fourni de monuments de sculpture^, alors que l'industrie de l'argile, des métaux et de l'émail y avait atteint un haut degré de perfection. Si donc les habitants de la Gaule, entre l'époque des dolmens et celle de César, ne~ nous ont pas laissé de statues, c'est qu'ils n'ont pas voulu en faire, et l'hypothèse d'une interdiction fondée sur des idées religieuses se présente naturellement à l'esprit.

Au cas où cette hypothèse pourrait être démontrée, il en résulterait une conclusion très importante : à savoir que les idées religieuses des habitants de la Gaule celtique n'ont pas varié, sur un point essentiel, depuis la période des monuments mégalithiques jusqu'à la conquête de César.

Au fait attesté par le résultat négatif de tant de fouilles, que les Gaulois n'élevaient point de statues, on a souvent opposé un texte très connu de César, suivant lequel les Gaulois ont pour principale divinité Mercure, dont il existe, nous dit-il, de nombreuses images, plurima siniulacra. Mais je crois avoir démontré* que ce texte ne dit point ce qu'on lui fait dire. César entend par siimilacra Merciirii les pierres debout ou menhirs, r|ui devaient naturellement suggérer à son esprit, ou à celui de l'écrivain grec qu'il a suivi, l'idée des Hermès ( Epjj.at) ou piliers carrés qui passaient pour les plus anciennes représentations symboliques de ce dieu. Il y a là, sur le sol même de la Grèce, une survivance de l'époque où toutes les divinités étaient figurées par une pierre non sculptée, XiOoç

1. Mém. de la Soc. des Antiq.^ t. XLVI, p. 112; Bullet . arch, du Comité, 1887, p. 331. Cf. Congres internat, de 1889, p. 311 et S. Reinach, La sculpture en Europe avant les influences gréco-romaines, Angers, 1896 (extrait de V Anth ropologiey

2. Lunkhofen, Rev. archéol., 1879, II, p. 52 ; Domèvre en Haye, Journal (h la Soc. d'arcliéol. lorraine, juillet 188G.

3. A l'exception d'une petite tête de taureau en bronze, conservée au Musée de Saint-Germain.

4. Revue celtique, 1890, p. 224. D'autres archéologues, des le début du XIXe siècle, avaient émis la même opinion.

àp-foç, xùov, ou par un morceau de bois équarri, aavig. Ainsi Pausanias, après avoir décrit les trente piliers quadrangulaires qui représentaient, à Pherae en Achaïe, les images d'autant de dieux, ajoute qu'autrefois, chez tous les Hellènes, les pierres brutes tenaient lieu d'imag'es du culte : Ta os ï:: zakaxét&çio. v.a.1 totç zà-siv "EXXYjat Ti.[i,àç ■ô-sûv àvil à-(aXiJ.àtiuv etyov àpfoE XfO'Oi (VII, 22, 3). TertuUien parle de la Pallas Attique et de la Cérès Pharia (ou Raria, c'est-à-dire d'Eleusis?) « quae sine forma rudi palo et solo staticulo ligni informis repraesentantur'. » A côté des textes antiques, qui sont nombreux et ont été souvent réunis-, on peut alléguer aujourd'hui des œuvres mêmes trouvées sur le sol de la Grèce, telles que la Héra de Samos et l'Artémis de Délos, où l'on surprend nettement comme la transition entre le pilier et la statue. La transition est encore plus frappante lorsque la statue affecte la forme d'une colonne et porte une inscription à sa partie antérieure : tel est le cas de la figure du roi Panammu, récemment découverte à Sindjirli en Syrie et transportée a Berlin.

L'assimilation des menhirs gaulois aux Hermès doit avoir été généralement admise lorsque les noms des diviniti^s romaines pénétrèrent en Gaule. C'est ainsi que sur le grand menhir de Kernuz (Finistère), une figure en relief de Mercure a été sculptée à l'époque romaine ; c'e.st ainsi encore que dans les environs de Péronne, on a découvert une statuette en bronze de Mercure au pied d'un menhir, qui sappelle dans le pays Pierre de Gargantua^.

Si les Gaulois n'ont pas fait de statues en pierre et en bronze, peut-on admettre qu'ils en aient sculpté en bois ? On allègue, à cet effet, un passage du III" livre de la Pliarsale où Lucain décrit une forêt .sacrée près de Marseille (v. 412 et suiv. i :

Simulacrai|uc macsta deorum Arte careat caesisque extant informia truncis. Ipse situs putrif]ue facit jam robore pallor

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