Cf. Rev.ie .el/ùjuc, 1^91, p
Attonitos ; non vulgatis sacrata figutis Numina sic metuunt ; tantum terroribus addit Quos timeant, non nosse deos.
Les commentateurs ont ordinairement conclu de ces vers que le lieu sacré dont parle Lucain contenait des statues en bois d'un travail grossier. Mais il semble, à serrer de près ce texte un peu vague, que Lucain (ou le prosateur qu'il suit dans ce passage) n'avait pas autre chose en vue que des piliers de bois et des troncs d'arbre. Le poète se sert du mot simulacriim, qui ne désigne pas nécessairement une statue, mais une image symbolique. Il dit ensuite que des représentations traditionnelles de divinités sous forme humaine (vulgatis sacrata figuris Nuiniua) n'inspirent pas autant de terreur et que la crainte est d'autant plus grande qu'elle a pour objet des dieux qu'on ne connaît pas. Cela ne s'appliquerait guère à des statues, pour informes qu'on pût les supposer, qui auraient été conçues suivant la formule antliropomorphique ; si l'on relit le passage en insistant sur les mots arte carent, qui signifient ~ non travaillés », on se convaincra, je crois, que si César a I^arlé de piliers en pierre, Lucain a voulu désigner des piliers en bois. Cela concorde parfaitement avec ce que dit Maxime de Tyr, que le dieu suprême des Celtes était un chêne élevé : ■ÏYa'jj.a SI A'.oç y.sXt'.y.ov 'J«|)TjX-Pj Sp'ji; ^.
Ainsi les Gaulois en étaient encore, à l'époque de la conquête romaine, au point où étaient les habitants de la Grèce à l'époque que l'on appelle pélasgique, alors que les Dédalides ne leur avaient pas encore enseigné à représenter leurs divinités sous forme humaine.
C'est précisément dans le même état que Tacite nous décrit les Germains. Le chapitre si ])eu satisfaisant qu'il consacre à la religion de ce peuple ^ commence à peu près comme celui de César sur la religion des Gaulois: Deoruni maxime Mercurititn colimt, dit Tacite ; daim maxime Mercurium colunt avait écrit César (VI, 17): mais tandis que César parle ensuite des