‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 67 sur 232 · Tacite, Germania, ÎX · texte numérisé non relu

Tacite, Germania, ÎX

simulacra Mercurii — nous avons vu que ce ne sont pas des statues — Tacite tijoute que les Germains n'enferment pas leurs dieux dans des temples et ne les représentent pas sous la forme humaine: Ceteruvi ncc cohiberi: parietibus deos neqiuin ullain hmnaiii oris specieni assimulare ex ntagnitudme Caelestium arbitraiitur : lucos ac neinora consecrant deoruinque iiominibus appellant sccrctum illud quod sola reverentia vident^ Cette phrase nous apprend que les Germains n'ont ni temples ni statues de leurs dieux et les motifs que Tacite allègue de cette répugnance pour les simulacres paraissent exprimer, sous une forme un peu trop philosophique, l'effet d'une interdiction religieuse.

Le témoignage d'Hérodote au sujet des Perses n'est pas moins formel': llspoa; Si ot5a ^'j\\.'Ay. toiotoKs ^ps&[j.àvcÉOi;, àyâ).- [j.aTa (AÈv xaî v/joùç xal p(rt(i,oùi; oôx iv v&|i.{p î:ciêD(j,ivo'jç topiat^ai, àXXà •/.olI Z'âz'. jtotîô'jt [j.(ûp''Yjv èTtffâpoorsi, loç |j.èv ijj.oî oo-Aâsiv, ôts ciày. âvîlpio- TtO'fDEâç èvô|Jiia5.v t'/jç \)-eoôç xafl-àzep ol ''EXXy)vîç s'.va'.. — C'est parce que les Perses, à la différence des Grecs, ne se figuraient pas les dieux à l'image de l'homme qu'ils ne leur dressaient ni statues, ni temples, ni autels, et qu'ils traitaient d'insensés ceux qui en élevaient. Ici encore, l'influence d'une prohibition religieuse est incontestable.

Nous trouvons quelque chose d'analogue à Rome. Dans un passage sur lequel nous reviendrons, Plutarque raconte que Numa a interdit à Rome les images anthropomorphiques et zoomorphiques des Dieux. Aussi, dit-il, il s'écoula cent soixante-dix ans sans que les Romains, qui construisaient cependant des temples, y fissent figurer des statues.

Lorsque nous apprenons par un auteur ancien qu'un peuple n'a pas élevé de statues à ses dieux, on ne doit pas toujours en conclure que sa religion lui en ait fait un crime, comme nous le savons, par exemple, des Hébreux, Pour élever une statuej il faut non seulement en avoir l'idée et le désir, mais en être capable. Nous n'avons rigoureusement le droit d'admettre une interdiction religieuse que là où nous trouvons

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