‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 69 sur 232 · Plutarque, Numa, VIII · texte numérisé non relu

Plutarque, Numa, VIII

Clément d'Alexandrie' répète le même témoignagne, mais il attribue la défense des statues à l'influence des livres de Moïse, que Numa, suivant lui, aurait pu connaître.

Il paraît résulter du texte de Plutarque que si la doctrine de Pythagore ne prohibait pas formellement les images, elle leur était tout au moins hostile dans son esprit. Si Pythagore, en effet, avait été favorable à l'anthropomorphisme, ceux qui ont présenté Numa comme son élève auraient dû signaler, sur un point important, le désaccord entre le disciple et le maître ; or, loin de marquer un dissentiment, Plutarque insiste à cette occasion sur la concordance des doctrines, Tcavrâitao'.v à^sXtpâ. Cet argument négatif n'est pas le seul que l'on puisse alléguer. C'est pour avoir prêté aux dieux l'aspect extérieur et les passions des hommes qu'Hésiode et Homère furent si fortement malmenés par Pythagore'-. Les membres de l'ordre pythagoricien ne devaient pas porter l'image d'un dieu gravée sur leur anneau''. Enfin, on peut rappeler que le chef de l'école éléatique, Xénophane, qui s'est élevé avec plus de force qu'aucun autre philosophe ancien contre l'anthropomorphrsme, passait pour avoir entendu les leçons de Pythagore dans l'Italie méridionale.

Les anciens nous ont dit aussi que Pythagore ^lvait été l'élève des Druides. Nous trouvons ce renseignement dans Ammien Marcellin* et dans Clément'', qui cite à ce propos Alexandre Polyhistor, auteur d'un ouvrage sur les symboles pythagoriciens (uîf-t TioSavopixwv aojAlîoXwv).

Dans une assertion comme celle-là, il y a deux parts à faire. Elle se compose de l'expression d'un fait — l'analogie entre le pythagorisme et le druidisme — et d'une hypothèse, l'accointance des Druides avec Pythagore. L'hypothèse est naturellement sans valeur, mais le fait est précieux à recueillir, var il a été constaté par des hommes qui étaient à même de

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