H.ir., Carm., III
Il n'en est pas de même d'Ovide. Chez lui on rencontre les expressions Jio/is orbis, Hesperiiis orbis, orbis Scythicus ' et orbis entendu au sens de royaume ou de domaine : Di te siiiiivioveant orbe suo -. On peut donc dire que, en l'état de nos connaissances, l'emploi à'orbts dans le sens secondaire que nous étudions remonte à Ovide et qu'il a commencé par être poétique avant d'être admis par les prosateurs de l'ère impériale.
Les passages cités d'Ovide permettent de comprendre comment s'est opérée la transformation du sens à'orbis. La langue latine, surtout en poésie, n'aime pas les substantifs abstraits et emploie volontiers des adjectifs là où nous faisons usage de ces noms. Pour signifier l'orient, l'occident, le nord, l'extrémité du globe terrestre, elle devait dire le globe oriental, occidental, septentrional, extrême, orbis eoiis, occiduiis, arctous, cxtreniHS '•'•. De même, l'expression orbis romaniis, dont Je ne connais pas d'exemple littéraire eivant Lucain, ne signifie pas autre chose que la partie romaine du globe, rcgio roiiiaiiû. Une fois le mot orbis ainsi assimilé à celui de regio, on lui donna des épithètes géographiques précises, telles que Scythicus dans Ovide, Libyens dans Lucain, Assyrius dans Juvénal *, etc. Au l'"' siècle de l'Empire, l'emploi A'orbis dans le sens de regio devint très général; je vais montrer que, dans la Pharsale, cette acception est plus fréquente cjue celle à^orbis dans le sens de globe terrestre.
Orbis, au singulier, se rencontre 90 fois dans la Pharsale. De ces 90 exemples, nous devons en éliminer 13, où orbis signifie cercle, disque, roue, orbite, ccliptique » ; il faut ensuite mettre à part un 14® exemple, où orbis est précisé par le génitif terraruiii :
}■'.'. le terra ni /H ntiàt ctii debeat orbis
1. Orbis /Cous, Ovide, lùisles, IXI, 466 ; V, 557 ; lltsperius, Metam., IV, 622; Scythicus, Tris/.. III, 12, 51. Orbis Germaitus est dans la pièce douteuse Ai/ Uv., 391.