‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 86 sur 232 · lOid., XXXIV · texte numérisé non relu

lOid., XXXIV

r>. /*/(/., XXIV, 149.

Ces mots alius orlns, dont nous avons aussi trouvé des exemples dans Lucain, signifient, chez Lucain comme chez Claudien, une autre région de la terre, et non pas un autre corps céleste. C'est pour n'avoir pas étudié cette acception d'orôis dans la poésie impériale que Roget de Belloguet, Henri Martin et d'autres ont commis une grosse erreur en prétendant que, d'après la doctrine des Druides, résumée par Lucain, les âmes des Gaulois étaient transférées, après leur mort, soit dans la lune, soit dans le soleil. Voici le passage de la Pharsalc :

l'ol'is a-iictoril'us, umhrae Non tacilas Erebi sedes Ditisque prùfiindi Pallida régna petitnt ; régit idem spiritus artus Orbe alto ; longae^ canitis si rognita^ vitae Mors jiiedia esi . . ,^

Roget de Belloguet traduit : « Le même souffle anime vos membres dans un autre monde » ^ et il essaie de montrer que Yorbis alius n'est autre que l'astre lunaire ^. Henri Martin, dans un article ptiblié en 1866, a préféré entendre par là le soleil *. Toutes ces hypothèses ne tiennent pas devant le fait que les mots orl>is alius, dans la langue poétique de Lucain, ne peuvent pas désigner une autre sphère, mais seulement une autre région de la nôtre. Lucain a pensé aux îles des Bienheureux, que la tradition celtique plaçait au loin dans l'Océan, à l'ouest du groupe britannique. Il n'est donc pas question dans Lucain,. interprète du druidisme, d'une autre vie dans un autre monde, mais d'un prolongement de la vie terrestre et sublunaire dans une autre partie du monde : longae . . . vitae mors média est.

Ce résultat n'est pas nouveau, car les doctrines de Roget de Belloguet et d'Henri Martin n'ont guère trouvé de créance. En revanche, les considérations qui précèdent vont nous permettre de restituer avec certitude un vers attribué à Claudien. conservé seulement par un texte épigraphique et qui a été

■ 1. Lucain, V, 449-453.

Page 1