HiilFcn, Rôtit. .Millhiil., 1805, p
parfaitement raison de supposer que l'hexamètre de la dédicace peut avoir été composé par Claudien, poète qui jouissait alors d"une renommée attestée tant par l'épigraphie que par les allusions contenues dans ses poèmes. Le mot aniii' poteiis, par lequel débute l'hexamètre, se retrouve précisément dans la même pièce de Claudien sur le VP Consulat d'Honorius (v. 655) :
Et tjuos aymïpotens genitoy retr'''que prions Diversis gessere locis . . .
Mais comment restituer le dernier mot du vers épigraphique ? M. Hiilsen écrit arvjim, en rejetant kostein, agruin et aequor qui se sont présentés, nous dit-il, à son esprit. M. Bûcheler, reproduisant ce texte dans ses Carmina latiiia epigrapJiica (1895, n° 1803), écrit agruin, sans se douter que ce mot, venant au sixième pied, fait un vers dont un bon rhétoricien d'autrefois aurait jugé l'euphonie bien insuffisante :
Armipotens I.ibyi-a\cv liefendit Honorius agtum.
Le complément véritable nous est immédiatement suggéré par les conclusions de notre petit mémoire. Il faut lire:
Aymipot<:ns Libytitm défendit H'^norius orbem.
Libyens or bis, signifiant « l'Afrique », se lit deux fois dans Lucain :
Scipio, uiiles in Jtoc, Lihyco diix prinuts in orbe , . . ' Orant, expl'ireni Lihycunt uienior^tta per oybein Ntiniina . . . '
Nous avons déjà eu l'occasion de rappeler qu'Ovide écrit Scythicus orbis pour la Scythie ; que Lucain, outre Libyens orbis, emploie Latins orbis, Thessalicns orbis, que Juvénal dit Assyrins orbis, que Claudien lui-même écrit Eons orbis, Hesperins orbis. Claudien est si évidemment un imitateur de Lucain que l'exjjression de Libyens orbis devait se présenter tout naturellement à son esprit. La restitution orbem au lieu