Id., Germ
5. Première mention dans Lampride, ^//c.v. Sfv., (iO, (I. — L'inscription de Metz qui mentionne une Druis anlislita est fausse.
sont des diseuses de bonne aventure qui tré(juenteiit les carrefours et n'ont certainement rien de commun ni avec les Druides du temps de l'indépendance, ni avec les ff mines saintes de la Germanie.
Mêla place ses vierges prophétesses dans une île. Or, en lisant son ouvrage, on est frappé de voir que ce iju'il raconte des îles présente souvent un caractère fabuleux. On dirait qu'il a subi l'influence de quelque compilation grecque - [À 'iipwt, remplie d'histoires extraordinaires empruntées soit aux poètes, soit aux romanciers géographes comme Théopompe et Hécatée d'Abdère. Exemples:
I, 9, 5 : « En Egypte, on voit une île appelée Chemmis. sur laquelle s'élève, au milieu de forêts et de bois sacrés, ungrand temple d'Apollon, errer dans un lac au gré des vents ...»
II, 7, 2 : -Dans l'île d'Aria, consacrée à Mars, la fable rapporte (ut faludis traditur) ' qu'on vit autrefois certains oiseaux faire beaucoup de mal aux voyageurs qui voulaient y aborder, en leur lançant leurs plumes comme des traits.»
II, 6, 56 : «Dans les îles qui font face à la Sarniatie, la fable atte.ste et je lis même dans des auteurs qui ne paraissent pas indignes de foi {J>raeterquani qnod fabnlis traditur, anctorcs etiani, quos sequi non pigeât, invenio) qu'il existe des Oéones qui ne se nourrissent que d'herbes -' et d'œufs d'oiseaux de marais, des Hippopodes à pieds de cheval, etc. » ^. — La phrase suivante concerne l'île de ïhulé, Graiis et nostris celebrata carniinibris — preuve que Mêla se préoccupe, comme il convient à un rhéteur, de mentionner les noms géographiques qui se rencontrent chez les poètes*. A la fin du même chapitre, il nomme Talgé, dans la mer Caspienne (qu'il croit déboucher dans l'Océan boréal) ; fertile sans culture, elle
1. C'est une vieille légende aryonautique ; cf. O. Millier, Orchoiiteiios, p. 282.
2. Aveiitu, ce qui ne signifie pas avoine. Cf. Virg., Georg^., f, 154.
3. MûllenhofT (Dcutiche Alltytiimslutntte, t. 1, p. 491) croit que ce passage de Mêla dérive de Pylhéas.
4. On remarquera iju'il n'y a pas une seule mention de Thulé dans ce qui nous reste de la poésie grecque antérieure à Mêla.
abonde en fruits de toute espèce ; mais les peuples voisins regardent comme un sacrilège d'y toucher, parce qu'ils les croient destinés aux dieux. M. Erwin Rohde > a déjà fait remarquer le caractère romanesque de cette notice ; il a rappelé, à ce propos, les légendes qui couraient dans l'antiquité sur la piété des Hyperboréens, légendes auxquelles le roman d'Hécatée avait donné corps, mais qui remontent à une date bien antérieure, puisque Homère appelle déjà les Scythes Abiens « les plus justes des hommes » ^.
Quelle que soit la source immédiate de Mêla dans ce qu'il dit de l'île de Sena, on a lieu de supposer que le fonds de son récit est fort ancien. Je crois en trouver l'origine dans VOdyssét' même, ce prototype, comme le disait déjà Lucien, de tous les romans géographiques de l'antiquité ^
Chassé de l'île d'Eole, Ulysse, après dix jours et dix nuits, aborde en Lestrj'gonie, pays d'anthropophag-es où les nuits sont très courtes, comme dans la région septentrionale de l'Europe*. Puis il reprend la mer et touche à l'île d'Ea, où habitent Circé la magicienne et ses nymphes. Circé transforme les compagnons d'Ulysse en pourceaux, comme elle a transformé d'autres hommes en loups et en lions. Elle conseille à Ulysse d'aller consulter Tirésias aux Enfers et excite un vent favorable : une journée de navigation mène le héros au pays ténébreux des Cimmériens. C'est là qu'Ulysse creuse une fosse, offre un sacrifice et évoque les morts. La consultation finie, il revient dans l'île de Circé (chant XII).
Ainsi l'île de Circé est voisine de l'endroit où Ulysse trouve l'ouverture des Enfers. Les géographes anciens, qui raisonnaient sur le voyage d'Ulysse comme sur un texte révélé,