DF.S FAÇONS A DONNER A LA V\GT^ § 1. — SARCLAGES. — BINAGES
En dehors de la taille et de la direction des pampres dont nous avons parlé, du soutènement, du palissage et des préservations dont nous parlerons, on pourrait réduire Texpression des façons, c'est-à-dire des cultures et des soins à donner à la vigne à cette, formule : ne souffrir aucune végétation étrangère autour de la vigne, aucune végétation inutile sur la vigne.
La propreté absolue et permanente du sol, depuis les premiers mouvements de la sève jusqu'après la récolte, est la première condition de la santé, de la fécondation, de la fertilité et de la maturation du raisin.
Sarcler une vigne, c'est nettoyer le sol dans lequel elle végète, c'est enlever à l'aide de la main, ou d'un petit outil appelé sarcloir, les mauvaises herbes qui pourraient nuire à la végétation de la vigne.
Biner une vigne, c'est donner une façon légère à la surface du sol, c'est-à-dire, c'est remuer légèrement le sol à l'aide d'une binette pour rafraîchir le pied des plantes et
faira pénétrer dans le sol Fair et la, chaleur qui activent la végétation.
Les sarclages et binages, ordinairement au nombre de trois, doivent être portés à six s*il le faut, pour débarrasser le sol de toute plante étrangère; si les grandes herbes privent la vigne de respiration et de chaleur, les plus petites herbes maintiennent sur le sol une humidité nuisible et empêchent Taérage et Tinsolation de la terre. Une vigne plantée sur un gazon, fût-il tondu tous les jours, ne serait jamais fertile.
La vigne se plaît dans les sols arides à leur surface, dans les sols qui reçoivent directement Tair et le soleil, ces sols fussent-ils de cailloux ou de roc; Fhumidité et la fraîcheur ne sont favorables à la vigne que dans les profondeurs du sol, où ses longues racines savent les trouver : aussi les cultures profondes ne sont-elles point nécessaires à la vigne, surtout dans les terrams légers. Depuis longtemps, Texpérience a prononcé à cet égard.
Nécessité d'noe caltiire superficielle. — Les vignerons
d'Argenteuil se gardent bien, pendant le cours de la végétation, de remuer profondément la terre de leurs vignes, ib se contentent de racler très-superficiellement le sol, pour entretenir sa propreté. La pratique contraire, essayée souvent, a été définitivement rejetée par eux à cause de ses mauvais résultats. En effet, sauf Tenfouissement des fumiers et les opérations de provignage et de recouchage, qui nécessitent des mouvements importants de terrain, toutes les autres cultures de la vigne n'ont pour but que l'entretien de la propreté et Fazotage de quatre à cinq centimètres de terre : la culture, en dehors de ces deux buts, n'a aucune importance pour la vigne, qui s'accommode mieux d'une terre ferme et foulée que d'une terre légère et souvent remuée. Dans les vignobles en ligne, un sentier battu est une
CULTURE DE LA VIGNE. Vî
condition constatée de vigueur et de santé pour les deus rangs de ceps qui bordent ce sentier.
§ 3. — NÉCESSITÉ DE GARAimR LE SOL ET LES CEPS DE L*01IBRE
DES PiHPRES INUTILES.
Les observations qui constatent la nécessité d'entretenir la propreté du sol démontrent qu'il faut aussi garantir le sol et les ceps de Fombre produite par les pampres inutiles. €es pampres ont les mêmes inconvénients que des plantes étrangères, ils entretiennent la fraîcheur, Thumidité, et s'opposent à l'action bienfaisante de l'air et du soleil. La Touraine serait deux fois plus fertile dans ses beaux vignobles, et ses produits seraient bien supérieurs, si ses vieilles et respectables souches n'étaient pas recouvertes d*une chevelure luxuriante qui retombe en épais buissons, se liant les unes aux autres pour former des fourrés impénétrables. Les épamprages, les rognages et les accolages doivent être faits avec autant de soin que les sarclages, et leur nombre doit être proportionné à la vigueur de la vigne et à la nécessité de tenir constamment le sol des vignes libre et découvert. ,