TEMPS A CHOISIR POUR LES FAÇONS A DONNER A LA TIGNE
Temps & choisir pour lOner et sareler. — A CCS données»
générales j'ajouterai, comme faits d'observation, que les diverses façons à donner à la vigne dans le cours de sa végétation nécessitent chez le vigneron une observation attentive du temps : les binages, par exemple, ne doivent jamais être faits quand le sol est assez mouillé pour s'attacher aux pieds et aux instruments. Outre que, dans cette condition, les herbes séparées du sol et les graines en germination
reprennent facilement leur végétation," le sol, travaillé et pressé, acquiert une dureté extraordinaire par sa dessiccation ultérieure, il cesse d'être perméable, et la façon suivante devient très-difGcile. On ne doit jamais entrer dans les vignes et y travailler à la suite de pluies abondantes, il faut toujoursattendre que le sol soit ressuyé^ et le signe le meilleur de sa bonne disposition est la facilité du travail et surtout l'absence complète d'adhérence de la terre aux instruments de culture et aux pieds. >
Il ne faut jamais piocher, bêcher ni biner la vigne par les gelées fortes ou faibles. Au printemps, par exemple, tant qu'il gèle blanc le matin, il faut s'abstenir de tcnite culture du sol, non-seulement pendant la gelée, mais longtemps encore après son effet direct, parce que, lorsque la gelée disparait, elle laisse généralement le sol imprégné d'une humidité qui a les mêmes inconvénients que s'il était tombé des pluies abondantes; il faut donc attendre, pour ranuer un terrain, que le soleil lui ait rendu son état normal, et mieux encore, il faut attendre que la période des gelées blanches soit passée, parce qu'il est constaté qu'une vigne récemment binée est gelée complètement, alors que la partie de la même vigne qui n*a pas été binée n'est nullement atteinte. Je dirai incidemment ici que l'on observe la même différence entre la moitié d'une vigne bien entretenue de fumier et la moitié de la même vigne non fumée ; la première ne gèle pas, tandis que la seconde est entièrement détruite.
L'expérience prouve également qu'il ne convient pas d'ouvrir la terre à la suite des giboulées de neige ou de grésil, et généralement par les brumes glaciales. Un bon temps ou un temps inopportun ont une action favorable ou défavorable sur les façons qu'on donne à la vigne; elle en ressent longtemps les bons ou les mauvais elTets : le choix
CULTURE DE LÀ VIGNS. *i9
in temps le plus convenable pour les cultures a donc une très-grande importance et met en relief le tact et la sagacité . du vigneron. A l'égard de ses façons, le vigneron doit être un peu comme le bon jardinier, qui a ses jours de semis^ de repiquages, de sarclages, de bmages, de taille, etc. Le choix du temps propre à chaque opération est unedes con< ditions essentielles à la vigne comme au jardin.
Temps & choisir pour pincer» rogner et accoler. — Il
faut éviter de pincer, de rogner j d*épamprer et d! accoler la vigne après les grandes pluies, à cause du mauvais état du sol; mais, pour pratiquer ces opérations, il faut choisir, autant que possible, un temps doux et couvert, plutôt humide que sec. La sécheresse excessive et les grandes ardeurs du soleil exercent une action fâcheuse sur les pampres, sur les fleurs et sur les fruits dont les abris viennent d'être brusquement supprimés, et qui, le plus souvent, se présentent dans une position contraire à leur état normal. Un temps couvert, doux et légèrement humide, favorise le re placement naturel des feuille?., la cfe&trisation des plaies, et donne au cep le temps de se remettre ?n état de recevoir convenablement faction inen&isante d'un soleil qui le flétrirait s'il le surprenait dans le désordre de sa toilette