CHAPITRE ra
PALISSAGE BT PRËSBKVATION DE LA TIGNK.
§ t. PUISSÀGE. — £CD1LA£SAGE. — FIL DS PEI.
PalissMce. — Le palissage a pour but de fixer soil à ua ëchalas, soit à une latte, soït à une ligne de fil de fer, les sannents et les pampres des ceps; i) a pour effet de tes main- Icnir dans la poiiition qu'en veut leur donner. En France, la plupart des vignes i^ont soutenues sur éctialas, c'est-à-diri sur desbâlous dont, la longueur varie de O'.SO à l^.SO.
Le palissage est «ne condition physiologique de l'existence de la vigne enlevée : la nature a pourvu la vigne de vrilles, au moyen desquelles elle s'avance et s'appuie ellemême dans l'état sauvage : elle s'en sert pour chercher l'aîr et le soleil, et pour soutenir le poids de ses rameaux et de ses fruits; ces attaches sont un élément important de sa sa vigueur : il faut donc donner artificiellement les appuis naturels dont elle est privée par la >ons jardiniers savent parfaitement que les fruits î bien soutenue et bien palissée sont plus beata 3 que ceux d'un cep abandonné à lui-même, el gnerong fixent la vigne avec le plus grand soin lises sarments et ses broches à l'époque de la
taille sèche et les pampres verts qui en sortent à mesure qu'ils se développent.
Palissasse sur on seol éehalas et palissage en ligne. —
De tous les moyens de soutènement de la vigne, celui que fournit le palissage d'un cep sur un seul échalas est le mode le plus vicieux, parce que le lien ou les liens, qui serrent tous les pampres autour de Téchalas, privent d'air et de soleil la plupart des feuilles et souvent les fruits : le palissage en ligne est le meilleur, il est parfaitement compris et pratiqué dans un grand nombre d'excellents vignobles, parmi lesquels on distingue particulièrement le haut Médoc.
Emploi des éehalas sans palissage. — ^ L'échalas sans
palissage est, dans quelques localités, employé avec une grande intelligence : à Chablis, par exemple, on plante jusqu'à cinq échalas pour un seul cep. Chaque échalas fixe un membre du cep à distance des autres membres du même cep, de façon à former un large éventail : aussi faut-il que l'année soit bien défavorable pour que le raisin n'atteigne pas, en ce pays, une maturité parfaite
Palissage sor nn eonrs de lattes on de 111 de fer tendu.
— Dans la méthode que je propose, on plante dix mille ceps par hectare; il faut employer vingt mille échalas; dix mille petits échalas de 0°*.50 à 0°*.60 de long sont battus en terre de 15 à 25 centimètres de profondeur, suivant la dureté et la solidité du sol, et sont fixés en Ugne avec les ceps à 1 mètre de distance en tout sens les uns des autres.
Le petit échalas (carasson du Médoc) est employé dans un double but : il sert, 1" à attacher la branche à fruits à 10 ou 12 centimètres du sol; 2° à porter au sommet de la branche à fruits, à 30 ou 35 centimètres du sol, soit un cours de petites laites en bois (haut Médoc), soit un cours de fil de fer tendu et tourné autour d'une pointe qui surmonte
chaque petit pieu. Ce fil de fer sert à palisser et à attacha^ les pampres pinces.
Les dix mille grands échalas, de l^.SO à l'.SO de long, sont mobiles et doivent être fichés vis-à-vis chaque souche pour qu'on puisse y faire grimper et y attacher les pampres de la branche à bois ou eourson (grav. 4, 5, 6).
La gravure 4 représente les petits écbalas plantés avec leur fil de fer tendu en tète; la vigne taillée avec sa branche à fruits et sa branche à bois ou eourson.
La gravure 5 représente le palissage d'une vigne en pleine végétation ; cette vigne a été épamprée, pincée et palissée au mois d'août et de septembre ; ses grands échalas soutiennent le futur bois de chaque souche. AA sont les branches à fruits palissées le long du fil de fer et des petits pieux. B6 sont les branches à bois accolées aux grands échalas.
La gravure 6 représente un cep isolé au même point de développement que les ceps représentés gravure 5, c'està-dire avec ses sarments fixés au fil de fer par un lien en jonc ou en paille.
Ce genre d'échalassage et de palissage est plus économique que celui qu'on emploie en Bourgogne et en Champagne : il ne nécessite que trois cents bottes d'échalas par hectare au lieu de six cents bottes, et 10,500 mètres de fil de fer, n^ 14, pesant, avec les pointes qui sont nécessaires pour fixer le fil de fer, 600 kilos à 60 centimes le kilo, ce qui élève le prix de cette fourniture à 360 fr. Or, en comptant la botte d'échalas de chêne à 1 fr. 50 seulement, la différence de dépense entre les deux méthodes est encore de 180 fr. au profit du palissage que je propose, palissage bien plus efficace et bien supérieur dans ses résultats en culture ordinairej et, en outre, le seul palissage qui rende possible l'emploi régulier des moyens de préservation de la vigne en culture extraordwaire.
J'appelle culture ordinaire de la vigne ou de toute autre
|il:iiitc la culture que pratique le vigneron qui suit la coulume locHlesans préoccupalion spéciale, sans frais d'intelli-
Si CtI.TDRE DE LA TIGHK.
geiiCË et par conséquent sans progrès. On taille, on laboure,
. on allache, on rogne, on récolte comme tout le mo^de, suivant la routine et en s' abandonnant au hasard.
La culture extraordinaire est celle que l'homme intelligent s'efforce d'élcTer par la science et par la pratiqué à la
hauteur de la production industrielle, c'est-à-dire à son plus haut degré d'utilité et de richesse : la pêche de. Mon-
treuil, le chasselas de Thomery, sont l'objet de cultures extraordinaires qui décuplent les rendements annuels et les valeurs foncières du pays qui les pratique.
§ â. — NÉCESSiré DE PRéSERYER LA TIGNB DES FORTES GBiiES,