CCLTIIRE DE LA VISSE
Grai. iî. — Tue pospectiie de icps ibrilét coaln U coulure.
Le paillasson, ^é lerticalemenl à O'-OS en arrière de ta souche, fcrlifie la grappe et lui fait prendre les dimensions des grappes de treille ; il avance la maturité du raisin de plus de huit jours, et perfectionne cette maturité d'une façon remarquable. C'est ce que j'ai constaté, et ce que M. Constant Charmeux a conllnné par sa pratique; il en a exposé les résultats dans une note lue à la Société centrale d'horticulture.
Lu gravure 14 représente en perspective des ceps en espalier devant des paillassons.
CriT. tt. — Tue d'un ccj en espaber i. l'est, nid, ou ind-eit du luilloSM» TeHkal (du 30 jnillel au 30 icptcmbre}.
Bien n'est plus agréable à voir que les lignes de pampres et de raisins mûrs devant les paillassons. Les feuilles y sont d'un vert foncé, et les raisins noirs s'y détachent avec vigueur.
Quatrième position. — Enfin, à l'arrière-saison, pour préserver les feuilles des gelées blatiches d'automne, et les fruits de la pourriture nar les pluies, on fait reprendre aux paillassons la position du i" avril au 5Q mai.
La gravure 15 représente en coupe et en élévation un cep dont la partie fructifère est recouverte par le paillasson, replacé presque horizontalemenL; le paillasson, fixé par sa fiche de support au grand échalas, repose par son milieu
sur fe petit échalas et le fil de fer qu'il porte : le grand éclialas est reporté en avant du cep.
Grai. 14. — Tue peripcctivo de cepi en espalier deiaut dei paillastons.
Cette couverture des lignes de raisins, à l'arrière-saisou, est pratiquée depuis longtemps avec un plein succès pai les viticulteurs de Thomery. M. Constant Charmeui m'a fait connaître tous les avantages de cette pratique, qui permet de laisser les raisins au cep jusqu'à la plus parfaite maturité et jusqu'aux fortes gelées de novembre, malgré les pluies et les gelées.
La gravure 16 représente en perspective les dispositions de la gravure 15.
IPriz des manœuvres des paillassons. — Ces quatre
positions nécessitent quatre manœuvres qui, y compris l'apport et l'enlèvement des paillassons, coûtent 100 fr., le orix de la journée de travail étant de 2 fr. par homme : un
Grar. iS. — Tœ d'un cep préflervé à l'amère-saison contre lei ploies et lef
gelées d'automne.
atelier de 10 hommes déroule et fixe en un jour les paillassons d'un hectare (10,000 mètres) : les manœuvres intermédiaires sont exécutées en un temps moitié moindre. Les frais de transport, remisages et réparations, presque nuls pendant le cours de la végétation, complètent le surplus de la dépense.
itavée et prix des paiUassons. — La durée des paillassons, en fil de fer inoxydable ou en ficelle imputrescible, et en paille de seigle, est d'au moins quatre ans; leur prix de revient, lorsque la fabrication en sera libre, n'excédera pas
gg CULTURE DE L4 VIGSE.
15 centimes le mètre courant; la fourniture d'entretien annuel par hectare n'atteindra donc pas 400 fr. Aujourd'hui, le prix de 20 centimes porte à 600 fr. l'entretien annuel de la préservation par hectare, et, si la récolle est doublée, améliorée et assurée chaque année, si les 30 heo-
Cnv. 16. — Vue en perspeclira de cep> abritéi oontie le* plalei et les gelém Jaulomne.
lolilres récoltés en sus de la récolte obtenue par la culture ordinaire, \alent 30 fr. l'hectolitre, si, à plus forte raison, ils valent dans les fins vignobles 50 francs, 100 francs même, les paillassons auront produit 900 fr., 1,500 fr. ei 5,500 fr. par hectare : ce qui vaut bien la peine de les ennploycr, ou, tout au moins, de les essayer, ne fût-ce que sur
un are. Je ne crains pas d'affirmer que Texpérience confirmera pleinement les résultats que j'annonce, puisque je les ai obtenus dans les conditions et dans les années les plus défavorables, et sur Téchelle assez grande de 5 hectares paillassonnés par 62,500 mètres de paillassons, parmi 29 autres hectares plantés suivant la même méthode, dansle même temps, dans le même lieu et avec les mêmes soins; les uns sans préservation, les autres préservés avec de& pailles, avec des foins, avec des branches de sapin, avec de& roseaux, avec des tuiles courbes dites faîtières, avec des planches, etc. Je n'ai pas employé les toiles, mais plusieurs^ propriétaires les employaient dans mon voisinage.
Inconvénients et insuffisance des moyens de préservation antres que les paiUassons. — Tous les autres
moyens de préservation sont plus coûteux que les paillassons, et ne peuvent que garantir les vignes des gelées de printemps en privant d'ailleurs les jeunes pousses d'air et de soleil, et préparant ainsi la coulure de presque toutes les^ grappes préservées de la gelée au prix de leur étiolement partie] ou coniplet.
lia préservation des gelées de printemps hors des conditions d'aérage et d'insolation indispensables au développement normal et physiologique du bourgeon n'est pas une préservation, c'est la destruction presque complète de la récolte. Je puis donner de cette assertion une preuve expérimentale bien concluante. En 1857, les vignes non protégées ont peu ou point souffert de la gelée de printemps à< Sillery et aux environs : dans le vignoble de 34 hectares que j'y ai planté, les grappes à la floraison se montraient aussi nombreuses dans les 29 hectares non paillassonnéfc que dans les 5 hectares paillassonnés ; mais la coulure fut nulle dans ces 5 hectares, et leur produit fut de 30 à 40 pièces à la vendange (en moyenne 35 pièces de 2 hecto-
litres), tandis que les 29 hectares non paillassonnés don* nèrent de 10 à 20 pièces (en moyenne 15 pièces à Thectare), la coulure ayant fait disparaître 50 à 60 pour 100 des grappes, bien que 6 hectares aient été abrités par des branches de sapin, et 6 autres hectares abrités par des foins de marais et des pailles superposés aux ceps. Les vignes des environs, protégées par des toiles, ont subi également les effets de la coulure, et n'ont pas dépassé la production de 10 à 20 pièces, c'est-à-dire de 30 hectolitres par hectare.
Avantages des paillassons permanents* — Les commissions des Comices de Reims et de Châlons, et la plupart des viticulteurs les plus expérimentés des environs, ont constaté, dans leurs fréquentes visites, que Tusage permanent des lignes de paillassons de 40 centimètres s'assodait parfaitement à la culture de la vigne; que, sous leur abri horizontal, les bourgeons ne gelaient pas et se développaient avec vigueur; que, devant leur surface moins inclinée, les grappes s'épanouissaient en volume et en branches, se fécondaient à merveille et nouaient complètement; que les lignes de ceps palissés le long des paillassons verticaux étaient d un vert foncé et leurs fruits d'un volume et d'une uniformité bien supérieurs à ceux des lignes voisines sans paillassons; enfin que, devant ces mêmes paillassons, la maturité était plus complète et surtout plus hâtive. Ces faits sont de notoriété publique dans Tarrondissement de Reims : ils ont d'ailleurs, pour la plupart, été constatés par des commissions et consignés dans des rapports et des procèsverbaux, dont les plus remarquables et les plus complets ont été publiés en novembre 1856 et en mars 1858 dans le Cultivateur de la Champagne faiV M. Dugué, ingénieur en chef, et M. Bancelin, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées.
L* aspect des vignes ainsi protégées par les paillîissons est vraiment admirable par la propreté, Télégance et la richesse de la végétation, surtout au moment où le raisin mûrit, alors que ses guirlandes colorées se détachent à travers une verdure foncée sur la couleur jaune du paillasson.
Ces résultats, je le répète, n'ont rien qui doive nous étonner. Les abris superposés contre les gelées et les pluies froides, les brise-vents et parois en paille, bois ou roseau au nord et à Touest des contre-espaliers pour réfléchir la chaleur, sont en usage de temps immémorial, et leurs effets sont connus de tous les jardiniers et de tous les arboriculteurs. J'ai donc simplement cherché à faire profiter la grande viticulture des moyens connus, en étudiant leur économie et leur pratique. Il suffit d'ouvrir les excellents ouvrages de M. Dubreuil, de visiter les treilles et les contreespaliers de M. Constant Charmeux à Thomery, de voir à Montreuil-aux-Pêches les effets des chaperons sur les magnifiques cultures de MM. Lepère et Malot, pour se convaincre que je n'ai fait que profiter de leur expérience et de leurs leçons. La dernière leçon que j'ai reçue mérite d'être racontée.
En août 1858, M. Constant Charmeux demandait à la fabrique de paillassons plusieurs milliers de mètres : je ne pouvais pas deviner l'usage qu'il voulait en faire à cette époque de l'année. J'allai le visiter à Thomery, et, là, j'appris qu'il se proposait de les étendre, vers le 15 septembre, horizontalement au-dessus des lignes de ses treilles en contre-espaliers, pour les préserver des gelées tlanches et des pluies froides. C'était déjà pour lui une expérience faite, qu'un abri superposé à l'automne conserve parfaitement les chasselas, perfectionne leur maturité, empêche leur pourri ture et permet de laisser les fruits aux ceps très-avant dans
la saison : M. Charmeux préfère les paillassons longs efc étroits à. tous les autres abris qu'il a essayés jusque-là, parce qu'ils remplissent mieux Tobjet qu'il a en vue, et parce qu'ils sont plus pratiques et plus économiques.
C*est donc sous son inspiration et par son expérience que je conseille la quatrième manœuvre des paillassons de la vigne. Je ne Tai point encore pratiquée, mais je suis certain qu'elle rendra d'immenses services pour préserver la vendange et perfectionner sa maturité (grav. 15 et 16, p. 97 et 98).
^jti effet, quel est le propriétaire de vignes et le vigneron qui ne se sont pas trouvés, à Tépoque de la vendange, dans une étrange perplexité? Le raisin n'est pas tout à fait mûr; tes gelées blanches menacent de faire tomber les feuilles et même d'atteindre le raisin vert, ou bien les pluies commencent et vont faire pourrir le raisin. Vendangera- t-on? Si l'on vendange, le vin est détestable; si l'on ne vendange pas, le raisin est gelé ou pourri. La quatrième manœuvre du paillasson fait disparaître toute hésitation. Les lignes de vignes sont abritées et le raisin peut attendre sa maturité, et presque toujours atteindre une période ultérieure de beau temps, qui, six fois sur dix années, fait regretter au propriétaire d'avoir vendangé trop tôt.
En dehors et en outre des préservations climatériques normales, le paillasson est encore un puissant palliatif contre les désastres de la grêle, surtout si la direction nordsud des lignes de la vigne permet de fixer le paillasson à l'ouest. Dans ce cas l'exposition des ceps est plein est, et j'ai constaté que c'est la meilleure de toutes les expositions.
Cle n'est pas le soleil levant qui détruit les bourg^eoiis-
refroidis. — L'idée généralement accréditée que les premiers rayons du soleil levant sont la principale cause de la*
CULTURE DE LÀ VIGNE. iO'S
destruction des bourgeons gelés ou refroidis est erronée. L'expérience directe et répétée me Ta démontré.
Toutes les lignes des 34 hectares du vignoble que j'ai planté, en 1850, à Sillery (Marne), courent nord-5ud ; en conséquence, la plupart de mes paillassons (59,000 mètres sur 02,500) s'ouvraient à Yest et recevaient la première action du soleil levant. Dans la nuit du 4 au 5 mai 1856 et dans celle du 6 au 7, une double gelée de 3 et 4 degrés a firappé tous les vignobles de la Champagne et surtout celui de Sillery. Justement alarmé du froid et du ciel clair de la soirée du 4, j'avais fait préparer 300 mètres de paillassons et donné l'ordre qu'en cas de givre pendant la nuit on plaçât ces 300 mètres du côté du levant des lignes de vignes non protégées ; le givre ayant été très-épais, la manœuvre fut exécutée de cinq à sept heures du matin, et terminée avant le lever du soleil. Le soleil se leva resplendissant, et, vers dix heures du matin, le désastre était complet et visible sur toutes les vignes non protégées. Tous les bourgeons placés sous l'aplomb des paillassons quoique recevant directement les rayons du soleil, étaient pleins de santé, tandis que les bourgeons qui avaient été mis à l'abri de ses rayons par les 300 mètres de paillassons étaient aussi complètement détruits que leurs voisins, qui, comme eux, étaient restés sans protection pendant la nuit : l'expérience a été renouvelée la nuit suivante sur une hauteur du vignoble où la gelée avait laissé la moitié des bourgeons non gelés, quoiqu'ils fussent sans protection. Ces bourgeons épargnés furent frappés dans la nuit du 5 au 6, et les 300 mètres de paillassons, posés devant 300 mètres de ces lignes avant le lever du soleil, ne sauvèrent pas un bourgeon. J'invite les viticulteurs, dans Fintérêt de la science, à répéter ces expériences au printemps prochain.
!«• Tcnt froid ne gèle pas les bourgeons. — Pour S op»
poser à Faction de la gelée blanche sur les bourgeons ou jeunes pousses des vignes, il ne s*agit point de mettre le cep à Tabri des vents du nord ou de toute autre direction, car les vents, même très-froids, diminuent le danger au lieu de Taugmenter. Il s'agit d'interposer un corps opaque entre le ciel clair et la plante à préserver. Ce corps s*oppose à la perte du calorique de la plante par rayonnement dans l'espace bleu du ciel, qui ne lui renvoie aucun rayon calorifique : tandis qu'un corps opaque quelconque, superposé, empêche les rayons calorifiques de la plante de se perdre dans l'espace, et renvoie à la plante une somme de rayons a peu près égale à celle que la plante émet.
A mesure que le bourgeon se refroidit, il condense à sa surface la vapeur d'eau de Tatmosphère et s'entoure ainsi de givre : tant qu'un bourgeon n'est pas couvert de givre avant le lever du soleil on peut être assuré qu'il n'est pas frappé de gelée : c'est en s'opposant à la condensation du givre que le vent diminue les chances de destruction.
Concours du biilon et en grtakd édialas h l'effet do
pauiasson. *— PouT assurcr la préservation des jeunes pousses de la vigne contre les gelées d'avril et de mai, il suffit que le paillasson^ soit étendu horizontalement, ou, ce qui est mieux encore, qu'il soit un peu ouvert du côté du levant ou du sud, à O^.IS ou O^.SO au-dessus des bourgeons à préserver. Mais, si les vignes sont à souches basses, comme je recommande de les établir, la préservation est plus parfaite et la disposition meilleure, si on les cultive en biilon.
Le biilon parallèle aux lignes doit être élevé de O'^.SO à 0".50 et être rapproché de la ligne de ceps, qu'il doit concourir à abriter, au point que la base de ces ceps soit com-
' Les paillassons doivent être posés du 25 mars tu 15 avril et>autant <jae possible avant la sortie des bourgeons.
prise dans la pente est ou sud du billon (grav. 7 et 8). Le grand échalas étant préalablement planté à 0".20 en avant de la souche, une petite barre en bois lui est attachée d'un côté, de l'autre côté elle est piquée ou simplement posée sur le sommet du billon (grav. 7 et 8). Cette disposition, répétée de mètre en mètre, vis-à-vis de chaque souche^ forme une série de petits chevrons sur lesquels on n'a plus qu'à dérouler le paillasson d'un bout de la ligne à l'autre; on l'attache ensuite solidement à chaque petit chevron au moyen d'un lien en fil de fer recuit, n* 4, à 0".05 ou 0".06 du grand échalas. Cette seule attache suffit à toutes les manœuvres qu'on doit ensuite pratiquer.
A partir du 25 mai au 5 juin, le vigneron, en donnant un binage, abat les 2/3 du billon, repique le grand échalas plus près de la souche et obtient la disposition contre la coulure (grav. 11). Enfin, à partir du mois de juillet, le vigneron fait disparaître dans un autre binage le billon tout entier, repique le grand échalas derrière la souche et obtient la disposition en espalier (grav. 13 et 14). Dans la quatrième manœuvre (grav. 15), le grand échalas est simplement rapporté et repiqué en avant de la souche en infléchissant le cep, qui se prête d'ailleurs parfaitement à cette manœuvre.
La plupart des vignes précieuses actuellement existantes, et non préparées pour la préservation, si elles sont en lignes, peuvent recevoir sans difficulté la protection du paillasson; il suifit de fixer le paillasson à 0°'.15 ou 0°'.20 audessus des ceps au moyen de petites barres en T ou de petites fermes en forme de 4. Si les vignes à préserver ne sont pas en lignes, rien n'est plus facile, datas la plupari des cultures, que de les ramener à la ligne par un recouchage. Non-seulement les ceps se prêtent à cette manœuvre, mais encore ils en tirent une plus grande vigueur et une
plus grande fécondité (toutefois un peu au détriment de la qualité, la première année). Les vignes, ainsi alignées par leur recouchage, ont leurs sarments tout près de terre; on peut alors planter obliquement les échalas ordinaires en arrière et au-dessus des vignes, et attacher le paillasson au bas de ces échalas de façon qu'il recouvre parfaitement les bourgeons ; on redresse les échalas et le paillasson après lepoque des gelées. Un propriétaire de Sillery, M. Lelorrain, a pratiqué avec succès cette méthode.
Les vignobles du haut Médoc sont admirablement disposés pour la préservation des ceps par leurs belles lignes régulières et basses. Les vignes de la grande Champagne peuvent facilement être mises en ligne par des recouchages annuels. Dans les crus importants de la Bourgogne, on obtiendrait le même résultat par un provignage superfiâel et général : dans ces deux derniers cas, les échalas ordinaires peuvent servir à la préservation suivant la méthode de M. Leiorrain.
mode de préservatioii ea asai^e tm Crimée. *— D me
reste à parler d'un mode de préservation des gelées d'hiver : ce moyen est en usage dans les vignobles de Crimée et des environs d'Odessa, et peut trouver d'utiles applications en France.
Dans la Russie méridionale, on enterre la vigne tous les hivers comme on enterre les figuiers à Argenteuil. Par ce procédé, le bois de la vigne échappe au froid le plus destructeur. Une fosse est pratiquée à la fin d'octobre au jÀed de chaque cep, ou bien un fossé est creusé le long de chaque ligne; les ceps y sont recouchés et recouverts nonseulement dé la terre extraite du tossé, mais encore des terres voisines, de façon à présenter une série d'ados et de sillons. Cette disposition assainit le gite du cep en le préservant d'un excès d'humidité.
Cette stratiScation produit sur la yigne le même effet que sur les figuiers, c'est-à-dire que, loin de nuire à la force de la végétation, elle la prépare et la rend plus vigoureuse et plus prompte en entretenant les rameaux dans une saturation permanente d'humidité : la précocité et la beauté des figues d'Argenteuil, ainsi que la fécondité constante des figuiers, ne sont dues qu'à la stratification hivernale.
J*ai expérimenté la stratification de la vigne sur soixante ceps enfouis à la fin de l'automne et relevés le 15 avril; ils se sont constamment couverts de fruits à tous leurs bourgeons, même près delà souche. En 1856, dans l'intention de retarder la pousse de ces soixante ceps et de les préserver des gelées du printemps, je ne les ai relevés que le 30 mai. Mais les bourgeons avaient poussé sous terre; ils étaient blancs; ils portaient tous leurs deux grappes qui n'ont pas résisté à la coulure. Dans le bas vignoble du Jura on enterre aussi les sarments pendant l'hiver.
Quelles que soient d'ailleurs les dispositions de la vigne de chaque pays, les populations viticoles sont tellement ingénieuses et actives, qu'elles trouveront promptement les meilleurs procédés de préservation pour leur mode de culture, aussitôt que les avantages de la préservation leur seront prouvés.