DEUXIÈME ANNÉE
La deuxième année est la moins dispendieuse de toutes les années pour les soins à donner à la vigne et pour son entretien. La vigne ne doit point encore recevoir d'échalas, et le peu de force et de développement de ses racines ne loi permettrait pas de profiter des engrais qu'on enfouirait» côté des ceps.
CULTURE DE LA VIGNE. .4t
Bemplacemcnt des plante enracinés qui n*ont pas
réussi. — On remplace du 1" novembre au 15 décembre le5 plants enracinés qui n'ont pas réussi. Si la plantation a été faite en bon plant bien frais et bien levé de la pépinière, il y a très-peu de manques, c'est-à-dire de plants morts : il y en a 1 à 2 pour 100 tout au plus; c'est donc pac hectare 100 à 200 plants à remplacer.
En levant le plant mort, on aura soin d'examiner si Tamendement, le compost ou le fumier n'ont pas été oubliés, ou s'ils ont été placés de manière à n'avoir pu profiter au cep ou même de manière à lui nuire; ce qui aurait lieu si le fumier de ferme était immédiatement mis en contact avee le chevelu. Ce contact sur la plus grande étendue des racines suffirait pour les faire périr; il faut toujours que le fumier firais en soit séparé par deux ou trois centimètres de terreau ou de terre franche. Il est bien entendu que lorsqu'on opère le remplacement, le plus grand soin doit être apporté à réparer les omissions ou le désordre, causes de la mort.
Le remplacement des plants enracinés ne m'a jamais coûté plus de 20 fr. par hectare.
Remplacement des plante de boutures qui n'ont pas
réussi. — Lorsque, faute de plant enraciné, la plantation a été faite en boutures, le nombre des manqties de première année est souvent très-considérable : en revanche les deux boutures placées dans chaque trou ont souvent réussi. On peut donc lever avec beaucoup de précaution une des deux boutures réussies et s'empresser de l'installer dans chaque trou dont les deux sarments seraient morts ; mais préalablement il faut ameublir la terre à la houe, refaire k la place de l'ancien trou une petite fosse dans laquelle on 5iettra le jeune plant avec terreau et amendement saupoudré habilement dans le chevelu jusqu'à ce qu'il en soit tout
pénétré et tout recouvert. En mettant le terreau et la terre, on a soin de soulever et d'abaisser alternativement le plant de façon à tasser la bonne terre autour des radicules, puis on ajoutera un litre de fumier de ferme par-dessus, enfin on recouvrira le tout de la terre voisine et Ton pressera fortement avec le pied tout autour du jeune plant.
Pépinières de remplacement. — Lorsqu'on a planté une vigne en boutiu*es, on a dû faire en même temps une pépinière en prévision de manques considérables ou même d'un insuccès général. Cette pépinière servira après la seconde feuille. Si on a fait la plantation en plant enraciné, il faut de même une pépinière de remplacement, mais très-petite.
Dans le cas d'un manque considérable de la vigne à boutures, il vaut mieux ne pas remplacer dès la première année les plants morts et attendre à la fin de la seconde ann^e que le plant de la pépinière ait pris assez de force pour que sa bonne reprise soit certaine. Cette année d'attente diminuera en outre le nombre des boutures à remplacer, car beaucoup de boutures, qui n'auront pas poussé la première annéc^ sortiront vigoureusement de terre à la seconde année. Ce fait que j'ai constaté bien des fois prouve surabondamment combien le sarment stratifié conserve longtemps sa force de végétation.
Dans tous les cas, lorsqu'on plante et lorsque l'on cultive les vignes dans l'intention de ne jamais provigner, il faut, comme on le pratique dans le Médoc, entretenir une pépinière qui offre toujours et tous les ans de quoi remplacer 2 pour 100 des plants du vignoble en plant de 2 ou 3 ans.
Terrasse. — Après le remplacement, la jeune vigne n'a plus besoin d'aucun soin pour l'hiver. Toutefois, si le sol en est pauvre et qu'on ait à sa proximité d'excellentes terrei végétales, c'est l'année et le temps qui conviennent le mieux pour faire un vigoureux terrage : 100 mètres, 200 et jus-
CULTURE DE LA VIGNE. Il»
qu'à 1 ,000 mètres de bonnes terres apportées par hectare et déposées en billons au nord ouest le long des lignes de ceps sont toujours une excellente opération, surtout si la terre piochée, chargée, transportée et mise en place ne coûte que de 0^.50 à 0^.75 le mètre cube, ce qui est le prix réel dans un grand nombre de circonstances : si on ne peut disposer que de quantités beaucoup plus minimes, 50 mètres cubes de bonne terre par hectare, c'est-à-dire 5 litres par cep, ne sont pas même à dédaigner, leur influence sur la vigne se fera avantageusement sentir.
Je dis que la seconde année est la plus commode et Thiver la meilleure saison pour les forts terrages, parce que la jeune vigne n'offre cette année-là aucun obstade à la circulation des ouvriers et des transports qu'ils ont à effectuer parce que son sarment est très-court et que le passage d'une ligne à l'autre n'est point encore fermé par le palissage.
Taille. — De mars en mai, et mieux en mai, on procède à la taille, qu'on peut réduire à un précepte si simple, que
Grav. 17. ^ Sécateur.
tout le monde peut la pratiquer; couper au ras de la petite souche à l'aide d'un sécateur (grav. 17) tous les sarments, sauf un seul, le plu^ vigoureux et le plus près de terre et
rogner ce dernier sarment en lui laissant seulement un œil franc.
Le sécateur doit être préféré à la serpette pour la taille des vignes, malgré Fopinion contraire émise par des vignerons émérites et par des professeurs d'arboriculture d'une autorité incontestable. Les vignerons et les professeurs ont raison pour eux, parce que, grâce à leur adresse et à une longue habitude, ils taillent mieux et plus vite avec h «serpette qu'avec le sécateur, et qu'ils ne blessent jamais l'arbre ou la vigne, comme cela arrive presque toujours lorsqu'on emploie le sécateur; mais aussitôt qu'on fait tailler la vigne par de nombreux ouvriers et par les premiers venus, le sécateur permet une promptitude et une sûreté de taille que deux ans d'emploi de la serpette ne donnent pas à un ouvrier ordinaire. Quant aux froissements et aux écrasements causés par le sécateur, la vigne est tellement robuste, qu'e\ie en souffre peu ou point.
Si un ou plusieurs bourgeons sont sorti3 de terre, et que l'un d'eux ait absorbé la sève au point de se présenter comme le maître du cep^ c'est-à-dire d'être infiniment plus développé que les sarments réservés, c'est celui-là qu'il faut conserver, surtout si les sarments extérieurs sont rachitiques. Dans ce cas, on doit dégager la terre autour de la petite souche jusqu'à l'origine du sarment dominant et couper le vieux bois au ras de ce sarment, puis on taille ce sarment à un œil franc hors de terre.
L'opération de la taille pour la deuxième feuille ne vaul pas plus de 10 fr. par hectare et avec le sarmentage 15 îr., elle doit être faite à une époque avancée de la saison, parct que la taille hâte la végétation, et que la taille doit être suivie d'un binage complet ; or le binage rend plus dangereuses les gelées blanches, qui détruisent le bourgeon et
font perdre ainsi beaucoup plus que l'avance qu'on voulait obtenir en taillant de bonne heure.
Premier biiiag^e. — Le binage qui doit suivre de près la taiUe sèche ne doit pas être profond ; il faut le pratiquer autant que possible par un temps très-sec, favorable à l'objet principal du binage, qui est avant tout la destruction complète de toutes les herbes qui se sont développées entre les ceps.
Soufrasse et suUatmee. — Aussitôt que le premier binage est terminé, si Ton habite un pays où la maladie de la vigne soit à craindre, il faut semer le long des lignes de vigne 20 kilogrammes de fleur de soufre par hectare et mettre au pied de chaque cep 2 grammes de sulfate de fer.
Pioçaire. — Bans le même cas et surtout si la maladie sévit sur les vignes environnantes, il faut pratiquer le pinçage général sur tous les pampres dans la deuxième quinzaine de mai ou la première quinzaine de juin et renouveler ce pinçage aussitôt que les contre-bourgeons auront six feuilles. Cette opération n'a pas d'inconvénients, car la deuxième année n'est pas encore celle où il est nécessaire de laisser à deux ou trois pampres toute leur longueur. Le pinçage est inutile si la maladie n'est pas à craindre.
Noweam binag^es. — Le secoud binage, superficiel comme le premier, est pratiqué en juin; il faut un troisième binage en août et souvent un quatrième en septembre. En un mot les binages doivent être assez fréquents pour que le sol soit à peu près nu pendant tout le cours de la végétation. Les binages peuvent être pratiqués avec de simples ratissoires d'allées de jardin, soit à la main, soit à l'aide d'un cheval, d'un bœuf ou d'un âne ; dans ce dernier cas, le prix de revient de chaque binage n'excède pas 10 fr.
Réeapitnlation des dépenses de la Z* année. — Ccs
dépenses par hectare sont de 500 fr., savoir :
Quatre binages, selon qu'ils sont plus ou moins difficiles, coûtent de 40 à 80 fr.; soit 80 fr.
Pinçage et épamprage 15
Soufrage et sulfatage 25
Taille et sarmenlage 15
Remplacement des plants 20
Terrage . 345
Total 500 fr.
§ 5. — TROISIÈME AKNéE.
La troisième année est beaucoup plus onéreuse que la seconde, parce qu'il faut acheter 200 bottes d'échalas de 1",10 de longueur à l',50 la botte de 50 échalas, soit 300 fr. pour 10,000 échalas, car à la troisième année on doit déjà faire le nécessaire pour obtenir de beaux sarments qu'on utilisera la quatrième année, où Ton formera le cep commençant à porter fruit.
Fumure. — Pendant cette troisième année il faut placer aussi dans les terrains maigres 60 mètres cubes de fumier de ferme par hectare. Ce fumier coûte 6 fr. le mètre et 1 fr. de plus pour sa mise en place, soit 7 fr. par mètre cube ou 420 fr. pour les 60 mètres.
Après avoir procédé à quelques remplacements qui peuvent encore être nécessaires à la fin de la deuxième année (ces remplacement doivent être faits en plants trèsvigoureux et qu'on entoure de beaucoup d'engrais pour qu'ils puissent arriver en peu de temps au même développement que les plants qui ont réussi), il faut, du 1" novembre au 15 décembre, ouvrir un sillon profond de 30 à 35 centimètres entre les lignes, soit à la pioche, soit à la bêche, ioit à la charrue. On y répartit régulièrement les
60 mètres cubes de fumier à raison de 6 litres par mètre courant du sillon et on recouvre ce fumier de toute la terre qu'on a extraite et qu'on tasse ensuite, soit à Taide d'un rouleau compresseur spécial, de C^jCO de large et d'un poids de 100 à 150 kilogrammes, soit à l'aide des pieds. Cette opération faite, la vigne doit être abandonnée jusqu'à la fin de l'hiver, après l'époque des gelées, où il convient de orocéder à la taille sèche.
Taille. — La taille est encore simple cette année; couper ; tous les sarments à l'aide d*un sécateur, moins un sarment le plus fort et le plus près de terre; couper, en les déterrant jusqu'à leur origine, ceux qui surgissent du sol, et rogner le sarment restant à deux yeux francs; telle est la meilleure et la seule taille à pratiquer : des femmes et des enfants peuvent U faire dans la perfection; l'ouvrier le plus étranger à la vigne pourra la tailler après cinq minutes de démonstration faite par le conducteur. Cette taille a pour but de donner au cep deux beaux sarments principaux par ses deux yeux francs pour la quatrième année.
Les sarments ne deviendront grands et beaux que s'ils sont élevés et maintenus le long d'un échalas, c'est pour cela que 10,000 grands échalas sont indispensables la troi*' sième année.
Binage et éehaïassag^e. — La taille et le sarmentage doivent être suivis d'un binage complet, mais toujours superficiel, avec soufrage et sulfatage s'il y a lieu, puis on procède au p quetage ou fichage des éohalas, au nord ou à l'ouest de chKque cep. Si les bourgeons sont renflés et sortis à ce moment, il faut user des plus grandes précautions, parce qu'à son premier développement le bourgeon tombe sous la moindre secousse et que la manœuvre des échalas, qui doivent presque toucher chaque cep, ferait tomber bon nombre de bourgeons. Les deux francs bourgeons qu'on
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laisse doivent être traités avec les plus grands égards, parce que si le cep est éborgné sa disposition pour Tannée suivante peut être compromise. Toutefois le collet du sarment , ou son point de jonction au vieux bois, est généralem cnt très-riche en sous-yeux qui poussent très-vigoureusem ^nl et réparent le plus souvent Taccident, puisque la production du fruit n'est pas encore le but qu'on se propose d'atteind''6 celte année.
Plantation des écfaaias. — Les grands échalas doivent être fichés, non comme des pieux fixés à demeure, mais avec une solidité suffisante pour résister à tous les vents. Rien n'est plus déplorable et plus dangereux pour la bonne marche d'une vigne que les échalas tombant au moindre heurt et au moindre vent. Rien n'indique plus labsence de soin du vigneron, de surveillance du conducteur et d'abandon du propriétaire, que Taspect d'échala* mal alignés ou penchés en divers sens dans les vignes. Le transport des 200 bottes d'échalas et le fichage bien fait coûtent de 15 à 20 fr.
Pinça^e. — Le pinçage ne doit jamais être pratiqué sur les deux ou trois principaux sarments, mais l'ébourgeonnage et le pinçage à deux ou quatre feuilles des sarments secondaires ou des contre-bourgeons doivent être pratiqués avec d'autant plus de soin que les principaux pampres paraissent moins vigoureux.
Accoiag^e. — Après le pinçage et Tépamprage vient le liage ou accolage^ qui consiste à réunir autour du grand échalas les principaux pampres, afin de les soustraire aux dangers des vents qui les cassent facilement au collet et d'y appeler plus énergiquement la sève en leur faisant prendre une direction verticale ; la ligature doit être serrée médiocrement afin de ne pas froisser les pampres et leurs feuilles, et de ne pas y gêner la circulation de la sève : le lien qu'on
emploie pour accoler les pampres consiste ordinairement en un ou deux brins de jonc ou quatre à cinq brins de paille qu'on rend plus souple en la trempant préalablement dans Teau.
IVoaveanx Mna^es, pinçage et rogpna^e. — Le secOnd
binage ne doit être pratiqué qu'après l'accolage. Un deuxième pin cage et le rognage des pampres qui dépassent Téchalas doivent être pratiqués du 15 juillet au 1" août, puis on pratique un troisième et enfin un quatrième binage à la fin de la végétation pour détruire jusqu'au dernier vestige des herbes qui pourraient s'être développées autour des ceps.
Au lieu de procéder à ce quatrième binage comme aux autres, il faut racler plutôt que biner la surface du sol, et réunir ainsi la terre et les herbes en billon et en ligne au nord ou à l'ouest des ceps, suivant la direction des lignes. Ce billon servira pour ainsi dire de base au billon plus complet qui devra être formé au printemps suivant, tout le long des ceps, à l'opposé de leur meilleure exposition, c'est-àdire du sud et de Test.
Défidiaire. — On peut procéder au défichage des échalas avant le dernier binage dont je viens de parler.
BécapiUdation des dépenses de la 8® année. — LOS dépenses à faire par hectare pendant la troisième année s'élèvent à 855 fr., savoir :
Fumier mis en place, 60 mètres cubes k 7 fr. le
mètre 420 fr.
Fournitures d^échalas, 206 bottes de 50 échalas
chacune, à 1 fr. 50 la botte 300
Taille et sarmentage 15
Quatre binages. 80
Bognage et piuçage 10
Accolage ••.•••••..•• 10
Fichage et défichage 20
Total 855 fr.
§ 4. — QUàTRlÈHE AKNÉB.
Pendant la quatrième année on procède à deux opérations importantes : Tinstaliation du palissage et la taille.
Palissade i petite é<îlmlag, piquete on carrassons. ^
Le palissage des vignes sur souches basses et en ligne est très- économique et très-simple. Le haut Médoc en donne le plus bel exemple et la meilleure expérience. 10,000 petits pieux en chêne, châtaignier ou en bois blanc imprégné de sulfate de cuivre, sont plantés en ligne avec les ceps, juste dans le milieu de l'intervalle de chacun des ceps (dans le Médoc, le petit échalas ou carrasson est planté vis-à-vis chaque souche, tandis que dans ma méthode c'est le grand échalas); ils doivent avoir 50 à 60 centimètres de longueur, être aiguisés à un bout et présenter une tète plate à Tautre bout; on les enfonce de façon qu'ils ne sortent de terre que de 33 centimètres au-dessus du niveau général du sol. Comme ces piquets restent à la même place jusqu'à ce qu'ils pourrissent ou cassent, on les y fiche à coups d'un très-fort maillet. Un homme, après avoir bien aligné le piquet, le tient d'une main, et de l'autre main il présente à côté de ce piquet un étalon de 0"*.33 de hauteur, qui règle le point d'enfoncement auquel on s'arrête, tandis qu'un autre ouvrier frappe avec le maillet sur la tête du piquet. Ces piquets sont parfaitement alignés, et leurs têtes doivent présenter un plan régulier.
Fils de fer et pointes d*attaelie. — Chaque piquet,
après avoir été planté, reçoit sur le milieu de son sommet une pointe à tête de 50 millimètres, enfoncée de façon qu'il n'en apparaisse au dehors que 5 à 6 miUimètres. Toutes les pomtes doivent être alignées dans l'axe général des ceps et des pieux. Ces pointes sont destinées à recevoir un fd de
fer galvanisé, n° 10, qui, partant d'une extrémité delà ligne où il est fixé contre terre autour delà tête d'un pieu enfoncé jusque contre le sol, s'élève, entoure la pointe du pieu suivant, et va s'attacher ensuite et successivement autour de la pointe de tous les autres pieux, jusqu'à l'extrémité de la Jigne, où on le fixe aussi à la tête d'un pieu enfoncé jusque contre terre. Les 10,000 petits pieux aiguisés et plantés coûtent à peu près 250 fr.
Frais da palissasse sur le fil de fer. — Le fil de fer
galvanisé, n® 10, dure 15 et 20 ans, c'est-à-dire plus que les piquets; on en emploie par hectare 180 à 200 kilogr., qui coûtent 180 à 200 fr. et 220 fr. tout posés. L'ensemble de la dépense de ce mode de palissage peut s'élever à 500 fr. par hectare tout compris, piquets, fils, pointes et main-d'œuvre. Si l'on ajoute les 300 fr. des 10,000 grands échalas, le palissage et l'échalassage complets coûteront 800 fr.
Or dans^ un hectare ordinaire, planté suivant la méthode bourguignonne et champenoise, on compte de 30 à 40,000 ceps qui nécessitent l'emploi de 600 à 800 bottes d'échalas coûtant de 900 à 1,200 £r. Il y a donc avantage d'argent dans le mode de palissage que j'indique comme le meilleur. Mais il y a tant d'autres profits par son emploi, qu'il faudrait y recourir, quand bien même il coûterait plus cher.
Le fil de fer pourrait être beaucoup moins fort et atteindre parfaitement à moitié prix le but qu'on se propose. Mais, lorsque le fil est trop faible, il est souvent brisé par les animaux qui s'échappent à travers les vignes, par les chasseurs qui s'y accrochent, tombent et cassent avec fureur les innocents fils de fer. J'ai connu un général qui ne pouvait chasser dans une vigne palissée en fils de fer sans tomber. Le propriétaire auquel je l'avais présenté a fait ôter les fils de
fer de ses Tignes. Habile marchand de yin, mais pauvre viticulteur!
TaiUe. — La taille des jeunes yignes à la quatrième année est la taille normale pour toute la durée de la vigne^ c'est-à-dire que tous les sarments du cep doivent tomber au ras de la souche, sauf les deux sarments principaux et les mieux disposés; Tun, qui doit former la branche à fruit, est laissé de toute sa longueur, abaissé horizontalement et attaché au petit pieu; Tautre sarment est rogné en crochet à deux yeux. Il constitue la branche à bois.
Ce dernier sarment doit être aussi bas que possible sur la souche mère, la hauteur de la branche à fruit est sans importance. (Voir grav. 2, 1 et 4, pages 159, 160 et 161.)
Je crois utile à l'intelligence de la taille, du palissage, de Péchalassage, du pinçage, de Tépamprage, de la pose et des diverses manœuvres des paillassons, de reproduire ici successivement chacune des gravures qui représentent ces diverses opérations, et d'y joindre quelques explications nouvelles. Depuis un grand nombre d'années les gravures ont été introduites dans le texte des livres, pour éviter au lecteur la fatigue et la difficulté de recourir à des planches placées à la fin du livre ou réunies dans un adas imprimé à part : le même inconvénient et une difficulté plus grande encore résulteraient, pour l'étude, du renvoi du lecteur à des gravures disséminées dans un texte éloigné. La répétition des gravures est donc utile au même titre que leur introduction dans le texte, toutes les fois que le texte nouveau y renvoie le lecteur.
J'ajouterai que cette reproduction de gravures s'appuie sur un précédent des plus respectables. M. Maumené, professeur de chimie et de physique à la chaire municipale de Reims, a le premier, que je sache, rendu ce service aux lecteurs dans sa belle publication sur le travail des vins en
général, et en particulier des vins mousseux. Se m'appuie donc à la fois sur Texemple d'une autorité et sur le bon sens pour justifier la reproduction des gravures dans le texte.
La gravure 2 donne une idée exacte de la taille, qui doit être pratiquée tous les ans à partir de la quatrième année •
Grav. 2. — Branche adulte après la taille sèche. — A'B', branche à fruit avant les feuilles. — Gîy, branche & bois.
la branche à fruit A'B' attachée en B' au carrasson ou petit pieu fixe, et la branche à bois CD', destinée à fournir deux ou trois sarments qu'on devra attacher au grand échalas, partent d'une souche que la gravure représente à dix ou douze ans d'âge, comme on le voit mieux encore dans la gravure 1 (p. 160); mais l'âge de la souche ne change rien ni au principe ni à l'effet de la taille, qui devra toujours être ainsi maintenue. Toutefois, si la vigne, après avoir été taillée, ne devait être garantie par aucun in^psbfic^erva-
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teo CULTURE DE IK TIGHB.
leur, il serait plus convenable d'opérer la taille en deui fois, comme je vais essayer de le faire comprendre par la gravure 1.
Dans le courant de février ou de mars, on fera tomber li vieille branche à fruit AB, ainsi que le gourmand ADF; on laissera sur pied et dressés le long du grand échalas lea trois sarments compris entre DE et C, jus(|u'au 25 oa 30 mai, en se contentant de les nettoyer de leurs petits bois, vrilles et queues : puis, du 25 au 30 mai, l'on choisira entre le sarment D et le sarment E celui qui présentera le plus de fruits pour l'abaisser et l'attacher horizontalement en branche à fruit, tandis qu'on abattra complètement l'autre sarment à l'aide du sécateur et qu'on coupera CE en E pour en faire la branche à bois.
La vigne taillée et attachée en mars est représentée id,
gravure 4, au moment où elle va recevoir sa preniicrc culture, ses hillons et ses paillassons.
Cnitare en biUon. — Le premier labour peut être donné à plat, mais il vaut mieux le faire exécuter avec formation de billons au nord, à Votiest ou au nord-ouest des lignes. Ces billons doivent être montés de façon que le pied de la souche soit compris dans leur pente sud ou sud-est, tandis que leur sommet, élevé de 25 à 30 centimètres, domine et protège la souche.
Cette culture en billon au nord et nord-ouest des souches correspondant à un sillon déprimé au sud et sud-est est excellente pour l'entretien et la végétation des vignes, soit qu'on emploie les paillassons protecteurs ou tout autre pré servatif, soit qu'on n'ait recours à aucun moyen de préservation : il multiplie les surfaces d'aération des termes ; il reçoit et retient les premières ardeurs du soleil, entretient la bonne température par une réverbération plus étendue; mais cette culture est bonne surtout en ce qu'elle rend l'application des moyens protecteurs de toute nature trèsfacile et très-complète.
Manière d'éviter le plus possible l'effet des celées dans la culture des lignes privées d'un moyen préservateur
spécial. — Si le propriétaire veut employer des paillassons pour protéger ses vignes, les grands échalas doivent être plantés vis-à-vis chaque souche à 15 centimètres de son pied du côté opposé au billon. S'il ne lui convient pas d'employer des paillassons, les grands échalas doivent être fichés au pied et au nord^ à Youest, ou au nord-ouest de la souche, parce que F échalas, planté dans ce sens, suffît souvent pour préserver de la gelée un ou deux bourgeons, et un beaucoup plus grand nombre, si, au lieu de fixer horizontalement la branche à fruit, on la fixe verticalement le long du grand échalas jusqu'au 25 ou 50 mai, pour l'abaisser et l'attacher, à cette époque seulement, au petit échalas.
CULTURE BE Là VIGNE. 165
L'expérience preuve que les gelées de printemps atteignent plus facilement les bourgeons les plus rapprochés de terre; donc je conseille aux vignerons qui ne voudraient ou ne pourraient employer aucun moyen préservateur des gelées, de laisser les deux sarments de la taille de toute leur longueur et dressés le long du grand écbalas jusqu'au 50 mai. Tous les bourgeons préservés sont alors sortis et montrent leurs grappes : il est bien facile à ce moment de choisir, pour les conserver, un nombre de grappes proportionné à la force du cep, et de ravaler le sarment de la branche à bois sur deux ou trois yeux, après avoir attaché la branche à fruit près de terre au petit écbalas.
La conservation des deux sarments et leur position verticale jusqu'après la saison des gelées tardives offre un double avantage : 1** d'élever les bourgeons supérieurs en un point de Fair plus sec et où ils ne gèlent pas facilement^ et 2** de retarder la sortie des bourgeons inférieurs, ce qui les expose moins à geler. Chacun sait que les bourgeons supérieurs attirent d'abord à eux la sève, qu'ils sortent et se développent vigoureusement les premiers aux dépens des bourgeons inférieurs, qui semblent dormir en attendant leur tour; si donc les bourgeons supérieurs sortis sont détruits par la gelée, les bourgeons inférieurs non sortis offrent une ressource précieuse : si tous les bourgeons supérieurs et inférieurs sont gelés, les contre-bourgeons supérieurs des fins cépages repousseront des grappes, et, pour en activer la sortie, on laissera les sarments verticaux jusqu'à ce que les grappes des contre-bourgeons se soient montrées et aient pris de la force.
Coltiure avec paillassons. — Si l'usage des paillaSSOUft
est entré dans le plan général et dans le projet d'exploitation du vignoble, on peut et Ton doit en commencer l'in^ ^tallation à la quatrième année sur le tiers de la vigne, soit
3,333 mètres sur les 10,000 mètres d'un hectare. Le deuxième tiers sera installé à la cinquième année, et le troisième tiers à la sixième année. Cette fourniture, avec pose et manœuvres, est une dépense moyenne de 500 fr. par an. Elle pourra être réduite à 300 fr. dans Tavenir, par Timputrescibilité des pailles et des ficelles employées, et par la confection directe des paillassons au métier.
On peut néanmoins ajourner d'un an cette avance, parce qu'il ne faut laisser à la vigne que de deux à quatre grappes pour sa première production, ce qui produit une récolte de 8 à 16 hectolitres de vin médiocre, lesquels ne compenseraient pas les frais; mais, d'un autre côté, c'est une avance faite pour au moins trois ans, et qui a l'avantage de fortifier la vigne et d'exercer les vignerons à la manœuvre des paillassons.
Avec l'emploi des paillassons, les gelées du printemps n'étant plus à craindre, la taille sèche doit être faite et la culture en billon accomplie du 1*' mars au 1*' avril, pour que les paillassons soient placés dans leur première position aussitôt que ces deux opérations sont faites.
Je renvoie ici aux gravures de paillassonnages dans leurs phases diverses, afin d'en faire mieux comprendre la disposition et l'utiUté. (Grav. 7, 8, 9 et 10.)
Le petitpaillasson, qui est coté 0"',075 -H 0",25 -H 0",075 dans la gravure 7, est déroulé par pièces de 50 mètres de long, plus ou moins, sur la série de fiches fixées au grand échalas d'une part, et fichées sur le billon d'autre part : on l'y fixe par un lien en osier, ficelle ou fil de fer, à 0",075 du grand échalas; la fiche, au lieu d'être piquée dans le billon, peut, sans inconvénient, reposer simplement sur ce billon. Par les grands vents du sud et de l'est, le paillasson se soulève et laisse passer le vent entre lui et le billon; par les vents du nord et de l'ouest, le paillasson est appliqué^
au coDlraire, avec force sur le billon, exactement comme une soupape, et le vent glisse sur la surface supérieure du pailInssoD . Le grand échalas, bien planté, suRit à maintenir le tout contre l'action des vents les plus violents.
Gnt. T. - Cep tilllé el nbriU iu 1-
On comprend mieux encore, par la gravure 9, l' ensemble de la première position des paillassons, et l'on comprendra 'aussi à sa vue l'enicacité de la protection que les ceps en reçoivent contre les gelées printariières.
Je ne crois pas inutile d'insister sur l'efficacité de cette protection, prouvée d'ailleurs par des expériences réîtéi'ées sur de grandes proportions, en reproduisant par la gravure S l'aspect de la végétation commentante de la vigne sous la première position du paillasson. Tout le monde
comprendra d'instinct la puissance et Vellîcacité d'un pareil abri ; la vérité est que la vigne ainsi abritée brave des gelées de 4 et de 5 degrés au-dessous de zéro, autant parce qu'elle est préservée par son auvent de toute humidité que parce
qu'elle ne subit aucune déperdition de calorique par rayoïK nement vers le ciel.
Pour bien comorendre la situation et l'effet que prodiûl
CULTURE DE U VIGNB. 167
I aspect de cette jeune et tendre végétation, si bien rendu dans la gravure 8, mais un peu trop dans l'ombre dans la gravure 10, il faut se figurer des feuillES vë bourgeons en toute vigueur, en pleine santé et alors que la gelée vient de frapper de mort tout tion environnante.
jr». S. — Cep abiIU dei geliea du pnnUmiM an camnifiiccmeDt •
Du 50 mai au 50 juin, les paillassons ayant deuxième position contre la coulure, le pmçaf près de la branche à fruit ayant été fait à me^ deux feuilles se sont développées au-dessus des grappes, i! s'agit alors d'attacher les pampres dt à bois au grand échalas, et les pampres des brai au âl de fer aussitôt qu'ils ont atteint assez de
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de force pour que ces opérations soient possibles. (Grjv. 5, gra». 11, page 170, et grav. 12, page 171.)
La gravure 3, quoique inexacte en ce qu'elle montre autant de grappes que de feuilles le long des pampres à bois, pampres qui, le plus souvent, n'en portent pas, est néanmoins utile à reproduire ici, parce qu'elle indique parfaite ment les points ppp ppda premier pingage des pampres fertiles de la branche à fruit, pinçage qui doit être fait au plus fard au moment où l'on relève les paillassons pour tes
CULTURE DE Lk VIGNE. 16B
établir dans leur deuxième position, indiquée par la gra- Ture 11 ; le billon est réduit des deux tiers de sa hauteur primitive; ie grand échalas est rapproché de la souche, et les fleurs sont rendues à l'inQuence de l'air et du soleil sans élre livrées à l'action stérilisante des pluies et des vents d'ouest et de nord-ouest. On exécute cette manœuvre avec
facilité, seulement il faut avoir sain de donner la façon qui réduit la hauteur du billon avant de rapprocher le grand échalas et de fixer le paillasson à sa nouvelle place; pour eette dernière opération, le paillasson n'est point détaché, il reste 6sé sur ses fiches, qu'on recule et qu'on abaisse derrière le fil de fer et le cep à mesure que le grand échalas s'en rapproche. Plus le temps est chaud et beau, moins le paillasson doit être incliné sur le cep ; la meilleure situation à lui donn^ dépend de l'appréciation des circonstances m^
lèorologiques. La vigne, lorsqu'elle végète avec une grande vigueur, a besoin de plus d'air et de soleil, le paillasson doit donc être moins incliné, et par conséquent il doit la nirmonter de moins près.
I" jaillel). Eipositlon ot,
Préalablement à ces manœuvres, on aura dû, comme je l'ai dit, procéder à la deuxième culture, qui consiste dans un simple binage et dans l'abatage des billons aux deux tiers de leur hauteur.
Dans le courant du mois de juillet, et alors que la âeor de la vigne est Détrie et le raisin bien noué, on procède à un épamprage et à un rognage complets. C'est-à-dire qu'on abat toutes les pousses stériles et inutiles, que l'on pince à quatre feuilles les contre-bourgeons qui se sont développés, et qu'on rogne les pampres de la branche à bois au niveau
coLTdiiE De la tigke. n*
ou un peu au-dessous du sommet du grand échalas, après les avoir accolés une seconde fois.
On fait aussi disparaître par un troisième binage le dernier TCslige des billons
- Voo perspective de ci
C'est à ce moment que le propriétaire et le vigneron intelligents doivent observer avec soin si les espérances qu'avait données l'abondance des Qeurs ont été réalisées ou déçues. Les causes principales de la coulure sont sam contre-
lis CULTURE DE LA VIGNE,
dît lea pluies froides et les vents secs et persistants en juiii, et les circonstances météorologiques que les jardiniers appellent un temps sans sève ; les paillassons sont un remède héroïque contre ces causes, mais la maigreur du sol et la surcharge du cep par un trop srand nombre de grappes sont aussi des causes de coulure.
Gni. 13. — Tne d'an cep en opalicr i l'etl, and, on «id-at 4d pailhuoa
Tertical (du 30 juillet du 30 scplembre).
Lorsque les ceps sont abrités, ou lorsque la saison est favorable à la fécondation, la coulure des fleura avertit le vigneron qu'il faut soutenir, terrer et fumer sa vigne; ti sa vigne est bien fumée et que les fleurs coulent, la coulure est une preuve que le cep est trop chargé ; à défaut de la coulure, le dépérissement du grain ou sa maturité imparfaite seront pour le vigneron un avertissement énergique. Jusqu'à la défloraison la terre est toujours assez riche èi le
cep assez fort pour élaler toute sa végétation herbacée; la maigreur de la terre et l'épuisement de la végétation se révèlent au moment de la production dufVuit. Si le fruit noue et grossit, il devient bientôt terne et dur ; enfin, s'il mûrit un apparence, il manque presque complètement de sucre.
€n*. 11. — Tue penpective ie ccp9 eu espulier doronl <?s paillauoiu.
Avant l'épamprage et l'accolagc, tes paillassons sont dressés verticalement au nord, à l'ouest ou au nord-ouest des lignes, du 1" au 15 juillet. (Grav. 13 et 14.)
Les gravures 13 et 14 indiquent la troisième posilion
des paillassons ; ils sont alors Tixés verticalement en arrière
■ des ceps, et ils sont pour ces ceps ce que les murs sont pour
les treilles, des rétlecteura et des concentrateurs des rayons
du soleil : aussi, comme l'a constaté M. Constant Charmeox,
Icvir effet est-il bien moins marque par les temps huraida et couverts que par les temps clairs.
CULTUIIE DE LA VIGHE.
Vers la fin du mois d'août, on épampre e
en ayant soin d'enlever les feuilles exubérantes qui enfouiraient les raisins sous une ombre trop épaisse.
La gravure 6 donne une idée très -exacte, quoique un peu grossière, de Tépamprage et de l'effeuillage de la branche à fruit à la fin d'août.
La gravure 5 donne en perspective l'aspect de reffeuillage et de Tépamprage des vignes, à la fin d'août et au com' mencement de septembre.
Craf . 15. <— Tue é^mt cep préservé à rarrîère-saison contre les pluies et les
gelées d*automne.
Si la vendange, dont je parlerai spécialement plus loin, n'est pas encore faite à la fin de septembre, et que des temps pluvieux ou très-froids menacent les raisins de pourriture ou de gelée avant leur maturité, il faut alors reporter et repiquer chaque grand échalas à 15 ou 20 centimètres en face des souches, et replacer les paillassons dans la position qu'ils occupaient au printemps au-dessus des liga^^s de vîgnps.
De cette façon les feuilles et les raisins ne souffrirontp^)» Jes gelées blanches ou des pluies froides de l'auloinnc, i:t pourront attendre cinq à six semaines encore lenr piiiTaite malurifé, (Grav, 15 et 16.)
Ont. IC. — Tue en perapecliie âe ceps abritéi contre les plniBs et le> gsKca
Le paillasson, ramené presque horizontalement sur la branche à fruit et sur le bas du cep, n'est plus fisé que par la tôte de ses fiches au grand échalas reporté et repiqué en »ant du cep; il repose seulement par son milieu sur le fil ie fer et les carrassons. Les vents du nord et du nord-ouest enlèTeraient de cette position ce paillasson et l'appliqueraient contre le haut de l'échalas; il faut donc l'attacher de mètre en mètre au âl de fer de palissage au moyen d'un
ils CULTURE DE LA VIGNE.
petit brin d'osier embrassant avec le fil de fer une poigne de la paille du paillasson.
Au premier jour de soleil après la vendange, et lorsqu les paillassons sont bien secs, on les roule et on les met en meules qu'on recouvre pour Thiver avec des paillassons imbriqués, comme les tuiles d'un toit, sur la pente de la meule : on enlève les grands échalas et on les réunit en faisceaux circulaires, debout, moitié dans une route de service et moitié dans l'autre route. On peut les mettre à couvert sous les paillassons imbriqués.
On termine les opérations de la quatrième année par le binage superficiel, ou plutôt par le raclage d'automne et la mise en billon des terres et des herbes ainsi ramassées.
Si Ton n'a pas fumé fortement la troisième année, ce qui serait regrettable à cause de Timpulsion nécessaire à donner à la pousse du bois, il est indispensable de fumer à la fin de la quatrième année. On fume en raison inverse de la richesse du sol et dans les proportions que j'ai indiquées.
§ 5. — CINQUIÈME, SIXIÈME ET SEPTIÈME AJXSfSE.
Toutes les opérations indiquées à la quatrième année, sauf le palissage fixe des vignes, qui est disposé une fois pour toutes, sont répétées à la cinquième, à la sixième et à la septième année, dans le même ordre et avec les mêmes soins que pour la quatrième année ; la seule différence à observer, c'est de laisser, suivant la force de la végétation, de 4 à 8 grappes à la cinquième année; de 8 à 12 grappes à la si^cième année; de 12 à 16 grappes à la septième année, et de 16 à 20 grappes à la huitième année.
"Vingt grappes pesant en moyenne à peu près 50 gram- Tnes chacune, ou 1 kilogramme de raisin ^ constituent k produit maximum d'un cep de vigne fait et bien enlreleno d'engrais et de moyens préservateurs.
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Si Ton s'abstient d'employer des moyens préservateurs, le produit de chaque cep s'élève rarement en moyenne à plus d'un demi kilogramme.