‹ Culture de la vigne et vinificationChapitre 25 sur 60 · CRÉATION D*UN GRAND DOMAINE FONDÉ SUR LA VITICULTURE · texte numérisé non relu

CRÉATION D*UN GRAND DOMAINE FONDÉ SUR LA VITICULTURE

Selon les données qui précèdent, à dater de la huitième année qui suivra la plantation, un hectare de vigne fournira toujours par an plus de 500 fr. de main-d'œuvre au vigneron et plus de 1,000 fr. de revenu au propriétaire. 11 aura coûté 6,000 fr. à ce dernier, dont 5,000 fr. payés au vigneron pour avoir conduit la vigne à son état normal et complet.

Si le vignoble créé et parachevé est de 100 hectares, il aura produit en sept ans 300,000 fr. de salaires aux vignerons, et aura coûté au fondateur 600,000 fr., capital, intérêts et tous frais compris, et il donnera désormais, chaque année, à dater de la huitième, 50,000 fr. aux vignerons et 100,000 fr. au propriétaire. 50,000 fr. représentent un bon budget de cinquante familles de vignerons nécessaires à la culture de 100 hectares de vigne. 100,000 fr. représentent rintérêt à 10 pour 100 de un million de capital, et il n'est pas de vigne à fins cépages qui ne vaille 10,000 ir* l'hectare; le million est donc foncièrement représenté.

Or, sur ce million de capital représenté, il n'y a que 600,000 fr. de dépensés; il reste donc à dépenser 400,000 fr., savoir : 260,000 fr. pour les lînées, caves, celliers, pressoirs, cuves et mobilier nécessaires à Texploitation; 140,000 fr. pour habitations de maître, de régisseur, de vignerons, pour jardins, vergers,clôtures, etc., et pour créer une petite ferme annexée au vignoble.

Le seul produit du vignoble rendra donc 10 pour 100 du capital avancé pour avoir un vendangeoir seigneurial avec village, maison principale, aisances et dépendances, jardins, vergers et ferme.

Ce n'est pas tout, les cent hectares de vigne verseraient, en outre, 50,000 fr. par an aux cinquante familles du village qui les cultiveraient, c'est le bien-être assuré à chaque famille.

Tel serait le magnifique résultat obtenu par le capitaliste, exigeant 10 pour 100 par an de ses capitaux avancés; mais pour le colonisateur qui se contenterait de 5 pour 100 de son capital, 100,000 fr. de produit net représentent deux millions de capital, dont 600,000 fr. seulement sont consacrés à la crcaiion du vignoble; il resterait donc 1,400,000 fr. pour château, parcs, serres, jardins et ferme de 500 à 600 hectares, n'ayant besoin que de s'entretenir de ses produits sans rien rapporter, ce qui est la condition la plus générale des fermes, et surtout des fermes modèles, dans les terrains médiocres ou mauvais. Six cents hectares y mis en culture de ferme dans les teiraius pauvres ou délais- «&, nécessitent 600,000 fr. d'avances au minimum pour rendre en produit net, après douze années, 15,000 fr. ou 2 1/2 pour 100, et pour payer la main-d'œuvre de quinze familles à 1,000 fr. par an. Jamais les 600 hectares- ne donneront le revenu d'une habitation de maître, de régisseur, ni de quinze familles de paysans; jamais, à plus forte

raison, ne pourront-ils solder la dépense d'un château, d'un parc, de serres, de jardins. Ces avantages ou ce luxe sont à peine l'apanage des cultures de ferme en terrains excellents en abaissant le revenu à 2 1/2 ou à S pour 100 au plus.

Toutes les prétentions et allégations contraires sont erronées, toutes les espérances contraires ont été et seront déçues : la vigne seule en France, et dans les régions où elle peut mûrir ses fruits, a le pouvoir de créer la richesse dans les terrains pauvres et délaissés; seule elle y rendra 10 pour 100 au capital avancé, seule elle y fondera à perpétuité de grands et de riches domaines.

VINIFICATION

Page 1