‹ Culture de la vigne et vinificationChapitre 3 sur 60 · DE LA VIGNE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA VIGNE EN GÉNÉRAL

§ I- •» LIMITES DE LA CULTURE DE LA TIGRE. — SOLS FAVORABLES. — - TÉGÉTATION. — MÉTHODES DE CULTURE.

limites de la caltare de la -vigne en France. — Ld

vil ne est l'arbrisseau le plus facile à multiplier et à cultiver d ns tous les terrains et dans tous les pays de la France compris entre les Pyrénées et la Méditerranée, et une ligne qui partirait de Vannes en Bretagne pour se diriger sur Mézières en passant par Alençon et Beauvais. La vigne végète parfaitement bien au nord de cette ligne, mais elle n'y mûrit bien ses fruits que dajis des situations exception* nelles ou par des soins et des moyens protecteurs tout à fait spéciaux.

Sols favorables h la vigne. — Les sols cakaires, siliceux, alumineux, magnésiens; les terrains primitifs, de transition, secondaires, tertiaires, volcaniques, conviennent tous parfaitement à la vigne, pourvu qu'ils ne soient pas imprégnés d'eau et qu'ils n'occupent pas des bas-fonds où les brouillards s'abattent et séjournent. L'excès d'humidité dans le sol et dans l'atmosphère est également, et en tous heux, défavorable à la vigne.

CULTURE DE LA VIGNE. i5

La vigne s'accommode très-bien de terrains maigres, arides, perméables à Tair et à Peau, dans lesquels tout autre végétal aurait peine à prospérer.

Avant qu'une longue expérience eût fait connaître la richesse de la vigne et motivé son extension aux sols de grande fécondité, eUe était considérée comme propre seulement à occuper les espaces délaissés, et nos meilleurs vignobles, les plus anciens d'ailleurs, sont encore assis sur des terres dont l'agriculture proprement dite ne pourrait tirer un bon parti.

Polssance de Tésétation de la viorne. — La vigne est

tellement vivace et puissante dans sa végétation, qu'en tout climat elle lance ses rameaux à des distances prodigieuses : depuis la treille gigantesque d'Hamptoncourt, près de Londres, jusqu'aux ceps qui traversent des fleuves en Afrique, partout on peut voir la vigne couvrir d'une seule tige des espaces considérables et vivre des siècles. Partout on peut la voir aussi, sous la serpette du vigneron, se maintenir, quoique à regret, dans quelques décimètres carrés et s'y porter assez bien pendant un grand nombre d'années.

Sur les rochers, sur les arbres, contre les murs, courant sur terre, rampant sous terre, sauvage ou disciplinée, libre ou torturée, la vigne vit partout et résiste à tout, pourvu qu'elle ait la part de sol, de nourriture, d'air et de soleil, qui lui est strictement nécessaire.

Mais il ne suffit pas que la vigne vive, il faut qu'elle donne des fruits, qu'elle les donne abondants et de bonne qualité, à des conditions telles qu'un profit considérable, régulier, permanent, soit le résultat de sa culture.

Méthodes de cnitiver la Tigne. — Depuis des siècles, le problème d'une production abondante et de bonne qualité est résolu pratiquement de mille façons différentes, et

CULTURE DE ti VIGNE.

, Toutes les méthodes de cultare et d'exigne sont parfaitement pratiquées en leur it décrites dans d'excellents oun'ages, et,

dire : rien de nouveau sous le soleil, c'est m cette question spéciale.

a méthodes sont-elles essentielles 7 Leur^ idérables, leurs oppositions même sontm sot, au climat, aux cépages correspone ne pouvoir être éclairées l'une par l'autre ntageusement ? En un mot, une seule et leut-elle convenir mieux que toute autre à gne et aux praËts à en obtenir dans toutes .

1 France?

3 à répondre affirmaUvement à cette derlur tout vignoble à établir, tout en reconigne est généralement conduite avec beauce et au mieux de l'inLérêt du propriétaire ngagés actuellement dans chaque méthode

ure en grand pour la production des vins en une seule méthode plus productive et qu'aucune autre méthode, à l'exception de sins de table ou des cépages à vin cultivés s-riches et très-chauds, oïl la vigne peut avantage à d'autres cultures et même les ixception aussi des sites trop tourmentés à des mesures régulières.

, que je vais indiquer, ne m'est point par- :pi)se sur des faits accomplis et des pr^ de temps immémorial; je les ai pris dans s plus anciens vignobles, et je les ai choipratiqucs suivant les données et les conice moderne.

§ 2, — PRII4GIPES DE LA CULTURE DE LA TIGME.

OnlUire en lignes basses et snr souche. — La vigne

îoit être plantée, cultivée et maintenue en lignes basses et ixxT souche.

iHstanee des ceps. — Les ceps OU plants de vigne doivent être distants les uns des autres de un mètre au moms en tous sens.

ProTtirnage. — Les ceps ne doivent jamais être provignés.

Taille. — Chaque cep doit porter tous les ans au moms une branche à bois et une branche à fruit.

La branche à fruit produit presque exclusivement la grappe de raisin ; elle doit être attachée horizontalement près de terre à une ligne de fil de fer ou à des échalas.

La branche à fruit doit être coupée tous les ans à la taille sèche, c'est-à-dire à la fin de Thiver.

Les pampres des branches à fruit doivent être pinces, c'est-à-dire retranchés à Taide du pouce, au-dessus de leur sixième feuille; les pampres de la branche à bois ne doivent pas être pinces.

La branche à bois ne produit jamais qu'un petit nombre de grappes; ses pampres doivent être maintenus verticalement en faisceaux.

La branche à bois doit produire chaque année deux sarments ou rameaux principaux, dont Tun remplacera la branche à fruit que Ton coupe chaque année ; l'autre sarment, taillé au-dessus de deux yeux ou bourgeons naissants, deviendra branche à bois et produira les deux sarments nécessaires pour l'année suivante.

Nourriture ou Engrais. — La nourriture, c'est-à-dire les engrais ou amendements, doit être apportée à chaque

CULTURE DE LA VIGNE, directe des grappes qu'on en veut obtenir et :se de )a richesse du sol.

t ci«vpe«. — Chaque cep occupant un mètre vaut une nourriture sufQsante doit, sans is nuire aux ceps voisins, porter seize grappes i à fruit et quatre grappes sur sa brandie à ingt grappes, pesant en moyenne 50 grammes it un kilogramme par cep.

« Ëboargeonnase. — Trois fois par saisou, ît les pampres ou rameaus herbacés doivent it palissés, c'est-à-^ire fixés en ligne, rognés î cep doit être débarrassé de tous les pampres

- Aucune herbe, aucun végétal étranger ne dans les vignes; les binages, c'est-à-dire lea

lires superficielles du soi, doivent y être muliures profondes doivent être rares.

- Les vignes doivent être plantées des plus :' est-à-dire des meilleures espèces de vignes, ar une bonne méthode de culture, produisent

cépages grossiers.

lage. — Partout oiî le vin peut atteindre une le de 50 fr. l'hectohtre, les vignes devront nées, c'est-à-dire garanties par des paillassons es, la coulure, la grêle. Le paîllassonnage a tel de bâter et perfectionner la maturité des ■elte préservation, les profits de la vigne sout t, mais ils subissent parfois des intermittences

wlCtite de 1er et de la Oenr de sonfrc coalre

- Tous les ans, du 15 avril au 50 mai, es de sulfate de fer pulvérisé seront semés à aque hectare de vigne; dans les vignes rava-

gées par la maladie, on sèmera en outre 20 kilogramme? de fleur de soufre par hectare, et Ton aura soin de pincer tous les jeunes rameaux, sans exception, au-dessus de leur sixième feuille.

Je développerai successivement chacune de ces prescriptions, et j'en donnerai la raison appuyée sur l'exemple et la pratique.

CHiPITRÏ II!

GDLTDBE DE LA VlfiNE .

En France, les 'vignes sont plantées en lignes on plantées •en quinconce.

Dans certains vignobles, ies sarments qui sont le produit de la plantation primitive sont recouchés en sens divers, de façon à garnir le sol le plus complètement possible, mais sans aucune régularité^ cette culture a reçu le nom de culture en foule, c'est la méthode suivie dans la haute Chamesque toute la Bourgogne. Il en est ainsi vignage et le recouchage sont la base de igné.

dans le Médoc, \a ligne primitivement plantation est toujours conservée pendant de la vigne, qui vit ainsi constamment sur ve sans avoir été provignée; c'est ce qu'oo 1 lignes.

es de culture ne sont pas toujours suivis ue, on les modifie à l'infini.

CtLIURE DE 11. VIGHE.

§ 1. — COLTUBE DE U VIGKB EN LIGNES BASSE!

u^nea. — La culture en lignes est, pour la <rigne, la meilleure des cultures :

1' Parce qu'elle permet l'emploi de tous les mo; de tous les instruments mis en mouvement par la n l'homme ou par les animaux de trait : les bêchages, 1 et sarclages à la main y sont pratiqués sans hésita sans crainte d'attaquer les tiges ou les racines; les par les animaux de trait ne sont possibles que dans gnement rigoureus, et les labourages et binages bœufs, comme dansleMédoc, par les chevaux, ou par les 3nes, sont de première importance et d'une économie, en ce qu'ils suppléent la main de Vhomt n'a plus qu'à achever, entre les ceps, la culture et topge qui ont été exécutés rapidement par les anin trait sur la plus grande superficie de la vigne ,

2° Parce qu'elle permet une surveillance prompti faillible sur la propreté, l'état d'entretien et les bes tout le vignoble. Par un simple coup d'œJl le Ion) vigne alignée, le propriétaire constate l'exactitude ou l'incurie de son vigneron : le maître vigneron, de son côté, contrôle avec la même Facilité la quantité et la bonne faço< du travail de chacun de ses ouvriers ;

3° Parce que les moyens de soutènement, de protection et de palissage sont plus faciles, plus solides et plus économiques qu'avec aucune autre disposition ;

ï' Parce que l'alignement des ceps facilite la distribution «t la répartition exacte des engrais et amendements au pied de chaque cep; la sortie hors du vignoble des sarments, des pampres rognés et des produits de la vendange : en UD mot, toutes les opérations de culture de la vigne ;

5* Parce que les rayons du soleil échauffent la terre dans yintervalle des lignes, sans que pour cela ils échauffent moins et moins directement les ceps et les pampres bien rognés et bien palissés, la terre rendant ensuite aux ceps, pendant que le soleil cesse de luire, la chaleur qu elle a reçue pendant l'insolation;

6^ Enfin, parce que la circulation et le renouvellement de Tair indispensables à une bonne végétation ne peuvent avoir lieu dans des ceps groupés sans ordre comme dans des ceps alignés.

AirtaKtwkge» des lignes basses. — Plus les Vignes SOnt

basses, c'est-à-dire plus les bras de la souche sont rapprochés du sol, plus les avantages que je viens d'énumérer sont mis en évidence : les cultures à la main et à Taide de bêtes de trait, l'importation et l'exportation des résidus et des produits, des matériaux réparateurs, protecteurs ou d'ajppui, la surveillance, Tinsolation et Taérage, tout y devient plus facile, plus économique et plus efncace.

Néeessité de l'Insolation. — Lorsque les lignes de la vigne sont tenues très-basses et dirigées du sud au nord, le soleil, depuis son lever jusqu'à son coucher, frappe constamment tous les ceps; il échauffe également toute la surface de la terre qui joue le rôle d'un mur d'espalier, et il active ainsi toutes les phases de la végétation. Le contraire a lieu lorsque les vignes sont élevées et que les ceps sont en quinconce ou en désordre. Toute la terre est couverte d'ombre, beaucoup de fleurs coulent par suite de la fraîcheur que l'ombre développe, et la maturité des raisins enfouis sous les feuillages est tardive et imparfaite.

ivéeessité d'an lion aérage. — La libre et régulière circulation de l'air est plus importante encore pour la fertilité de la vigne en plein champ que l'insolation elle-même. On peut se convaincre de cette vérité en observant les beaux

CULT.UHE DE Lk VICKE. 31

vignobles de la Cliampagne au moment de la maturité du raisin. Tous les sentiers qui séparent les vignes sont trèsétroits, mais, quoique ombragés, ils sont libres et droits, et la quantité de raisins des ceps qui les bordent est toujours triple ou double au moins de la quantité des raisins des ceps intérieurs de la vigne; cette exubérance d( ne peut être attribuée qu'à la supériorité de 1 l'air circule mal dans l'intérieur des vignes ga ralement par hectare de quarante mille ceps péle-mèle.

Ineonvénlent dea ■■(■«• b*— e». — La vignc

inconvénient réel : elle subit plus facilement qi vignes l'effet des gelées d'biver et de printemp ne peut être considérée comme absolument pa l'on parvient à la préserver des intempéries; même qu'elles sont abandonnées aux mauvai d'une culture sans préservation, les vigaes I portent encore de beaucoup sur les vignes hau

Caltar« mur mttmbti, — La vigne doit être m souche, c'est-à-dire ne jamais être ni provignée c'est là une condition absolue pour la produc vin ; c'est une vérité de phvsiologie végétale at vérité incontestable d'expérience et d'observatii

Tant que la souche d'un cep n'est pas compicLeiueui, formée, c'esl-à-dire tant que de nouveaux colliers de racines s'ajoutent au bois de l'année précédente, l'élaboration des sucs du raisin est imparfaite, et le vin qui en résulte ne vaut rien. Je ne dirai point que plus la souche est vieille plus le raiànest parfait,je n'en saisnen;maisceque je sais, c'est que jamab une souche qui ne compte pas sept ou huit ans n'a donné de bon vin, quelle que soit la nature du cépage. Ce que je sais encore, c'est qu'un sarment recouché, quand bien même il partirait d'une vieille souche, s'il a poussé

COLtURE DE LK VIGHE.

i partie mise en terre, ne doone jamaii ité inrérieure, et cette iofériorité du pronneUe au nombre des colliers radiculaires joutent au sarment producteur. Tous les ]ue le raisin provenaut des jeunes vignes, irovenant de ceps provignés, donne un via incontestable.

bon vin, il ne faut donc pas entretenir les Lgnage : il faut respecter les vieilles souches }s du vignoble par du jeune plant.

BECODCHIOE. UTERIljtGE. — EHSOUCBEIEin,

st coucher au fond d'une fosse, sans les isieurs sarments d'une souche, les étaler engrais et de terre pour leur faire prendre ler, pour ainsi dire, autant de ceps nou-

coDsiste dans l'abaissement d'une souche sous 20 à 25 centimètres de terre seulement, pour ne laisser à l'air libre que le sarment ou les sarments producteurs de l'année. Dans certains pays on opère le recouchage sur tous les ceps de la vigne, et on renouvelle tous les ans l' opération; c'est même, dans quelques localités importantes, en Champagne, par exemple, et à Argenteuîl, la première tulture de printemps de toutes les vignes. Dans la jauge de e à la bêche ou à la pioche, le vigneron abaisse e et la recouvre de terre à mesure qu'il avance ail, en sorte que la vigne qui a reçu un preae présente plus à l'œil que les sarments de

le le provîgnage et le recouchage suivant pluies et dans plusieurs buts.

Le premier mode et le plus général, en Bourgogne surtout, est l'enterrage en fosse profonde d'une souche principale et la dispersion de ses sarments pour rajeunir et repeupler la vigne ; le second mode est l'abaissement des sarments d'un cep pour en former des marcottes; un troisième mode est le recouchage sous terre de tous les vieux bois de la yigne pour ne laisser sortir du sol que le sarment de Tannée ; enfin, le repiquage d'un long bois de Tannée, ayant pour résultat de lui faire prendre racine par son extrémité ou dans sa longueur, se rattache encore en principe au provignage. Ces derniers modes ont pour but d'ajouter de nouvelles racines chaque année pour augmenter la production du raisin et suppléer ainsi à l'insuffisance ou à l'absence d'engrais.

Tous les genres de provignage sont nuisibles à la qualité du raisin et ne sont indispensables en aucun cas à sa quantité, quantité qu'on obtient parfaitement par la culture sur souche. Us jettent le désordre dans les âges, les alignements, les besoins et l'entretien des ceps, au point qu'un vigneron archiviste, ou son élève en tradition locale, peuvent seuls bien gouverner telle ou telle vigne . le propriétaire ou Tacquéreur doivent posséder ou acquérir le vigneron avec la vigne sans espoir de réforme ou de progrès possible.

EosoucheiniMit. — Le recouchage prend le nom i^ensouehement quand il n'a pour objet que de constituer, une fois^ pour toutes, une souche souterraine, munie de racines en assez grand nombre pour pourvoir aux besoins d'un grand développement extérieur du cep, aux besoins d'une treille, par exemple, et aussi quand le recouchage a pour but de fournir plus de sucs nutritifs à un cep quelconque planté dans un sol ingrat.

Les ceps ne doivent jamais être provignés ni recouchés, 81 ce n'est dans les terrains maigres et peu profonds où on

peut les ensoucher la troisième ou quatrième année une seule fois, et en une seule tige. Cetle pratique de Tensouchement, presque indispensable à la production des raisins de table, ne doit être employée que sous Fempire d'une absolue nécessité pour le raisin de vigne.

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