‹ Culture de la vigne et vinificationChapitre 6 sur 60 · DISTANCE DES CEPS · texte numérisé non relu

DISTANCE DES CEPS

IncoBvénieiit de trop rapprocher les eeps. — Les vignes

plantées et entretenues de 20,000 à 40,000 ceps à Thectare sont l'exemple le plus frappant de l'avidité déçue par la sottise et Tignorance, Une vigne à 10,000 ceps peut produire et produit plus qu une vigne à 40,000 ceps.

Qu*on se représente 40,000 cerisiers, pruniers ou pommiers, ou, pour prendre comme terme de comparaison des plantes analogues à la vigne en arborescence, supposons qu'on plante 30,000 ou 40,000 glycines, bignonîas, clématites, dans un hectare de terrain, et Ton comprendra l'étiolement, le rachitisme, l'absence de fleurs et de fruits, le développement de tous les insectes nuisibles et de toutes les maladies possibles : aucun horticulteur, aucun arboriculteur ne pourrait concevoir la fécondUé ^ la santé des

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végétaux dans de pareilles conditions. Eh bien, la vigne est un arbrisseau dont les racines et les tiges ont d'aussi grandes, de plus grandes allures que celles des végétaux que je viens de citer ; une seule treille couvre 100 mètres superficiels, an seul cep enveloppe et surmonte un arbre de première grandeur : telle est la puissance naturelle de la vigne; et ce n'est que par des soins infinis, des artifices particuliers, que le vigneron parvient à la maintenir et à lui faire produire des fruits dans un très-petit espace. C'est à résoudre ce problème que s'appliquent les mille façons de cultiver et de tailler la vigne.

iispaise nécessaire * un cep. — Il y a un minimum d'espace au-dessous duquel le cep ne peut atteindre son développement physiologique indispensable, et l'observation démontre qu'à moins d'un mètre carré, pour asseoir solidement ses racines, le cep ne peut vivre et rester fertile que par les provignages et les recouchages : il faut, si le cep a moins d'un mètre de terrain à sa disposition, le faire courir sous terre pour lui donner de nouveaux colliers de racines éphémères, et lui faire chercher sa vie par des organes supplémentaires, qui n'acquièrent jamais la force des organes primitifs et altèrent la qualité des produits.

Inconvénients du provig^af^e. — Lorsqu'un cep de vigne a solidement ûxé et étendu ses racines mères dans un mètre carré, il est constitué à l'état de végétal vigoureux et viable sur place : si le terrain est fertile et profond, le cep y prospérera même avec peu d'amendement ou d'engrais; si le sol est végétal à une faible épaisseur seulement et s'il est maigre, une superficie d'un mètre carré est suffisante pour y déposer les aliments indispensables aux besoins du cep, c'est-à-dire les engrais, et pour les mettre à la portée d'un chevelu richement développé.

La constitution du cep sur le faisceau primitif de ses ra-

cines mères est la plus grande garantie de sa vigueur et de sa durée. Les racines deviennent fortes; elles s'enfoncent le plus profondément possible dans le sol, et, tout en recherchant les veines de terre les plus favorables, elles se mettent à Tabri de la sécheresse ou des mutilations de la culture, elles pourvoient ainsi à tous les besoins de la tige. Si au contraire, d'année en année, on fait pousser au cep des colliers supplémentaires de racines en les recouchant, les liquides afDuent par ces nouvelles aspirations, e^ les racines mères s'atrophient en proportion ; en sorte que si, faute d'engrais ou d'humidité à la surface du sol, ou bien par un labour intempestif, ces colliers superficiels et tendres viennent à cesser d'alimenter la tige, la vigne jaunit et périt, parce que ses racines mères n'ont plus la vigueur nécessaire pour pourvoir à ses besoins, besoins dont s'était chargée la nouvelle génération de racines. Je répète donc que jamais les ceps ne doivent être provtgnés^ et qu'ils doivent occuper chacun un mètre carré de sol.

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