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La tumeur de PEYTON RoOUs esl donc une tumeur à principe filtrant, mais pour contagieuse qu'elle soit, ceci n’est pas un caractère essentiel ; il reste non moins vrai que c’esl une tumeur hautement maligne. WARBURG cite encore qu’elle présente le même chimisme que les autres tumeurs. C’est à titre de tumeur maligne que nous pouvons étudier ici cette Llumeur, intéressante pour les buts de ce travail.
CARREL a dû penser de même, en 1910, travaillant au même institut que Rous, quand il a mis cette tumeur en culture, en même temps que des tumeurs expérimentales ou spontanées de mammifères. Cette tumeur avait donc été cultivée depuis le début de la technique, mais ce n’est qu’à partir de 1924 que sa culture, permanente, devient intéressante. La tumeur a été étudiée par FISCHER par sa méthode d’infiltration et en culture ordinaire, par CARREL dans ses flacons et par BORREL par la méthode des cellules aplaties sur verre, ainsi que par un très grand nombre d’auteurs dans tout le monde. Dans les expériences de culture de ces tissus, dès 1910, on a cherché à distinguer les différents types cellulaires. En goutte pendante, après 1 heure, on voit quitter le fragment des cellules rondes, d'aspect amiboïde, phagocytaires. Après 24 heures, une couronne épaisse de ces cellules entourent le fragment. La liquéfaction du milieu a déjà commencé, aussi bien que l’apparition, dans la zone la plus proche du fragment de cellules fibroblastiques, s'étendant dans le milieu en croissance radiaire. La liquéfaction commence de plus en plus tôt, et c’est à ce propos que FISCHER avait démontré que si l’on n’ajoutait pas un morceau de tissu normal, d’après sa technique modifiée, avant que la liquéfaction n’atteigne la moitié de la circonférence du fragment de sarcome, on perd la culture (Voir fig. 8 et 9). Les cellules sarcomateuses pénètrent le fragment normal, se mulliplhant el détruisant le tissu normal, et en 48 heures les deux fragments ne peuvent plus être séparés l’un de l’autre.
L'aspect de la culture, comme celui de tout cancer, conjonctive ou épithéliale, est typique, comme l'avaient remarqué tout de suite LAMBERT et HANES. Une culture comporte
toujours un fragment central, s’arrondissant très vite et perdant ses aspérités plus vite qu’un fragment normal. Entourant le fragment se trouve un anneau de fibroblastes, formant un réseau un peu ou beaucoup plus lâche que le réseau réticulaire de fibroblastes normaux. Enfin, une zone périphérique montre une abondance de cellules rondes, iso!ies. Les cellules rondes sont présentes dans toute culture de cancer, leur abondance seule variant. Mais aussi sont-elles présentes dans les cultures de tissus normaux, bien qu’en très faible quantité, cellules sanguines ou histiocytaires, disparaissant vite.
Tous les auteurs décrivent donc deux sortes de cellules pour le sarcome de RouUs, des cellules en fuseaux, cellules fibroblastiques, et des cellules rondes amiboïdes, dont la présence est vérifiée par ROSKkIN dans les coupes de cette tumeur polymorphe in vivo. Il était naturel de se poser la question de savoir si les cultures gardaient leur malignité in vitro, et aussi de savoir quelles étaient les cellules responsables de cetle malignité. Sur le maintien de la malignité, les premières observations de LAMBERT et HANES, ERDMANN, CARREL et d’autres nous affirment que cette Lumeur garde sa malignité in vitro. FISCHER l’a cultivée pendant 3 ans 1/2 sans interruption, et toutes les greffes faites pendant cette période, sous-cutanées ou intra-musculaires donnaient en 2-3 semaines une grosse tumeur avec métastases. La coupe de la tumeur était toujours comparable à la coupe de la culture par infiltration et la tumeur, remise en culture redonnaient toujours les mêmes types de cellules. ZWEIBAUM a confirmé toutes les études cytologiques de FISCHER concernant le sarcome dé Rous.
Pour l'identité des cellules malignes, CARREL, le premier, réussit à les cultiver en culture pure. Les cellules amiboïdes, en effet, sont très sensibles à de fortes concentrations d'extrait embryonnaire, et quand les fragments sont cultivés sous ces conditions, les macrophages finissent par disparaître. Quand les cultures, après un certain nombre de passages, ne contiennent plus ni polynucléaires, ni monocytes, on obtient une culture pure de fibroblastes de sarcome de Rous. CARREL
trouva que les cultures pures de ces fibroblastes ne donnent pas de tumeurs, mais se comportent comme des fibroblastes normaux. La seule distinction paraît être la propriété de phagocytose que possèdent ceux du sarcome de Rous.
D'autre part, CARREL et FISCHER démontrèrent directement la malignité des cellules amiboïdes. CARREL extirpe une portion de la zone de croissance contenant ces cellules qu’il transporte dans un flacon D-5, employant une très faible solution d'extrait embryonnaire. Il isole ainsi des cultures pures de monocytes de sarcome de Rous qui, en inoculation à des poules, donnent des tumeurs malignes en 14-33 jours. FISCHER emploie une autre méthode. Il met en culture un morceau de sarcome de ROUS, à proximité d’un morceau de tissu sain. Après avoir remarqué, sous le microscope, la pénétration du fragment normal, dans les premières heures, par une ou plusieurs cellules amiboïdes, il transplante ce fragment dans un milieu neuf. D'ailleurs cette méthode est rapide et facile, permettant des divisions innombrables et l'accumulation d’un stock de cultures pouvant être travaillé en peu de temps. Un fragment de muscle, séparé d’un fragment sarcomateux, après quelques heures seulement, peut donner plusieurs cultures sarcomateuses. Dans ces conditions, il est certain que quelques cellules malignes sont capables de l'emporter sur des milliers de cellules normales, et comme les cultures sont obtenues en milieu dépourvu d’extrait embyonnaire, les cellules malignes doivent se nourrir aux dépens du milieu, et les débris de cellules normales. Etant donné que ces cellules peuvent non seulement détruire les cellules normales, mais encore utiliser leurs protéines pour constituer leur propre protoplasme, on comprend le caractère malin et parasitaire des cellules cancéreuses.
Sarcome de la paroi thoracique de la poule
CARREL a répété les mêmes expériences pour ce sarcome, autre tumeur transmissible par principe filtrant, ressemblant de très près au sarcome de Rous, mais tuant par cachexie,